Une centaine de militants de Droit au Logement (DAL) ont brièvement investi à Paris un centre d'hébergement pour femmes dont la fermeture est prévue en août, à la veille de la fermeture des places hivernales dans les centres pour sans-abris.
Les manifestants ont pénétré dans le hall d'accueil du foyer de stabilisation géré par l'entreprise Adoma dans le Xe arrondissement, dont la fermeture pour travaux initialement prévue samedi a été repoussée à fin août. Ils ont également tendu sur la façade des banderoles où était notamment écrit: "Logez!".
Ils ont notamment réclamé la "réintégration" de deux résidentes, dont l'une a été récemment expulsée après avoir refusé deux propositions d'hébergement.
Vingt-huit femmes sont actuellement hébergées dans ce centre, a indiqué le responsable d'accueil, Redouane Ghazal, soulignant que le contrat d'hébergement précise qu'après "deux refus", la personne hébergée "doit prendre ses responsabilités". "On ne peut pas faire mieux", a-t-il ajouté.
Cette manifestation du DAL, qui s'est terminée vers 14H30, intervient à la veille de la fermeture des 2.650 places du dispositif hivernal, que le gouvernement avait décidé cette année de maintenir au-delà du 31 mars.
Ces places, aménagées dans des foyers, des hôpitaux, des casernes ou des grands hangars, devront être fermées "d'ici au 1er juillet", même si trois centres d'une capacité de 170 personnes resteront ouverts en région parisienne "où les besoins sont les plus pressants", a annoncé jeudi le ministère du Logement.
Le porte-parole du DAL, Jean-Baptiste Eyraud a souligné que le 115, numéro d'appel d'urgence pour les sans-abris, est "saturé".
"On dénonce la brutalité de la décision de Mme Duflot (la ministre du Logement), qui n'a donné aucune explication. Quand on ferme 3.000 places, on met 3.000 personnes à la rue. C'est une violence sociale d'une autre époque", a-t-il fustigé, appelant les SDF à refuser de quitter les centres si aucune solution ne leur est proposée.
Il a estimé que cette décision reflétait "l'entrée dans l'austérité". "On touche les plus fragiles, c'est honteux", a poursuivi M. Eyraud.
Le dispositif hivernal permet chaque année de mobiliser, du 1er novembre au 31 mars, jusqu'à 19.000 places supplémentaires d'hébergement d'urgence pour les SDF, en plus des 118.000 places ouvertes toute l'année.
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