Montgaillard: la centrale de cogénération biomasse sort de terre
Le projet ABC, pour Ariège Biomasse Cogénération, était en 2010 le seul dossier en Midi-Pyrénées retenu par le ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement Durable et de la Mer, au titre du 3ème appel à projets «Biomasse».
Ce lundi matin après avoir ferraillé près de six ans, les porteurs de projets étaient heureux de présenter à Nathalie Marthien, préfet de l’Ariège et aux parlementaires Frédérique Massat et Alain Fauré, les fondations de ce bâtiment destiné à accueillir dès le mois de janvier une chaudière de 18,5 MWth à la lisière des communes de St Paul de Jarrat et de Montgailhard dont les élus étaient également conviés à cette visite de chantier.
BGA (Bois Génération Avenir), le fruit du partenariat de 2 sociétés ariégeoises
La BGA regroupe trois structures : la scierie, la fabrication de pellets et l’unité cogénération. Le projet est porté par Forestis Industries (Alain et Bruno Barbe), à Saint-Paul-de-Jarrat, spécialisé dans la filière bois (scierie, menuiserie industrielle, charpente...) et la société ariégeoise CEM (Jean Michel Estebe), spécialisée quant à elle dans les centrales de production d’énergie.
Il vise à construire une centrale de cogénération biomasse dédiée à la production d’électricité et à la production de chaleur. La partie cogénération représente un investissement de 15 M€ et la fabrication des pellets 6 M€ pour un chiffre d’affaires attendu de 20 M€, avec la création de 70 emplois à la clé.
L’unité de cogénération sera alimentée à la fois par des déchets bois issus des sites industriels de Forestis (scierie et menuiserie) et de plaquettes forestières (approvisionnement dans un rayon de 50 km).
Elle s’articulera autour d’un hall de stockage et de tri du combustible, d’une chaudière biomasse de 18 MWth, d’un turboalternateur de 3,7 MWé et d’un système de distribution/répartition de l’eau chaude. L’électricité produite est raccordée au réseau.
«Nous avons payé 230 000 € pour renforcer le réseau RTE, l’énergie va être fabriquée et consommée sur place, explique Jean-Michel Estèbe. Nous allons produire 4 MW d’électricité et 10 MW de chaleur qui va être utilisée en partie sur le site pour sécher les panneaux bois pour la fabrique de cercueils et pour produire de la matière, des pellets (granulats bois) car le but de cette installation c’est de valoriser la filière bois, un réel potentiel pour l’Ariège s’il est bien utilisé.
[...] La partie la plus noble sera traitée sur la scierie, celle qui l’est moins pour les pellets et tout le reste (bois en bord de rivière, châtaigniers, haies, sciures, etc…) pour le combustible de la partie cogénération. Il faut savoir qu’aujourd’hui tous les produits connexes de la scierie s’en vont par la route pour être traités dans d’autres régions. Avec ce projet nous améliorons les conditions de valorisation pour les petites scieries alentours qui rencontre le même problème que nous.
[...] Quant aux granulés, notre production se situera aux alentours de 20 000 tonnes/an (la production nationale est de 80 000 tonnes et devrait atteindre les 3 millions de tonnes d’ici 2020) et sera destinée à la filière courte (habitat collectif)»
Après une lutte de cinq mois pour obtenir le premier financement le calendrier est à présent calé : le chantier a démarré au mois d’octobre avec l’entreprise Bourdarios choisie pour le gros œuvre, la chaudière devrait être installée en janvier 2015 et mise en service au mois de juin/juillet 2015.
Les impressionnantes fondations et le coffrage qui sortent actuellement de terre sont destinés à recevoir la chaudière cogénération installée par la CEM (partie platine socle de la chaudière, partie cuve, partie superstructure qui va supporter l’alternateur permettant de produire l’électricité)
Une filière bois à mobiliser et à structurer
Au-delà de la production d’énergie il s’agit à travers ce projet de valoriser la filière bois, un véritable challenge. Depuis le XXe siècle, la forêt ariégeoise cesse d’être le maillon essentiel de l’économie agro-sylvo-pastorale.
Les paysages se ferment, elle recolonise massivement les versants. Si bien qu’aujourd’hui l’Ariège avec ses 262 000 hectares (soit 53 % du département avec un accroissement depuis 20 ans de 3000 hectares par an) est le département le plus forestier de la région Midi-Pyrénées.
Un bois cependant difficile à mobiliser et à valoriser localement principalement pour des problèmes d’accès et de morcellement des parcelles. Majoritairement privée, la forêt ariégeoise est pour l’instant peu gérée. Un paramètre important que la BCA a pris en considération pour mener à terme son projet.
«En vitesse de croisière, nous avons besoin de 6000 tonnes par mois, pour cela nous commençons à constituer des stocks car tout doit être prêt à partir du 1er juillet, explique Bruno Barbe. Nous ne sommes pas dans des forêts industrialisées comme au Canada, nous avons besoin de structurer une filière qui depuis 20 ans n’arrive pas à valoriser son foncier.
[...] C’est ce que nous allons faire avec ces trois cycles de bois : le bois matériau avec les sapins, le bois collecté pour faire les pellets (granulés de bois, à base de déchets de résineux) et tout le reste dont on ne sait que faire que l’on va brûler avec un procédé écologique dans une chaudière à 1000 degrés dotée de plusieurs étages de filtres et utiliser cette vapeur pour chauffer le réseau et produire de l’énergie.
Nous travaillons à l’approvisionnement en essayant de mobiliser tous les partenaires dans un rayon de 50 km (entreprises forestières, propriétaires privés…) Nous n’avons aucune contrainte de qualité, mais il faut pouvoir immobiliser la ressource.
Dans notre département il y a beaucoup de biens sans maitre c’est-à-dire de parcelles sans propriétaires. Nous devons travailler en relation avec les élus, l’ONF et le CRPF. Cela permet d’entretenir la forêt, de proposer un déboucher aux propriétaires et au final de créer des emplois»
Un cercle vertueux qui pourrait bien donner des idées à d’autres investisseurs.
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