L'ancien gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, Patrice de Maistre, a été entendu pendant environ neuf heures jeudi par les juges de Bordeaux en charge du dossier Bettencourt, a-t-on appris de source proche du dossier.
Après l'audition qui avait démarré en début de matinée et s'est terminée vers 19H00, ses avocats, Mes Jacqueline Laffont et Pierre Haïk, ont quitté le palais de Justice sans rencontrer les journalistes.
Il n'y a pas eu de confrontation de leur client avec les personnes qu'il souhaitait rencontrer, a-t-on appris de même source. M. de Maistre est incarcéré depuis le 23 mars.
Vers 13H45, à l'occasion d'une pause, Me Laffont avait déclaré que la matinée avait été "sans intérêt". Interrogée sur une possible confrontation de son client avec d'autres personnes, elle avait indiqué en "attendre" dans l'après-midi, avant de préciser qu'elle les "espérait" plutôt.
En fait "on n'espère rien du tout, on n'en sait strictement rien, nous travaillons sans visibilité aucune et on le déplore évidemment", avait déclaré son confrère Me Haïk, ajoutant: "C'est très compliqué".
Alors qu'on a appris jeudi que l'avocat suisse des Bettencourt, René Merkt, entendu à Genève la semaine dernière, avait explicitement décrit M. de Maistre comme la première et la dernière personne à lui avoir jamais demandé de faire mettre à la disposition de Liliane Bettencourt des fonds en liquide à Paris depuis ses comptes suisses, Me Laffont a estimé que "M. Merkt avait déjà dit ça" lors d'une précédente audition. Elle a aussi remarqué que la presse a été "informée de l'audition de M. Merkt avant nous".
Alors qu'une possible pression sur les témoins fait partie des motivations du juge pour maintenir M. de Maistre en détention provisoire, ses avocats demandent avec force qu'il soit confronté à trois personnes: M. Merkt, Vahé Gabrache, le patron de l'organisme de compensation Cofinor, et Pascal Bonnefoy, le majordome des Bettencourt.
Les juges veulent savoir ce que M. de Maistre a fait de 4 millions d'euros qu'il a fait venir de Suisse en sept versements de 2007 à 2009, alors que la justice considère que Mme Bettencourt était affaiblie psychologiquement depuis septembre 2006. Ils le soupçonnent à la fois d'enrichissement aux dépens de l'héritière de l'Oréal, et d'un financement illicite de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007.
Le 15 décembre, M. de Maistre a été mis en examen pour abus de faiblesse, complicité d'abus de confiance et escroquerie aggravés par état de vulnérabilité au préjudice de Liliane Bettencourt, ainsi que pour blanchiment. Le 22 mars il a fait l'objet de mises en examen supplétives pour abus de faiblesse de nouveau, et abus de bien sociaux.
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