Les émissions globales de gaz à effet de serre (GES) – un terme générique utilisé pour des gaz tels que le dioxyde de carbone ou le méthane qui retiennent la chaleur dans l’atmosphère et contribuent au changement climatique – ont augmenté sans interruption depuis l’ère préindustrielle, avec une augmentation de 70% entre 1970 et 2004.
Partout dans le monde, des scientifiques travaillent sur des thèmes lies au changement climatique et plusieurs preuves scientifiques ont émergé pour montrer que les activités humaines sont la cause principale des émissions de gaz à effet de serre qui affectent notre climat.
Ces émissions doivent être réduites de plus de leur moitié d’ici 2050 si le réchauffement climatique se limite à 2 degrés Celsius.
C’est également l’objectif de l’UE pour le climat.
Mais il est prévu que l’économie globale quadruple d’ici 2050 et celle-ci devrait apporter des améliorations substantielles aux vies des être humains. Cela devrait inévitablement entraîner un plus grande utilisation d’énergie, en ce compris… les énergies fossiles.
Rien qu’en Europe, environ un tiers de la capacité totale du charbon existant sera replacé dans les prochains 10 ans.
Sur le plan international, la consommation en énergie de l’Inde, du Brésil, de l’Afrique du Sud et du Mexique va connaître une augmentation conséquente, ce qui devrait entraîner en grande partie l’utilisation d’énergies fossiles.
Une action urgente est nécessaire pour éviter que le risque de changement climatique ne devienne davantage menaçant. L’Agence Internationale de l’Energie appelle à une révolution globale dans la manière dont l’énergie est générée et utilisée, de sorte à éviter une pression non-viable sur le climat et l’environnement.
Pour cela, les énergies renouvelables doivent être déployées à une plus grande échelle et des améliorations massives de l’efficacité énergétique sont nécessaires.
Cependant, les scientifiques ont déjà reconnu que ces mesures, isolées, sont insuffisantes pour combattre le réchauffement global. Dans le court-moyen terme, des solutions additionnelles sont nécessaires pour s’attaquer aux émissions de dioxyde de carbone émanants de la combustion d’énergies fossiles.
Une solution est d’empêcher les émissions industrielles de CO2 d’atteindre l’atmosphère où Elles contribuent au réchauffement global.
Une série de procédés technologiques (appelés captage et stockage de CO2 – CSC) implique de capter le CO2 à partir des gaz rejetés par l’industrie – et premièrement par le secteur électrique – ainsi que de le transporter et de l’injecter dans des couches géologiques profondes où il peut être stocké de manière permanente.
Une technologie pareille n’est pas neuve. Elle a été utilisée par les industries pétrolières et gazières pendant plus d’une dizaine d’années dans plusieurs opérations de récupération d’hydrocarbure, et actuellement environ 7 millions de tonnes de CO2 sont captées et injectées chaque année.
Mais le principal défi est de montrer que la technologie fonctionne également pour des grandes usines électriques et pour des industries nécessitant de grosses productions d’énergies – et tout ceci à des prix abordables.
Les scientifiques pensent que la capacité de stockage de CO2 est suffisante pour plusieurs centaines, voire milliers, d’années de systèmes de captage de CO2 à grande échelle, alors que le déploiement actuel de CSC est moindre que son potentiel.
Comment le CO2 est-il capturé ?
La compagnie énergétique Vattenfall expérimente une petite centrale électrique qui n’émet pas de CO2 : elle utilise ce qu’on appelle l’oxycombustion pour capter le CO2.
Plutôt que de l’air, on introduit de l’oxygène durant la combustion du lignite.
Cela produite des gaz faits de vapeur et une haute concentration de dioxyde de carbone. Le CO2 est alors purifié et compressé et peut dès lors être transporté dans des pipelines sous forme liquide vers un site de stockage adéquat.
Où le CO2 peut-il être stocké sous terre ?
Les compagnies de pétrole et de gaz ont une expérience de plusieurs décennies en ce qui concerne le stockage profond de gaz naturels dans la terre, ce qui donne aux experts la confiance dans le potentiel de stockage de grandes quantités de CO2.
Le CO2 est injecté dans la roche poreuse comme le grès, sous terre ou sous mer, où il est répandu dans une couche de roche imperméable qui agit comme un sceau.
Une autre possibilité pour le stockage réside dans les formations salines profondes.
Il existe des roches avec des espaces poreux remplis d’eau très salée qui paraissent avoir la capacité de stocker le CO2.
La Commission européenne soutient le projet CO2SINK qui prévoit d’examiner les techniques de stockage en injectant le CO2 dans un aquifère salin de 800 mètres de profondeur près du village de Ketzin, à l’ouest de Berlin. Ce site est un site de stockage de gaz naturel tombé en désuétude.
Les scientifiques du GeoForschungsZentrum à Potsdam (Allemagne) assureront le contrôle du site pour voir comment les formations de roche réagissent au stockage de CO2 à travers le temps.
Où le CSC a-t-il déjà lieu ?
Le captage et stockage de CO2 se déroule déjà dans plusieurs endroits dans le monde.
Le premier endroit où on a utilisé une telle technologie à des fins commerciales était le gisement de gaz naturel Sleipner de Statoil en mer du nord. Le CO2 est séparé de la vapeur des gaz naturels et injecté dans la roche perméable sous le fond marin. Le projet Sleipner évite de relâcher plus d’un million de tonnes de CO2 par an dans l’atmosphère.
Quelle différence le CSC peut-il apporter ?
L’industrie européenne croit que le CSC pourrait représenter 40% des efforts nécessaires pour rencontrer les objectifs de réduction de CO2 proposés pour 2030.
L’Union européenne a la conviction que le CSC est une des politiques de réduction des gaz à effet de serre. Dans le futur, il faudra faire des efforts pour développer des sources d’énergies alternatives telles que l’énergie éolienne ou solaire.
Etant donné que les énergies fossiles vont certainement rester le pilier des réserves en énergies mondiales pour les décennies à venir, il est d’ordre vital de trouver une voie «propre» pour l’utilisation du charbon.
Vidéo: ©European Community, 2009
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