accueil  |  ariège   |  france

Manifestation devant la Chambre d'Agriculture: «il y a un terreau de ZAD dans le département de l'Ariège»

© midinews 2015

Ce vendredi matin, barrages filtrants et impressionnant déploiement de forces de l’ordre à la Chambre d’Agriculture de l’Ariège où l’on annonçait la présence de zadistes.

Il est vrai que l’invitation à ce rassemblement venant du RAAL (le Réseau Actions Ariège Libertés) crée par Dominique Masset s’est souvent illustré (on se souvient en 2011 de la tentative d’occupation de la Préfecture au moment de la loi Loppsi2) et la dureté des termes employés sur le bristol ne laissait pas présager d’une visite de courtoisie à l’heure du thé: «venons nombreux dénoncer les pratiques fascisantes des milices de la FNSEA et la complicité de l’État devant la chambre d’agriculture, nous irons ensuite à la préfecture dénoncer la collusion milice-police».

Une manière de dénoncer les pratiques «mortifères» du syndicat agricole majoritaire qui «défend les intérêts de l’agro-industrie contre la petite ou moyenne agriculture».

Et l’opportunité de pointer du doigt «les pratiques des agriculteurs de Sivens qui se constituent en milice, bloquent les routes, tabassent et terrorisent ceux qui s’opposent à leurs projets destructeurs et vont même jusqu’à séquestrer une famille d’agriculteur qui localement s’oppose au projet de barrage... tout cela en toute impunité, voire même avec la complicité des forces de l’ordre».

À l’heure où les zadistes cherchent un nouveau souffle après le démantèlement vendredi dernier de la Zone à défendre du Testet en foret de Sivens, l’Ariège pourrait vite devenir une terre d’élection pour les activistes de tout bord (qu’ils soient idéalistes, écologistes ou anarchos-libertaires).

D’ailleurs depuis quelque temps les tags fleurissent en bordure des grandes voies de circulation et les causes à défendre ou les lieux à occuper ne manquent pas dans le département : lac de Montbel, projets de carrières, d’éoliennes, voire même d’aéroports.
Les agriculteurs dans le collimateur du RAAL
Ils étaient une vingtaine ce matin devant la chambre d’agriculture cadenassée par un cordon de policiers à dénoncer les «pratiques fascisantes des  milices FNSEA» de Sivens.

Derrière cette appellation des «agriculteurs qui circulent en quad en tenues kaki qui agressent les gens avec des manches de pioche dans une démarche corporatiste et non dans une lutte sociale de défense de l’intérêt général… tout ça rappelle de bien sombres souvenirs».

Dominique Masset parle de non-violence (il est faucheur volontaire et vient d’être convoqué pour avoir participé à une action dans les locaux de la firme «Limagrain» à Chappes  dans le Puy-de-Dôme) et n’hésite pas rappeler les récentes pratiques soutenues par la FDSEA, menées par le monde agricole: maculer une ville avec du lisier, brûler des bâtiments publics, des portiques écotaxes, saccager des bureaux, «tout cela en toute impunité».

 Selon lui il y a deux poids et deux mesures: «d’un côté il y a des gens qui se font agresser, poursuivre alors qu’ils défendent un bien commun et de l’autre il y a des agriculteurs qui défendent leur intérêt propre et l’agriculture prônée par Xavier Beulin, celle qui pollue, utilise des pesticides et désertifie les campagnes… une agriculture non défendable qui va dans l’intérêt de quelques personnes au détriment des populations et de la sécurité publique».
Prêt à dépasser le cadre de la légalité
Selon le militant activiste, il y aurait un terreau de ZAD dans le département de l’Ariège: «si toutes les voies démocratiques, juridiques, comme c’est le cas ici ou là ne sont pas prises en compte, nous serons amenés à envisager une occupation à Bédeilhac ou ailleurs.

Oui nous sommes prêts à dépasser le cadre de la légalité. Si les démarches légales des associations locales ne peuvent pas aboutir, on ira jusque là. La préfète est avertie
». Et pour lui délivrer le message en direct, le groupe de manifestants s’est ensuite dirigé vers la préfecture de l’Ariège.

Laurence Cabrol | 13/03/2015 - 21:16 | Lu: 35744 fois