Les soupçons se sont considérablement renforcés vendredi dans l'affaire de disparition d'une Anglaise de l'Aveyron contre son jardinier et ancien amant : des traces d'ADN prélevé dans la voiture du jardinier ont été expertisées comme appartenant à la disparue.
L'ADN de Patricia Wilson, cette Britannique de 58 ans dont on est sans nouvelles depuis le 17 août, a été identifié sur certains objets se trouvant dans le véhicule, ce qui vient "confirmer l'ensemble des charges qui pesaient déjà contre (Jean-Louis) Cayrou et qui ont conduit à sa mise en examen", a indiqué Patrick Desjardins, procureur adjoint de Montpellier, où l'affaire est instruite.
Patricia Wilson ayant été l'amante de Jean-Louis Cayrou, elle peut avoir laissé de l'ADN dans la Laguna du jardinier. Mais du côté des enquêteurs, on souligne que les objets sur lesquels a été retrouvée l'empreinte génétique de Patricia Wilson sont de ceux qui confortent la suspicion.
En attendant d'autres expertises, on fait valoir aussi que des éléments matériels, et non pas seulement les témoignages indirects dont il a été question initialement, mettent en cause Jean-Louis Cayrou.
Selon ces témoignages, Patricia Wilson s'était plainte auprès de proches de violences de la part du jardinier qui aurait même tenté de l'étouffer.
Jean-Louis Cayrou s'est tu devant le juge d'instruction qui l'a mis en examen pour assassinat le 25 août. Ecroué, il nie tout "en bloc", selon son avocate.
Patricia Wilson, elle, demeure introuvable, ont dit le parquet et la gendarmerie. Pour les enquêteurs, l'hypothèse de sa mort est désormais la plus probable.
Comme beaucoup de ses compatriotes, Patricia Wilson, autrefois cadre dans la publicité, selon la presse de son pays, était venue avec son compagnon s'installer il y a cinq ans dans une maison en pierre à l'écart de Vabre-Tizac, village pittoresque de 441 habitants. Elle s'était séparée de son compagnon il y a un an, puis avait noué une relation intime avec Jean-Louis Cayrou, un homme de 50 ans vivant dans une caravane et travaillant comme jardinier pour le compte de différentes personnes.
Elle avait rapidement mis fin à cette liaison mais Jean-Louis Cayrou aurait mal supporté la rupture et, croit le parquet, le crime passionnel est la piste "la plus vraissemblable".
Rentrée en Angleterre entre le 10 et le 17 août pour y acheter une voiture, Patricia Wilson a reçu un nombre important de coups de fil de Jean-Louis Cayrou.
Déposée chez elle par une amie à son retour le vendredi 17 août, Patricia Wilson n'a plus donné signe de vie. C'est une voisine qui s'est étonnée de son absence, alors que ses volets étaient ouverts et sa voiture garée sur le terrain.
D'importantes quantités de sang ont été retrouvées dans et à l'extérieur de la maison. Les traînées sur la terrasse et dans les escaliers extérieurs laissent soupçonner qu'on a déplacé son corps.
Des voisins et des employeurs de Jean-Louis Cayrou ont exprimé leur incrédulité dans la presse. Ils décrivent un homme agréable et serviable.
Jean-Louis Cayrou contestera son placement en détention provisoire mardi, devant la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Montpellier.
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