Communiqué du Parti Radical: «que veulent les radicaux pour le logement ?»
24/01/2012 | 19:50
Le Parti Radical et Jean-Louis Borloo feront en sorte que le logement reste au coeur des prochaines campagnes politiques.

Ils ont des exigences à faire valoir auprès du candidat à la présidentielle qu'ils décideront de soutenir et des propositions que défendront avec d'autres «centristes» de «droite» et de «gauche», leurs candidats à l'élection législative.

Le logement reste en effet selon un sondage récent de l'IFOP, un problème important aux yeux de 78 % des français qui estiment qu'il est aujourd'hui difficile de trouver un logement et qui à 76% anticipent une situation dégradée pour les générations à venir.

Enumérer des solutions, toutes aussi racoleuses les unes que les autres, ne suffira pas à convaincre les français sur un sujet plus complexe que ce que nous laisse imaginer François Hollande qui en définitive au Bourget n'a fait sur la question du logement qu'enfoncer des portes ouvertes.

Pourtant il a de bons exemples, à Lyon, à Nantes, à Rennes, à Grenoble, où des maires socialistes ont mis en oeuvre des politiques du logement particulièrement efficaces!

D'ailleurs certains comme Gérard Colomb, maire de Lyon qui sait de quoi il parle, qualifient déjà de «catastrophiques» les mesures qu'il a proposées.

A croire que M. Hollande a décidé de verser durablement dans une démagogie qui frise le populisme!

Je vais, en toute connaissance de cause, prendre seulement deux exemples particulièrement illustratifs!

François Hollande veut mettre gratuitement à la disposition des maires, des terrains pour construire des logements sociaux.

Le foncier peut être effectivement un problème par sa disponibilité et par son prix.

Mais il n'est pas le seul obstacle au respect de la Loi SRU (20% de logements sociaux dans chaque commune sous peine d'amende ou d'intervention du Préfet, ce que François Hollande semble de découvrir); il vous suffit de regarder autour de vous en Ariège.

La question de l'utilisation des terrains de l'Etat ne doit pas être l'arbre qui cache la forêt! Les moyens de disposer de foncier existent déjà, il suffit d'avoir la volonté de les mettre en oeuvre.

Le maire peut déjà bloquer les prix des terrains, il peut exproprier, il peut mettre des emplacements réservés dans son PLU et il a désormais la possibilité de faire participer les propriétaires aux aménagements des terrains urbanisables.

Il est tellement plus facile et démagogique d'attribuer des droits en étendant de façon démesurée, contre l'avis des services de l'Etat, les surfaces urbanisables que ces décisions courageuses ne sont pas prises!

Par ailleurs, la loi a donné aux Conseils Régionaux la possibilité de créer des établissements publics fonciers pour aider les collectivités locales à faire des réserves foncières pour créer des logements.

Ceux qui ont été créés ne ce sont pas donnés cet objectif alors que leurs caisses sont pleines ou bien certaines régions ont estimé cela inutile. Regardez dans quel cas se trouve la Région Midi-Pyrénées!

Une bonne intention, mais une proposition de François Hollande qui enfonce une première porte ouverte!

François Hollande veut limiter le prix des loyers, mais par contre il ne dit rien des logements vacants. Dans le même esprit, va-t-il les réquisitionner pour y accueillir les sans abri?

Dans les zones tendues, les loyers sont effectivement trop élevés au regard de l'accès des jeunes à un logement autonome et des maigres ressources des retraités.

La réglementation fait partie de ces réflexes socialistes qui dispensent de prendre des mesures structurelles pour régler durablement les problèmes et qui génèrent des effets pervers pires que le mal.

Si on veut faire baisser les loyers il faut être capable d'offrir plus de logements à la location et pas seulement par l'extension des villes et villages, mais en reconquérant les centres de nos villes et villages... et avoir le courage de réserver les logements sociaux à ceux qui en ont le plus besoin; regardez autour de vous en Ariège!

Donc encore une bonne intention, assortie d'une très mauvaise solution!

Les vraies solutions, ne sortent pas qu'un QG de campagne, il faut avoir le courage d'aller les chercher ailleurs, au coeur d'une politique de cohésion sociale dont nous avons besoin pour permettre aux français les plus fragiles de surmonter les difficultés, dans la discussion avec l'ensemble des partenaires sociaux, dans un «Grenelle du Logement»

Ministre de la Ville et de la Rénovation Urbaine, Ministre du Logement et de la Cohésion sociale, Jean-Louis Borloo a trouvé des solutions qui ont donné des résultats.

Le Plan de Cohésion Sociale a incontestablement fait décoller la production de logements sociaux en portant le rythme annuel de production au triple de ce qu'il était il y a 10 ans et en 5 ans les livraisons de logements sociaux ont doublé.

Grâce au Plan National de Rénovation Urbaine des quartiers en difficultés, 6 millions de personnes voient leur cadre de vie amélioré.

L'instauration du Droit au Logement Opposable (DALO), nouveau droit protecteur pour tous les mal-logés, représente une avancée républicaine et sociale sans précédent.

Il faut poursuivre ces politiques gagnantes desquelles le Gouvernement Fillon s'est un temps détourné et auxquelles, avec le Parti Radical et Jean-Louis Borloo, nous ajoutons de nouvelles exigences pour le futur président et la nouvelle majorité parlementaire.

Pour l'avenir, avant de passer de façon un peu trop caricaturale aux solutions, nous devons être convaincus qu'il ne s'agit pas pour l'Etat de vouloir tout faire, de vouloir tout régenter.

Nous avons besoin d'un Etat (et donc d'un futur Président) stratège, soucieux de s'attacher d'abord à résoudre les difficultés les plus importantes.

