Les organisations syndicales représentatives au comité central d'Air France se réunissent lundi pour étudier un nouveau montage financier visant à éviter la cessation de paiement, qui comprend un plan de départs volontaires, a-t-on appris vendredi de sources proches du dossier.
La réunion prévue lundi après-midi avec le mandataire judiciaire, chargé notamment de surveiller les comptes, se tient à la veille d'une session extraordinaire du CCE. Elle pourrait être décisive: l'absence d'une majorité sur la motion déboucherait sur la cessation de paiement, selon une de ces sources.
La cessation de paiement avait été repoussée en juin par le versement d'arriérés dus par un des huit CE chapeautés par le CCE mais menace toujours pour septembre, avait-on alors indiqué de sources syndicales.
Les élus du CCE avaient aussi rejeté en juin la demande d'ouverture d'une ligne de crédit auprès de deux banques s'appuyant sur une fiducie, replongeant l'instance dans une crise de trésorerie.
La fiducie, autorisée depuis 2007, est une forme de "trust" à la française qui permet de transférer un bien de façon temporaire à un tiers, qui le gère non dans son propre intérêt, mais dans l'intérêt d'un bénéficiaire.
Lundi, plusieurs syndicats finaliseront les derniers détails d'un plan de redressement qui, outre la fiducie telle que proposée par la CGT, comprend un plan de départs volontaires (de 90 à 100 départs sur les quelque 260 salariés pour un coût de 5 millions), une baisse des frais de fonctionnement, et la sous-traitance des vacances famille et enfance, indique une source proche du dossier.
Les fonds débloqués grâce à la fiducie permettraient de financer le plan de départs volontaires (environ 5 millions d'euros), indique une source.
Ce plan prévoit également de donner une possibilité de blocage au mandataire judiciaire pour contrôler l'utilisation des sommes obtenues via la fiducie, selon cette source qui indique qu'il s'agit "d'une sécurité".
Le CCE d'Air France, qui a un patrimoine très important, traverse une crise depuis qu'un audit a révélé en 2009 un déficit cumulé de près de 15 millions d'euros. En 2010, la cessation de paiement a été évitée de peu.
Audit comptable, désignation d'un mandataire judiciaire, recherche de financement pour combler le trou de trésorerie, constitution d'un nouveau bureau ont depuis rythmé la vie du CCE.
La CGT en a repris les rênes en 2011, lançant un plan de redressement pour la période 2011-2014.
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