Jean-Marie Le Pen remporte une 3ème victoire judiciaire contre sa fille et le FN

© AFP/Archives - ALAIN JOCARD
La justice a donné raison pour la troisième fois à Jean-Marie Le Pen dans le conflit qui l'oppose à sa fille Marine Le Pen, présidente du Front national, en confirmant mardi la suspension du congrès qui était censé supprimer son statut de président d'honneur.
Dans son arrêt, la cour d'appel de Versailles "confirme en toutes ses dispositions" la décision rendue le 8 juillet par les juges des référés du tribunal de grande instance de Nanterre (Hauts-de-Seine), qui avaient suspendu cette consultation des adhérents, organisée par voie postale, "jusqu'à organisation d'une assemblée générale extraordinaire conforme aux statuts actuellement applicables".
"C'est une défaite personnelle pour M. (Florian) Philippot", vice-président du parti, et "un succès pour tous les patriotes, tous les militants et électeurs du Front national", a réagi M. Le Pen. "J'ai fondé le Front national, je l'ai dirigé pendant 40 ans et j'en suis encore aujourd'hui un des chefs, président d'honneur", a-t-il martelé.
Le député européen FN Bruno Gollnisch, ancien dauphin de M. Le Pen, a lui évoqué sa "satisfaction".
De son côté, le Front national a fait part dans un communiqué de son "étonnement" face à cette décision de justice", qui, avec les deux précédentes, "visent à conserver à Jean-Marie Le Pen un titre qu'il ne mérite évidemment plus, vu son comportement de plus en plus inqualifiable".
Le parti annonce qu'il "dépouillera et rendra publics" mercredi les quelque "30.000 votes de la consultation". "Malgré la suspension de ses effets juridiques", ce vote "a une incontestable autorité politique", affirme-t-il.
Quelque 51.500 adhérents devaient approuver ou rejeter par courrier, jusqu'au 10 juillet, les nouveaux statuts du parti d'extrême droite, dont le titre de président d'honneur du "Menhir" a été supprimé.
Les juges de Nanterre avaient notamment estimé que le parti avait "violé" ses règles internes en organisant ce congrès par correspondance, et non sous forme physique comme cela devrait être le cas pour une modification des statuts. Jean-Marie Le Pen, suspendu pendant une partie de la consultation, n'a pas été en mesure de "s'exprimer", avaient-ils aussi relevé, tant sur le mode de consultation choisi que face aux adhérents, "faute de débat" les rassemblant "physiquement".
- 'Péripéties judiciaires' -Un quatrième acte judiciaire se profile, mais sa date n'est pas encore connue : outre sa double victoire portant sur le congrès, Jean-Marie Le Pen avait obtenu début juillet en justice l'annulation de sa suspension en tant qu'adhérent, prononcée début mai par les instances dirigeantes, et le FN avait fait appel.
Jean-Marie Le Pen, 87 ans, avait été mis au ban du parti après une nouvelle série de provocations en avril, guère nouvelles sur le fond : répétition de sa vision plusieurs fois condamnée par la justice des chambres à gaz, "détail" de l'Histoire, défense du maréchal Pétain, du "monde blanc" et critique en règle de la démocratie.
"C'est une manière de permettre à Jean-Marie Le Pen de continuer à parler comme il le fait de la Shoah, du détail, de la question des chambres à gaz en se réclamant du Front, alors qu'on ne le veut plus", a réagi Gilbert Collard, député du Gard et secrétaire général du Rassemblement Bleu Marine (RBM), sur BFMTV. "Des propos que nous condamnons".
"La justice l'autorise, finalement, sur une question de formalisme, à continuer à tenir ces propos avec sa qualité. D'un point de vue moral, éthique, c'est inconcevable", a-t-il déploré.
"Dans tous les cas, ce sont des péripéties judiciaires", avait assuré mardi matin M. Philippot. "Le Front national a dit qu'il ne voulait pas de Jean-Marie Le Pen président d'honneur, Jean-Marie Le Pen a dit qu'il souhaitait la défaite de Marine Le Pen en 2017 (...). Politiquement les choses sont faites et c'est une clarification qui est heureuse", avait-il développé.
Les propos qui ont précipité la rupture au sein de la famille frontiste vaudront quoi qu'il en soit à Jean-Marie Le Pen un nouveau procès en correctionnelle, à une date encore indéterminée, pour avoir répété le 2 avril que "les chambres à gaz étaient un détail de l'histoire" de la Seconde Guerre mondiale.
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