En premier lieu, nous devons nous interroger sur le devenir de tous les modèles économiques et sociaux qui ne peuvent pas se passer d'interventions financières publiques lourdes et surtout répétitives!

Le besoin de soutient à l'activité du bâtiment et le financement du parc de logements sociaux ainsi que son entretien et ses remises à niveau qui nécessitent de façon récurrente des aides publiques... Sont de ceux là.

Trois ans de présidence de commission de médiation DALO en Haute-Garonne m'ont conduit au constat que les logements sociaux ne sont pas hélas forcément attribués en priorité à ceux pour qui l'abée Pierre les avait imaginés...

Comment peut-il en être autrement lorsque 75 % de la population française peut légalement revendiquer un logement social et même plus, si on compte ceux qui continuent indument à les occuper moyennant un tout petit surloyer?

Ainsi, l'Etat stratège, avant d'avancer des solutions et s'engager sur des objectifs chiffrés doit se pencher urgemment sur le périmètre d'exercice de la solidarité publique que nous sommes en mesure de nous payer.

Je considère que le champ de la solidarité est devenu trop large pour ne pas générer d'effets pervers dont pâtissent ceux qui la méritent vraiment.

L'Etat stratège doit favoriser les circuits de responsabilisation courts. C'est, de mon point de vue, une responsabilité fondamentale des territoires et des élus de base que de veiller à ce que chacun ait un toit adapté à ses besoins.

Le dire haut et fort sera plus efficace que de nouveaux débats à propos des 20 % de la Loi SRU!

On ne réussira pas à sortir de la «crise du logement» dans le défaut de dialogue, et aujourd'hui de confiance, qui existe entre l'Etat et les Collectivités Locales ni sans remédier aux défauts structurels de notre organisation républicaine sur les questions de logement et d'hébergement qui entretiennent une confusion dans les responsabilités.

Autant de parties de «ping-pong» dont souffrent tous ceux qui se trouvent dans les situations les plus précaires.

Il faudra donc décentraliser davantage en créant les conditions d'un partenariat républicain et responsable...

Le parti radical propose la création d'une Agence Nationale du Logement. Un outil national au service des élus, nous y sommes arrivés avec l'Agence National pour la Rénovation Urbaine...

De même qu'il est urgent de réinstaurer la responsabilité des employeurs et des partenaires sociaux en matière de logement.

Dans le même esprit, la proposition des jeunes radicaux qui consiste à intéresser les nouveaux pôles universitaires au logement de leurs étudiants méritera toute l'attention!

Tout le monde va s'accorder sur la nécessité de construire plus de logements: le Parti Radical estime qu'un rythme de 600 000 logements par an, pendant les trois prochaines années est nécessaire.

Mais l'expérience nous montre que déclarer cela ne suffit pas. Nous devons pouvoir répondre aux questions, avec combien d'argent public et pour qui?

Cet engagement de construire plus devra garantir l'accessibilité de ces logements à ceux qui en ont le plus besoin et donc construire des logements accessibles à chacun.

Nous devons démontrer que nous sommes capables de les rendre accessibles, non grâce à toujours plus d'aides publiques y compris fiscales, mais par une diminution de leur coût (dans un domaine qui absorbe plus de 2% de notre PIB, il est profondément choquant que lorsque, dans l'économie réelle, le coût de la construction a augmenté de 30%, dans le même temps, le poids du foncier, résultat d'une spéculation financière, a été multiplié par 10 !)

Cela veut dire que nous avons du chemin à faire, pour trouver le jusque équilibre entre atteinte au droit de propriété et intérêt public!

Le Parti Radical propose de pénaliser fiscalement la rétention de terrains urbanisables, comme la rétention de logements à la location.

Ainsi, pour le Parti Radical, la première des priorités est donc de faire baisser les coûts des logements et la deuxième priorité est celle d'accompagner la solvabilité des demandeurs et de leur faciliter l'accès au logement.

Dans un contexte d'emploi précaire, le Parti Radical exige dès à présent la création d'une garantie universelle exercée par les partenaires sociaux en lieu et place des locataires les plus démunis et en premier lieu des jeunes.

Ces deux priorités du Parti Radical, produire des logements moins chers et faciliter l'accès de tous au logement, sont indissociables, l'un ne peut pas aller sans l'autre, et elles doivent rester dans cet ordre.

Ce sera autrement plus efficace et durable que de ponctionner encore un peu plus l'épargne des français ou de céder aux demandes de réglementation plus sévère des loyers.

Enfin, la politique du logement tournera en rond tant que nous en ferons une politique sectorielle!

Nous devons, parce que ce n'est pas correctement, ou pas du tout fait aujourd'hui, comme nous le démontrent les propositions expéditives de François Hollande, connecter et mettre en cohérence la politique du logement et d'hébergement avec toutes les évolutions sociales.

La précarité et la flexibilité du travail, les accidents de la vie familiale et la dilution de la solidarité familiale, l'intégration et l'immigration, le rétablissement de l'autorité parentale et le rôle des parents dans l'éducation des enfants, la santé, la dépendance des personnes âgées, la précarité énergétique, les menaces qui pèsent sur nos territoires ruraux, tout cela impacte notre politique du logement, ou est impacté par elle.

Le Parti Radical Ariégeois ne dissociera donc pas ses exigences politiques en matière de logement, de notre exigence de voir accompagner les français dans la crise économique et financière par un nouveau plan de cohésion sociale.

N'en déplaise aux marchés, «Plus il y a de crises, plus il y a besoin de justice sociale, de démocratie, de respect... et de tendre la main aux plus fragilisés» (Jean Louis Borloo – octobre 2010)

Par email, Claude Doussiet, responsable du Parti Radical Ariègeois
actualites Ariege
publié le: 24/01/2012 | 19:50 | Lu: 1757 fois