Techniciens de l'ours, éleveurs-bergers: dans les Pyrénées, ceux qui font joujou et les autres
18/05/2011 | 21:15
Le 12 mai dernier, l'AFP a publié un article sous le titre : « Des limiers pacifiques mènent une chasse assidue à l'ours invisible » et présenté un film «Pisteurs d'ours»

Le plus indécent et humiliant pour les éleveurs-bergers des Pyrénées est que l'auteure, Emmy Varley, journaliste à l'AFP, écrit à propos des ours: «en voir un relève de l'exploit»

Quel exploit ? Les éleveurs qui surveillent leur brebis y sont confrontés tous les jours et en voient régulièrement. Mais pour cela, il faut être en montagne, être un montagnard et non un promeneur occasionnel.

Le berger ne connaît pas les 35h, mais connaît l'angoisse.

L'équipe technique du suivi de l'ours se tient active sur le terrain et mène un travail minutieux d'enquête pour tenter de situer les 19 ours du massif pyrénéen.

Pendant ce temps, les véritables experts de la montagne, nos bergers et nos éleveurs, marchent des heures parfois sous un soleil de plomb parfois sous la pluie ou dans le brouillard.

Sans 35h, sans RTT, souvent sans vacances, très tard le soir, très tôt le matin.

Le travail physique terminé, il est rare qu'ils s'endorment sereinement.

L'inquiétude de ce qui peut se passer la nuit en montagne pour les brebis est toujours présente.

Ils repartent très tôt le lendemain, et parfois un ours est passé, c'est alors une charge de travail que l'on imagine mal: redescendre en vitesse, communiquer aux éleveurs, au suivi de l'ours, prendre rendez vous, pendant ce temps le reste du troupeau stressé reste seul, il faut remonter et rattraper le temps perdu, et tenter de gérer le stress engendré par l'agression.

Si par malchance c'est une femelle avec ses oursons qui à agressé le troupeau il est alors sûr qu'elle repassera, la zone fait partie de son territoire, et pour le berger l'angoisse devient permanente.

Cette difficile mission est accomplie par passion, bergers et éleveurs produisent un travail gigantesque qui profite à tous dans le massif.

C'est la passion qui est la clé pour ne pas baisser les bras, c'est elle qui les fait se lever le matin.

Mais la passion n'enlève en rien à la dureté du travail.

Ceux qui font joujou avec l'ours, et les autres

Les membres des équipes de suivi ont eux des conditions de travail confortables.

Leur travail nous n'avons pas à le juger ni à le critiquer.

Mais en faire des héros et des experts comme nous le montre la TV est pour le moins exagéré.

Suivre l'ours est un jeu pour eux.

Pour ceux qui en subissent les conséquence violentes, l'ours n'a rien d'un joujou ; pour ces hommes et ces femmes, fiers de leur montagne, de leur patrimoine, de leur savoir faire, c'est une marque supplémentaire de mépris pour leur vie et pour leur travail, d'irrespect total pour les gens qui, eux, font vraiment vivre la montagne, ne font pas qu'y passer.

«L'emblème» des Pyrénées prend un goût âpre, devient synonyme de mort, de gâchis pour ces vrais experts montagnards.

Par email, Association pour la Sauvegarde du Patrimoine Ariège-Pyrénées
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publié le: 18/05/2011 | 21:15 | Lu: 4764 fois