Les sociétés de services aux entreprises Fiducial et Sofinord ainsi que le fonds Caravelle étaient encore en lice jeudi pour la reprise de la société de gardiennage Neo Security, en redressement judiciaire depuis le 18 juin, après le retrait inattendu du groupe Alyan.
Le groupe Fiducial, qui avait envisagé de retirer son offre de reprise faute d'un soutien suffisant de l'Etat, est finalement revenu dans la course, faisant "savoir mercredi soir (à toutes les parties prenantes) à la procédure (de redressement judiciaire) qu'il continuait à travailler", selon un porte-parole de Neo Security, branche opérationnelle de la holding Néo Sécurité, qui emploie 5.100 personnes.
"Ils (Fiducial) étudient le dossier avec l'Etat", qui possède "plusieurs contrats" auprès de Neo Security, a-t-il ajouté.
Cette même source a également indiqué qu'une autre société, elle aussi spécialisée dans les services aux entreprises, préparait une offre associant le management et les salariés qui le souhaitent.
"Elle compte aussi créer un comité d'éthique, un comité de rémunération et mettre en place un Conseil d'administration dans lequel deux fauteuils seront réservés aux salariés, dont un à une femme", a ajouté le porte-parole de Neo Security.
De source syndicale, il s'agit de la société Sofinord. "Elle prévoit de reprendre 2.180 personnes, dont 80 administratifs", a indiqué à l'AFP Jean-Jacques Coutreau, syndicaliste FO et représentant des salariés auprès du tribunal.
Selon une source proche de la procédure, le fonds Caravelle, spécialiste de la reprise des affaires en difficulté, s'est également positionné. "A ce jour, je n'ai reçu aucun mail ou aucune information de la part de l'administrateur à leur sujet", a cependant précisé M. Coutreau.
Menés en bateau
Le groupe Alyan, qui faisait jusqu'alors partie des principaux repreneurs potentiels, a pour sa part annoncé dans une lettre mise en ligne jeudi par le syndicat Force Ouvrière qu'il renonçait à faire une offre.
Alyan estimait avoir besoin de disposer "d'une enveloppe financière globale de 65 millions d'euros", dont une partie versée par l'Etat, pour rendre la société "rentable et pérenne", est-il indiqué dans la lettre du PDG Pascal Grizot.
"En l'état, malheureusement, il n'a pas été possible de disposer d'engagements permettant d'assurer les financements sollicités. Dans ces conditions (...) nous ne poursuivrons pas la reprise de la société Neo Security", est-il ajouté.
"Il semble que nous ayons été menés en bateau", a réagi un porte-parole de l'entreprise de gardiennage en difficultés.
L'ancien PDG de Neo Security, aujourd'hui visé par une enquête pour "abus de biens sociaux", avait fait appel à l'Etat courant avril afin d'obtenir une aide pour renflouer les caisses de l'entreprise et sauvegarder les emplois.
Les pouvoirs publics avaient octroyé à l'entreprise un sursis dans le paiement de charges fiscales et sociales afin de permettre la poursuite de discussions avec des repreneurs potentiels.
Les offres de reprise de Neo Security doivent être examinées le 16 juillet par le tribunal de commerce qui pourrait cependant accorder un délai, dans l'attente de la concrétisation des offres.
"On est dans l'incertitude, on a peur que le tribunal décide de la liquidation totale," a pour sa part déclaré M. Coutreau.
Un Comité central d'entreprise est prévu vendredi à 10H00, au cours duquel les offres de reprises devraient être détaillées aux syndicats.
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