Rencontres au sommet au Parc Naturel des Pyrénées Ariégeoises: premiers pas vers un Parc Pyrénéen des Trois Nations?
L’idée n’est pas neuve, elle est portée par le pyrénéiste Michel Sébastien depuis plus de trente ans… elle a eu le temps de cheminer et d’arriver à maturité.
Vendredi dernier, la ferme d’Icart à Montels, siège administratif du PNR accueillait une réunion technique transfrontalière franco-catalane, coordonnée par le GIE Forespir, un organisme spécialisé dans le montage de projets pyrénéens transfrontaliers.
Une première du genre
Six ans après sa création, le PNR des Pyrénées ariégeoises n’en est pas à sa première rencontre avec ses homologues transpyrénéens, mais il s’agissait cette fois d’un geste fort avec la présence autour de la table de tous les acteurs de la biodiversité, de l’environnement, de la faune et de la chasse de part et d’autre du versant franco-catalan.
Parmi les personnalités, Antoni Trasobares, directeur général du Milieu naturel et de la Biodiversité de la Généralité de Catalogne, Marc Garriga Lujan responsable du parc Alt Pirineu ou Jean-Luc Bernard-Colombat, commissaire adjoint à l’aménagement du Massif des Pyrénées.
Chacun a pu participer à cette remise en perspective avec la volonté affichée de développer les connaissances mutuelles des acteurs des deux versants de l’Est des Pyrénées sur des sujets portant sur d’exploitation et de valorisation de la forêt, la chasse et la gestion cynégétique, la faune, la flore, les espaces naturels.
Une mise en convergence des besoins, une mutualisation des moyens en vue de répondre à des appels à projets européens visant à générer de l’économie sur les territoires, voilà ce qu’il fallait lire en filigrane dans les discours des responsables des différentes structures.
Pour André Rouch, président du PNR, cette réunion a une teneur particulière. En effet depuis la création du parc des Pyrénées Ariégeoises, il a l’habitude de travailler en franco-français, malgré les déclarations d’intentions, il est plus difficile de travailler avec les Catalans ou les Andorrans.
Aussi le projet du Parc des Trois Nations, constitue peut être une opportunité pour aller de l’avant et concrétiser les choses notamment autour de projet précis tels que la valorisation de la forêt, «notre pétrole ariégeois» (sic).
Mais André Rouch met aussitôt en garde, il ne s’agit pas de créer une structure supplémentaire, des comités Théodule, il faut passer à la vitesse supérieure que ce soit en matière de développement durable ou de gestion des espèces. La récente réintroduction du bouquetin dans les Pyrénées ariégeoises (une réussite) à partir de spécimens espagnols a montré la capacité de travailler ensemble.
«En France on valorise les productions locales, on mélange économie et écologie, en Espagne ce n’est pas encore le cas, on sanctuarise davantage la nature, poursuit le président du PNR ariégeois.
Il y a beaucoup de projets communes que nous pourrions conduire dans beaucoup de domaines, il faut plus que jamais prendre en compte le développement économique afin de maintenir les populations de part et d’autre la frontière, l’idée du PNR est totalement transposable».
Un pas supplémentaire vers le parc des 3 Nations
De plus la fusion des régions consolidée par les lois-cadres va permettre de multiplier les missions, autant de paramètres visant à étendre les moyens et les compétences des PNR.
«À terme le Parc Pyrénéen des trois Nations entre l’Ariège, la Catalogne et l’Andorre, aurait pour finalité de mettre en place des projets communs labélisés à l’échelle européenne (espèces domestiques, pastoralisme, forêt, développement touristique)» conclut André Rouch pour qui cette réunion de travail suivie d’ateliers constitue un point d’ancrage essentiel, un nouveau départ en direction de la construction franco-espagnole.
| Cette réunion a été initiée à la demande de la généralité de Catalogne et la présence à Montels d’Antoni Trasobares, directeur général du Milieu naturel et de la Biodiversité de la Généralité de Catalogne dans la délégation catalane n’est pas fortuite. La généralité de Catalogne dispose de compétences très étendues et de moyens très importants, très supérieurs à ceux des régions françaises. La direction générale du milieu naturel et de la biodiversité assure la coordination et l’animation des politiques catalanes en matière de forêt (la superficie de la forêt catalane est de 2 047 367 hectares), de biodiversité (faune, flore, espaces naturels protégés: il y a 18 parcs naturels en Catalogne) la pêche continentale (61 000 licenciés) la chasse (54 000 licences de chasse) l’entretien de l’espace rural (la généralité emploie 580 agents ruraux). |
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