Marc Colombani: «nous avions donc raison !»
16/11/2011 | 20:12
2005, rappelez-vous, le fameux TCE (Traité Constitutionnel Européen) préparé par Valéry Giscard d'Estaing, auquel les Français avaient majoritairement répondu Non.

Pas parce que nous ne voulions pas d'Europe mais parce que nous voulions plus d'Europe politique, laquelle fait tant défaut aujourd'hui.

Et ce pour une raison fondamentale: ce traité était constitué de 3 parties; l'une de ces parties (la 3°) était le point de rejet car elle institutionnalisait de fait la totale indépendance de la puissance financière.

Le politique abandonnait toute possibilité de pilotage, n'ayez pas peur, tout cela s'auto régulera nous ont expliqué alors nos élites.

Vous n'y comprenez rien, nous, nous savons ce qui est bon pour vous , et convaincus de la justesse de leur «suffisance» après une période de refroidissement, nous arrivons à Février 2008 date à laquelle notre cher Président fait adopter par la représentation Parlementaire le traité de Lisbonne qui correspond à 98% au TCE rejeté.

Vous connaissez la suite: crise bancaire, nous renflouons les banques, puis nous constatons que les 150 000 Milliards (au niveau mondial) pris sur les salaires et transférés au capital depuis que les libéraux s'occupent de nous étaient compensés en grande partie par du crédit à la consommation.

Les banques s'étant très légèrement fait «tirer» les oreilles, nos sages (toujours les mêmes) ferment cet artifice et comme les Etats avaient abandonné leur contrôle ils sont eux aussi mis à la diète (inutile de vous reparler des agences de notation...).

Et nous voilà donc dans la situation actuelle où les marchés décident quasiment des dirigeants politiques qui sont capables de comprendre leurs diktats (Grèce , Italie, et ce n'est pas fini).

C'est le moment pour que nous posions un acte fort, susceptible de renverser la donne.

Dans ce but, j'invite mes camarades socialistes français à prendre l'initiative d'inviter nos camarades des PS européens à nous retrouver ensemble pour clairement partager et afficher notre volonté de replacer la finance sous la tutelle du politique en définissant les principes généraux et en se donnant un objectif daté.

Cela pourrait se tenir dans le cadre de ce que j'ai envie de décrire comme les hivernales sociales européennes de 2011 pour ne pas avoir à faire face à un (voire plusieurs) nouvel hiver 54 dans toute l'Europe.
La pensée unique des marchés ne peut être la seule alternative offerte aux Européens.

Par email, Marc Colombani, Membre du BF du PS 09
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publié le: 16/11/2011 | 20:12 | Lu: 3613 fois