La cour d'assises du Morbihan a condamné samedi à 15 ans de réclusion criminelle Josiane Le Couviour pour complicité de séquestration et de vol avec violences en 2009 sur sa belle-mère, alors qu'une peine de 20 ans avait été requise.
Les jurés n'ont pas retenu l'accusation d'assassinat à l'encontre des accusés.
Wenceslas Lecerf et Guénolé Madé, reconnus coupables de la séquestration et du vol avec violences ayant entraîné la mort, sont condamnés respectivement à 18 et 15 ans de réclusion criminelle. Le parquet avait requis 20 et 10 ans.
Le 4ème co-accusé, Loïc Dugué, reconnu coupable de complicité de séquestration et de complicité de vol avec violences ayant entraîné la mort, est condamné à 8 ans de réclusion criminelle. Le parquet avait requis 10 ans.
Juste avant que les jurés ne se retirent pour délibérer, Josiane Le Couviour avait souhaité "simplement redire une dernière fois (qu'elle n'a) jamais voulu la disparition d'Annette Le Couviour". "Je regrette profondément ce que j'ai fait", a-t-elle ajouté.
Dans la nuit du 9 au 10 avril 2009, Annette Le Couviour, 75 ans, femme de l'industriel multimillionnaire Eugène Le Couviour, mourait étouffée après avoir été ligotée et bâillonnée par deux cambrioleurs dans leur propriété à Grand-Champ, près de Vannes. La tête de la victime était intégralement entourée de scotch.
Josiane Le Couviour, 62 ans, mariée à un fils issu d'un premier mariage de l'industriel nonagénaire, était accusée d'avoir commandité l'assassinat sur fond de bataille d'héritage. Elle a assuré n'avoir fait appel à ses co-accusés, Loïc Dugué, son jardinier, l'intermédiaire, et les deux hommes de main, Wenceslas Le Cerf et Gwénolé Madé, que pour voler des documents testamentaires.
Pendant les débats, les quatre accusés ont ainsi réfuté l'hypothèse de l'assassinat pour évoquer un cambriolage qui aurait mal tourné alors que dans leurs aveux initiaux, sur lesquels ils sont revenus par la suite, Wenceslas Le Cerf et Loïc Dugué avaient étayé la thèse de l'assassinat commandité.
"Elle a reconnu être à l'origine de ce drame, de cette idée incroyable, qu'elle croyait simple, de demander à Loïc Dugué d'aller voler des documents et, comme il n'y arrivait pas, de trouver quelqu'un pour le faire à sa place. Et, à la fin, elle a appris au téléphone les conséquences de cette terrible idée", a plaidé Me Thierry Fillion, l'avocat de Josiane Le Couviour.
"Vous n'avez pas la moindre preuve des intentions de Josiane Le Couviour de tuer Annette Le Couviour", avait-il insisté à l'attention des jurés.
L'accusée, qui a soutenu avoir simplement voulu faire dérober au domicile de ses beaux-parents des documents prouvant que sa belle-mère entendait accaparer l'héritage, a répété n'avoir "pas voulu le décès d'Annette".
De son côté, Me Eric Dupond-Moretti, représentant les enfants de la victime, parties civiles, avait balayé l'idée d'un simple cambriolage.
"Si Annette reste en vie, le testament, on peut le refaire! Ils en ont peut-être des copies! Votre projet n'a de sens que si Annette meurt!", avait-il affirmé.
L'agression a été racontée à la barre des témoins, avec une grande intensité, par l'industriel Eugène Le Couviour, 93 ans.
"On m'a mis des serre flex et une bande collante sur les mains et les jambes. J'ai réussi à me dégager. J'entendais ma femme crier. Je ne pouvais pas bouger pour aller l'aider", a-t-il témoigné.
"J'ai réussi à me détacher. J'ai vu ma femme allongée sur le ventre. Je l'ai retournée et vu sa tête enveloppée par du scotch. J'ai essayé de la ramener à la vie (...). Je ne pourrai jamais pardonner à ceux qui ont mis fin à sa vie. Jamais", avait ajouté le vieil homme en larmes.
- La 2e conférence sociale s'ouvre à Paris
- Furosémide Teva: les patients peuvent reprendre leur traitement
- Affaire Bettencourt: la Cour de cassation se déclare incompétente
- Intempéries: une femme retrouvée noyée dans sa voiture dans les Landes
- Loi sur la transparence: les députés s'attaquent aux conflits d'intérêts
- Intempéries: plus de 500 millions d'euros de dégâts, selon la FNSEA
- Un jeune de 23 ans tué par balles à Marseille
- Espionnage Ikea: mise en examen du directeur du magasin de Reims
- Des membres de Médecins du monde passent une nuit dans la rue à Lyon
- Mariage homosexuel: un jeune condamné à deux mois ferme et écroué
- Parlement européen: feu vert à la levée de l'immunité de Marine Le Pen
- Technologie: le Vénézuélien Maduro demande l'aide de la France


fermer les commentaires
ajouter un commentaire
Les commentaires sont libres d'accès.





