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Chasse à l'approche, une autre philosophie de la chasse
06/09/2012 | 18:11
© MidiNews 2012

Alain est originaire de Bruxelles, sa passion pour la chasse l’a conduit jusqu’en Afrique mais depuis quelques temps il préfère la quiétude de la vallée du Douctouyre et le plaisir de se fondre dans la nature pour pratiquer la chasse à l’approche du chevreuil, plus exactement au brocard, le chevreuil mâle.

Une chasse exigeante (elle débute aux premières lueurs du jour jusqu’à 9h pour reprendre le soir jusqu’à la tombée de la nuit) et sélective car on essaie de repérer le plus beau mâle, celui dont on aimerait accrocher son trophée au mur.

«On n’est pas là pour tirer sur tout ce qui bouge, précise notre chasseur belge. On essaie de repérer un beau mâle, de se fondre dans la nature, de l’approcher au plus près»

Pratiquée au nord de la Loire, en Autriche ou en Allemagne, la chasse à l’approche a encore des difficultés à trouver un public dans les départements ruraux comme l’Ariège où la chasse en battue au sanglier est reine.

Depuis une douzaine d’années, Michel Talieu de l’association communale de chasse (ACCA) de Dun, précurseur en matière de tourisme cynégétique, organise à partir du 1er juillet des tirs d’été accompagnés pour des chasseurs venus d’autres contrées.

Une manière de leur faire découvrir le département par le biais de la chasse et de développer une activité touristique avec des retombées économiques locales: «ces chasseurs viennent souvent en famille, ils prennent un gite, une chambre d’hôte et, après les moments de chasse, vont visiter les monuments, mangent au restaurant, achètent des produits régionaux…

C'est encore une activité marginale en Ariège mais certains départements comme le Gers ou les Pyrénées Orientales ont compris que ce loisir actif pouvait engendrer une activité touristique importante. Ils proposent des «packages» avec visites, dégustations…
»

Tous les chasseurs qui pratiquent cette forme de tourisme cynégétique reconnaissent que le département de l’Ariège jouit d’un biotope exceptionnel, l’accueil y est plutôt chaleureux et les produits de qualité. Alors pourquoi ne pas exploiter ce filon?

Sachant par ailleurs que l’approche est une des techniques de chasse où l’on prélève le moins de gibier… de quoi rassurer les chasseurs ariégeois qui pourraient voir l’arrivée des «étrangers» d’un mauvais œil.

«Sur les 40 bracelets disponibles dans notre ACCA, à peine trois sont réservés aux chasseurs de l’extérieur et sur les trois, il n’y a eu à ce jour qu’un seul prélèvement» précise Michel Talieu qui regrette que la chasse à l’approche, ouverte partout en France à partir du 1er juin, n’ouvre que le 1er juillet en Ariège. Encore une particularité locale.

Crédit photo chevreuil: Jarlan


Les chasseurs sur tous les fronts

Depuis 1995 les chasseurs de l’ACCA de Dun mènent une série d’opérations en relation avec les agriculteurs afin de maintenir un certain équilibre agro-sylvo-cynégétique.

Car ici comme ailleurs dans le département, la déprise du monde agricole ou l’arrachage sauvage des haies ont contribué à fermer les milieux et à modifier les biotopes.

Aussi, chasseurs et agriculteurs ont fait cause commune en créant plusieurs AFP (associations foncières pastorales) en collaboration avec les services techniques de la fédération pastorale, un GIASC (groupement d’intérêt agro, sylvo cynégétique), ils mettent en place des travaux d’écobuages avec un suivi technique, des jachères sauvages et travaillent en faveur de la bécasse des bois ou à la réintroduction de la perdrix rouge dans le cadre du programme Probior.

Pour en savoir davantage sur l’ACCA de Dun et la chasse accompagnée:
acca.brocard.monsite-orange.fr
Michel Talieu: 06 86 90 97 90
actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/09/2012 | 18:11 | Lu: 19450 fois