Automobile: l'arbre ne doit pas cacher la forêt
08/02/2010 | 19:29
Le CNPA, par son président départemental, Franck Stival, a récemment dressé le bilan 2009 de l'activité du secteur automobile.

Le CNPA (Conseil National des Professionnels de l'Automobile) est l'une des deux principales organisations professionnelles, avec la FNAA (Fédération Nationale de l'Artisanat Automobile) qui représentent les professionnels de l'automobile.

Alors que le CNPA compte majoritairement les concessionnaires dans ses rangs, la FNAA représente plus particulièrement les intérêts des artisans de l'automobile, qu'ils soient ou non affiliés à un réseau constructeur, distributeur, équipementier ou autre.

Le CNPA est à la FNAA ce que le MEDEF est à l'UPA (Union des Professions Artisanales), dès lors rendre son seul discours audible peut paraitre pour le moins déséquilibré.

Ce qui n'empêche pas nos deux organisations d'être souvent complémentaires dans de nombreuses revendications.

Le secteur représente: 35,8 millions de véhicules, 91 516 entreprises, 455 848 salariés.

La vente et l'entretien automobiles constituent le coeur de la branche (60 986 entreprises et 332 561 salariés). Il est principalement composé de petites entreprises (90 %).

L'activité du secteur de l'automobile ne doit sûrement pas être réduite à la seule notion commerciale ou à la vente des véhicules neufs ou occasions.

Même si les mesures gouvernementales, en la matière des primes à la casse, ont permis à ce secteur d'être préservé dans la tourmente économique annoncée, le constat plutôt positif, dressé par le CNPA, ne peut être établi concernant le secteur de l'après-vente.

Il ne faut donc pas que l'arbre cache la forêt.

En effet la majorité des entreprises automobiles dont l'activité principale est la réparation (donc le service) ne l'entendent certainement pas de la même manière.

Et ils ne comprendraient pas que l'on puisse résumer l'année qui vient de s'écouler à une simple phrase de satisfaction.

Le secteur connaît aujourd'hui de profondes mutations, qui se traduisent par deux tendances: depuis 2003 le nombre d'entreprises diminue chaque année, -2,2 % entre 2003 et 2006, les très petites entreprises (TPE) notamment disparaissent de façon inquiétante et depuis 2001 le nombre de salariés baisse.

En revanche, les groupes de distribution se développent.

Même si en France, le secteur du commerce et de la réparation automobiles se caractérise par une population salariée jeune (20,1 % de la population a moins de 25 ans) par rapport aux autres secteurs d'activité (qui en comptent 11,5 %), la part des salariés de 50 ans et plus (17,6 %) continue à progresser (+2 % entre 2003 et 2004).

Les artisans sont particulièrement concernés par ce phénomène et par les départs à la retraite de la génération Papy Boom.

Compte tenu des difficultés de reprise d'entreprise, les emplois dans les TPE sont menacés.

Les chiffres liés à l'artisanat automobile parlent d'eux-mêmes: 1 artisan sur 2 a plus de 50 ans et 25000 entreprises doivent être transmises dans les cinq ans.

La crise est venue amplifier une tendance de fond: trop de cédants, pas assez de repreneurs, lesquels sont de moins en moins aidés par les banques.

Pour éviter qu'un grand nombre de garages ne disparaisse, il est donc nécessaire de réagir pour donner aux plus jeunes la possibilité de reprendre les activités existantes.

De plus, dans un contexte d'évolution importante de la technologie automobile et de l'organisation des entreprises, l'année 2009, n'a, bien sûr, pas contribué à inverser ces constats.

Mais au final n'est-ce pas le mot crise, mille fois répété, commenté et analysé qui a plus refroidi les consommateurs automobilistes qu'un hiver rigoureux.

Le prix du carburant en 2008, puis l'effondrement de l'activité économique en 2009 ont certainement durablement changé le regard du conducteur sur sa voiture.

Inquiet du lendemain, il roule moins, dépense moins, arbitre tout et demande des devis tous azimuts.

Mais cette quête du moindre coût lui fait aussi ouvrir ou ré-ouvrir les yeux sur l'offre de l'artisanat automobile.

C'est tout ce qui nous permet d'espérer pour 2010 et les années qui suivent.

Mois après mois, cette quête d'un meilleur rapport qualité / prix de l'entretien automobile met ou remet de plus en plus d'automobilistes sur la route de nos entreprises.

Et s'ils nous redécouvrent souvent par la compétitivité de nos offres, ils redécouvrent aussi les valeurs de compétence, de service et de proximité qui font la force de nos entreprises artisanales.

Oui, il fallait certes aider les consommateurs à acheter des véhicules, mais ne faudrait-il pas également leur permettre de pouvoir les entretenir et réparer à un coût raisonnable.

A défaut, de plus en plus de consommateurs risquent de délaisser l'automobile ou de se tourner vers des véhicules à plus faible technologie, marché qui pourrait à terme être dominé par les pays émergents...

C'est ce à quoi aspire notre fédération.

Gérald Sgobbo, Président FNAA 09
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publié le: 08/02/2010 | 19:29 | Lu: 3235 fois