L'association nationale des directeurs des ressources humaines (ANDRH) a proposé vendredi un débat afin de "neutraliser" trois jours fériés chrétiens en les transformant en jours de congés à poser librement, suscitant le scepticisme des responsables religieux.
A l'occasion de leurs assises annuelles, tenues en présence du ministre du Travail Michel Sapin, les DRH ont préconisé de "neutraliser trois des six jours fériés d'origine chrétienne (Pentecôte, Ascension, 15 août jour de l'assomption) afin que les salariés puissent les prendre comme ils le souhaitent".
Les DRH proposent de conserver Noël, le lundi de Pâques et la Toussaint en raison de leur "forte dimension sociétale".
L'objectif serait de permettre aux salariés de confession musulmane ou juive, par exemple, de pouvoir bénéficier de ces trois jours afin de célébrer leurs fêtes religieuses.
"La conférence des évêques de France est prudente", a commenté auprès de l'AFP son porte-parole Bernard Podvin, jugeant que la proposition de l'ANDRH "n'est pas la bonne réponse à la diversité".
Selon lui, cette question n'a jamais été discutée par les religions mais pourrait l'être à la prochaine réunion de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF), à l'automne.
Le Conseil français du culte musulman (CFCM) plaide de son côté pour "une meilleure utilisation du dispositif actuel qui donne aux fonctionnaires et aux salariés l'autorisation de s'absenter lors des jours de fêtes religieuses non fériées".
Joseph Thouvenel, vice-président de la CFTC, le syndicat chrétien, s'est "étonné" que "les DRH fassent ce type de propositions sans consulter au préalable les organisations syndicales".
Ces jours "sont des jours de la République inscrits dans le code du travail de la République". "Ils sont des marqueurs de temps privilégiés du lien social, familial et associatif, indispensables pour l'équilibre de notre société", a réagi M. Thouvenel auprès de l'AFP.
Pour Jean-Christophe Sciberras, DRH de Rhodia et président de l'ANDRH, à l'origine de cette proposition, il s'agit de répondre à plusieurs questions: "Comment fait-on pour s'organiser sur le rythme d'une religion dominante qui n'est plus celle de la France d'aujourd'hui? Comment combiner organisation de l'entreprise et convictions profondes de chacun?"
"Ce ne serait pas compliqué de trouver un terrain d'entente avec les syndicats", pronostique M. Sciberras, qui privilégie l'hypothèse "non pas d'un débat au niveau national, mais au niveau des accords de branches et des accords d'entreprises". Il note qu'une telle mesure serait plus pertinente dans certaines régions, pointant l'exemple de l'Ile-de-France.
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