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Chambre de Métiers de l'Ariège: les artisans partagés entre inquiétude et colère

Joseph Calvi, président de la Chambre de métiers et de l'artisanat de l'Ariège
© midinews 2014

La traditionnelle assemblée générale de la Chambre de Métiers et de l’artisanat de l’Ariège s’est déroulée lundi soir dans une ambiance morose.

«Tous les clignotants sont à l’orange vif, voire au rouge», lâche Joseph Calvi, président de la CMA, pour donner le ton.

«Essoufflement de la consommation des ménages, diminution des investissements des entreprises, crainte sur la capacité des collectivités locales à maintenir leurs capacités d’investissements… Voilà ce que nos entreprises sont amenées à anticiper, car notre modèle économique est en profonde mutation», indique le patron des artisans ariégeois.

Conscients de la nécessité de s’adapter à la nouvelle donne, les professionnels de la «première entreprise de France» subissent les difficultés de plein fouet. «Même dans les secteurs de l’alimentaire qui, pour jusqu’à présent résistaient plutôt bien» Depuis le début de l’année, la boulangerie enregistre par exemple un recul de 2,4 %, la pâtisserie de 16 % !

«Comme les Français, les Ariégeois consomment moins, on le voit dans tous les métiers, de l’alimentaire, mais aussi de l’esthétique, de la coiffure, énumère Joseph Calvi. Le bâtiment souffre lui de l’augmentation de la TVA, du coût des réglementations thermiques qui ont un impact direct sur le prix du neuf, de 10 à 15 %. Et je ne parle pas de la baisse des marchés publics qui frappent aussi les entreprises»

Les artisans ont compris que les responsables politiques ne dirigent plus le monde
Dans l’assistance, quelques élus opinent, au premier rang desquels le président du Conseil général ou encore le député Alain Fauré. Des représentants de la population ariégeoise que leur hôte n’épargne pas.

«Les femmes et les hommes qui donnent vie à l’artisanat ont compris que les responsables politiques s’agitent, mais ne dirigent plus le monde. Il leur a échappé au profit des marchés financiers et des multinationales dont le chiffre d’affaires dépasse le PIB de la majorité des états»

Ou encore : «Les réformes engagées porteront leurs fruits lorsque nos politiques auront le courage d’affirmer qu’elles ne produiront leurs effets qu’à moyen terme» Fermez le ban !

A l’approche des fêtes de fin d’année, Joseph Calvi se prend alors à faire sa liste : baisse du coût du travail et de la pression fiscale, réforme du RSA avec un volet «retour à l’activité» renforcé ou encore soutien aux collectivités locales. Y croit-il, lui qui n’hésite pas à parler de «casse sociale» en évoquant les réformes conduites dans le seul but de générer «des économies immédiates» ?

Bonne nouvelle : beaucoup de jeunes veulent se lancer dans des contrats d’apprentissage
Joseph Calvi veut quand même lire des éléments d’optimisme dans le marasme actuel, notamment au sujet de l’apprentissage. «On vit une année compliquée en terme d’apprentissage, avec notamment une légère baisse de nos apprentis.

[...] Mais il y a une bonne nouvelle puisque beaucoup de jeunes veulent se lancer dans ces contrats d’apprentissage. La mauvaise nouvelle cependant c’est qu’il y a moins d’entreprises disposées à les accueillir. Un contrat d’apprentissage reste un contrat de travail et donc la conjoncture n’incite pas à l’embauche
»

Pour positiver, le président de la Chambre de Métiers de l’Ariège relève néanmoins que «l’apprentissage reste une formation d’avenir puisque 80 % des jeunes trouvent un emploi à la sortie, et qu’un sur deux crée une entreprise. Cela reste un système très efficace»

Un message qui ne manquera pas de rassurer les quelque 520 apprenants accueillis au centre de formation des apprentis de l’Ariège.

PB | 26/11/2014 - 18:57 | Lu: 18965 fois