Retour au Pays pour le président du Sénat qui n’était pas revenu dans le Donezan, «le pays sur le toit du monde» comme il aime le dire, depuis son accession au «plateau»
Il est vrai que la carrière politique de Jean-Pierre Bel a débuté à Mijanès où il a été maire pendant deux mandats, en 1983 et 1995 (et directeur de la station de ski).
C’est donc avec un bonheur non dissimulé qu’il est revenu samedi dernier sur ce petit canton de montagne, le plus petit de France, retrouver Irène, Daniel, Léontine, Francis et tous les autres pour inaugurer les nouveaux équipements de la station de ski de Mijanès et surtout partager un moment de convivialité comme avant.
Bien que la manifestation soit un peu solennelle, on fêtait les 50 ans de la station de ski en présence du sous préfet, de la députée, de la conseillère régionale et du président du Conseil général, l’ambiance était détendue et le soleil au rendez-vous.
«Au départ quand on a eu l’idée de créer cette station avec Michel Castilla puis avec Robert Naudy, c’était pour créer des emplois et fixer la population» se souvient Jean-Pierre Bel pour qui «ce petit pays d’Ariège est un des endroits les plus merveilleux du monde et pourtant j’ai un peu voyagé mais quand je veux me ressourcer c’est ici que je viens […]
Cependant ici, à plus de 1200m d’altitude, tout est plus difficile, il faut se battre contre vents et marées pour faire avancer les projets, être obstiné et persévérant pour investir et permettre aux gens d’y vivre et faire en sorte tout simplement que ce pays ne soit pas rayé de la carte.
Ici les hommes ont du caractère, des convictions, ils méritent qu’on leur consacre du temps, de l’engagement et un peu d’argent. Certes il faut un peu plus d’argent ici qu’ailleurs mais cela vaut la peine»
Et concernant le jugement du tribunal administratif qui vient de tomber (suite au recours en justice du Comité Ecologique Ariégeois) et qui bloque le projet d’extension de la station de Mijanès, le président du Sénat a été explicite: «vous l’aurez compris je suis amoureux de ces paysages qui ont valu au Donezan le nom de Québec ariégeois, et je voudrais que les gens qui décident de l’avenir de ce territoire le connaissent, viennent ici découvrir cette nature, rencontrer les hommes qui y vivent toute l’année, ils jugeront ensuite s’il mérite qu’on y développe des emplois et de l’activité»
En bon montagnard, Augustin Bonrepaux, président du Conseil général, a rendu hommage à tous ceux qui se sont investis dans ce projet car «si nos prédécesseurs ont fait cela c’est pour faire vivre la montagne pendant les douze mois de l’année.
Je ne comprends pas, dans un département aussi protégé (nous sommes n°1 sur le plan écologique d’après un récent palmarès), avec six petites stations de ski, pourquoi on s’évertue à contrarier les projets de développement raisonnés de cette station.
Du grand tétras il y en a dans tout le département de l’Ariège, ceux qui prétendent qu’il n'y en a que là ne sont certainement pas allés voir ailleurs […] pour notre part nous continuerons à aider à faire vivre la montagne»
Frédérique Massat, députée de l’Ariège, a précisé: «si Mijanès a vu Jean-Pierre Bel faire ses premiers pas en politique, j’y ai personnellement fait mes premières descentes à ski et à l’époque, il y a une quarantaine d’années il n’y avait qu’un seul téléski.
On mesure aujourd’hui le progrès réalisé et les investissements des élus pour cette station à qui l’on peut délivrer le triple A de l’écologie.
Mais s’il fait bon se promener et skier dans le Donezan il faut aussi pourvoir y vivre et maintenir les services publics.
Les élus de la montagne se battent toute l’année pour maintenir le développement de ces territoires»
Après les discours officiels et le traditionnel couper de ruban, place à la découverte des nouveaux aménagements, notamment le tapis pour personnes à mobilité réduite ou pour les débutants en front de neige mais surtout le nouveau téléski installé par l’entreprise iséroise Poma dont le savoir-faire s’exporte à l’international (elle vient d’inaugurer un téléphérique à New York et un autre à Rio de Janeiro).
Ce téléski est exclusivement dédié à une activité luge: il dessert une piste de luge unique dans les Pyrénées d’une longueur de 500m avec un dénivelé de 60m et 5 virages relevés, permettant de trouver un maximum de sensation, en solo ou en «snake»
Nombre de participants à cette manifestation ont pu tester cette installation qui offre à cette petite station une possibilité de diversification: «c’est la cerise sur le gâteau d’anniversaire, explique Georges Vigneau, directeur de la communauté de communes.
La station de Mijanès est un outil économique important, elle évolue en fonction de sa capacité en préservant son côté sauvage et paysager car notre force c’est ce domaine naturel que l’on veut préserver»
Laurent Barat, directeur d’exploitation de Mijanès, se souvient des premiers pas de la station: «à l’époque des pionniers, une moto actionnait un câble qui permettait d’accéder en haut des pistes […]
Les élus ont compris qu’un euro investi ici rapporte 7 à 10 euros dans la vallée, la station est essentielle pour l’activité sociale et économique de la vallée.
Certes la récente décision du tribunal administratif a porté un coup à l’extension de Mijanès qui aurait pu avoir une autre dimension avec ce projet mais nous n’avons pas abandonné ce dossier, ni notre désir de nous développer car une station qui n’investit pas c’est une station qui recule et pour rester au niveau il faut investir en permanence»
Enfin pour Francis Magdalou, conseiller général du canton de Quérigut, cette station de ski est un maillon incontournable de l’économie locale: elle fait vivre 17 personnes, sans parler des emplois induits dans la vallée et dans les sept villages de la communauté de communes: «les investissements sont indispensables pour nos territoires de montagne.
La décision du tribunal administratif a été une très mauvaise nouvelle pour le Donezan, l’Ariège et le grand tétras, car dans ce projet il était protégé, un certain nombre de mesures compensatoires nous avaient été suggérées, nous les avions acceptées, elles ont en définitive été oubliées, je le regrette car il s’agit d’un très mauvais coup pour l’économie de notre canton»
Daniel, vacher l’été et perchman à la station depuis trente ans, est devenu philosophe, ici il faut laisser du temps au temps pour que les idées fassent leur chemin: «on a la chance d’avoir un des plus beau paysage des Pyrénées en haut du téléski de Canrusc… et cela tout le monde nous l’envie et personne ne peut nous l’enlever !»
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