Communiqué de Philippe Calléja: radiographie des votes Extrême Droite en Europe
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22/04/2010 | 21:08
Un mois après les élections régionales, certains médias s'interrogent sur la signification de ce qu'ils appellent la montée de l'extrême droite en Europe à l'occasion du premier tour de l'élection législative Hongroise.
S'agissant de l'ensemble des États européens, y compris scandinaves, les commentateurs qualifient de populistes et xénophobes les partis qui représentent l'extrême droite.
Je voudrais ajouter que parmi les électeurs il faut peut être y voir surtout une montée du nationalisme qui doit interpeller les responsables politiques européens.
N'est-ce pas parce que l'Europe n'a pas tenu ses promesses que les électeurs vont soutenir les listes nationalistes eurosceptiques ou anti européennes?
La promesse européenne c'était d'abord la paix entre les peuples et cela est perçu comme définitivement acquis.
C'était ensuite l'ouverture des frontières et la monnaie unique: cela aussi est apprécié, mais «bouchée avalée n'a plus de saveur»...
La promesse européenne c'était aussi de répondre aux défis contemporains qui dépassent l'échelle des États et pour lesquels la maille continentale semblait mieux adaptée. Et c'est là que le bât blesse...
La croissance économique piétine comparée aux États Unis et à l'Asie.
Le progrès social ne peut que faire de même.
L'ouverture à la concurrence mondiale, au lieu d'apporter le progrès pour tous entraîne la précarisation, la stagnation voire la baisse des salaires, les délocalisations industrielles et dernièrement tourisme médical en Inde après le tourisme dentaire en Hongrie...
Alors OUI, cette Europe là, chantre de l'ouverture, n'a pas répondu aux besoins de sécurité des citoyens européens.
Les délocalisations avec offre de travail à 150 euros par mois dans un pays du Sud pour les salariés licenciés n'appellent pas à voter pour les partis qui, à droite comme à gauche, défendent l'Europe.
C'est le dilemme actuel. On sait bien qu'on ne peut pas se passer de l'Europe.
On sait bien que l'on ne peut pas refermer des frontières économiques et commerciales grand-ouvertes au monde.
Mais on devrait pouvoir apporter à ce marché mondial les régulations qui lui manquent.
Notre prix Nobel d'économie, Maurice Allais, critiquait cette Europe «passoire» dans un monde où la pauvreté est comptée comme un avantage comparatif!
Notons au passage que le président Sarkozy a lancé le débat sur les régulations financières; il ne peut pas seul les imposer, c'est une évidence, mais au moins il montre une voie.
Enfin, je suis surpris que ceux là même qui s'étonnent de la montée de l'extrême droite un peu partout en Europe, n'ont apparemment aucun problème avec la présence de l'extrême gauche, avec les troisième tours sociaux qu'elle tente d'instrumentaliser dans notre pays.
Car à moins de n'avoir pas bien retenu les leçons de l'Histoire, les idéologies auxquelles se réfèrent ces mouvements politiques ont fait au 20ème siècle bien plus de victimes que les régimes fascistes...
Mais je sais que c'est là un propos politiquement incorrect. Encore que...
Par email, Philippe Calléja, Président UMP Ariège
S'agissant de l'ensemble des États européens, y compris scandinaves, les commentateurs qualifient de populistes et xénophobes les partis qui représentent l'extrême droite.
Je voudrais ajouter que parmi les électeurs il faut peut être y voir surtout une montée du nationalisme qui doit interpeller les responsables politiques européens.
N'est-ce pas parce que l'Europe n'a pas tenu ses promesses que les électeurs vont soutenir les listes nationalistes eurosceptiques ou anti européennes?
La promesse européenne c'était d'abord la paix entre les peuples et cela est perçu comme définitivement acquis.
C'était ensuite l'ouverture des frontières et la monnaie unique: cela aussi est apprécié, mais «bouchée avalée n'a plus de saveur»...
La promesse européenne c'était aussi de répondre aux défis contemporains qui dépassent l'échelle des États et pour lesquels la maille continentale semblait mieux adaptée. Et c'est là que le bât blesse...
La croissance économique piétine comparée aux États Unis et à l'Asie.
Le progrès social ne peut que faire de même.
L'ouverture à la concurrence mondiale, au lieu d'apporter le progrès pour tous entraîne la précarisation, la stagnation voire la baisse des salaires, les délocalisations industrielles et dernièrement tourisme médical en Inde après le tourisme dentaire en Hongrie...
Alors OUI, cette Europe là, chantre de l'ouverture, n'a pas répondu aux besoins de sécurité des citoyens européens.
Les délocalisations avec offre de travail à 150 euros par mois dans un pays du Sud pour les salariés licenciés n'appellent pas à voter pour les partis qui, à droite comme à gauche, défendent l'Europe.
C'est le dilemme actuel. On sait bien qu'on ne peut pas se passer de l'Europe.
On sait bien que l'on ne peut pas refermer des frontières économiques et commerciales grand-ouvertes au monde.
Mais on devrait pouvoir apporter à ce marché mondial les régulations qui lui manquent.
Notre prix Nobel d'économie, Maurice Allais, critiquait cette Europe «passoire» dans un monde où la pauvreté est comptée comme un avantage comparatif!
Notons au passage que le président Sarkozy a lancé le débat sur les régulations financières; il ne peut pas seul les imposer, c'est une évidence, mais au moins il montre une voie.
Enfin, je suis surpris que ceux là même qui s'étonnent de la montée de l'extrême droite un peu partout en Europe, n'ont apparemment aucun problème avec la présence de l'extrême gauche, avec les troisième tours sociaux qu'elle tente d'instrumentaliser dans notre pays.
Car à moins de n'avoir pas bien retenu les leçons de l'Histoire, les idéologies auxquelles se réfèrent ces mouvements politiques ont fait au 20ème siècle bien plus de victimes que les régimes fascistes...
Mais je sais que c'est là un propos politiquement incorrect. Encore que...
Par email, Philippe Calléja, Président UMP Ariège
publié le: 22/04/2010 | 21:08 | Lu: 6511 fois
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