Théâtre: Meunier électrise l'Estive de Foix avec sa drôle de bobine

Chemise bleue grise aux manches retroussées, l’artiste quitte la scène et le public applaudit. Mais dans les rangs des spectateurs, tous n’applaudissent pas. Ils ont aimé le spectacle, mais se retrouvent un peu interloqués ou bousculés par les sujets abordés par Pierre Meunier.
L’artiste, habitué de la scène de l’Estive a parlé ce jeudi soir de sexualité et de sexe à piles. De manière un peu crue, jamais vulgaire, et toujours poétique, mais en appelant un chat… un chat.
Le spectacle s’appelle «La bobine de Ruhmkorff», du nom de Heinrich Daniel Ruhmkorff ingénieur allemand qui a inventé une bobine permettant de transformer une énergie de faible intensité en décharge atteignant 60 000 volts ! Celle-ci est d’ailleurs présente sur la scène.
L’acteur/auteur s’en inspirera pour ce spectacle sur les lois de l’attraction, le courant qui passe, les frottements, les rapports aux objets et les rapports d’objets tel ce ressort pénétrant un cercle suspendu dans un coït métallique vigoureux.
Que l’on ne s’y méprenne pas, la scène n’est pas transformée en un gigantesque sex-shop. Les machines habituelles bricolées par Pierre Meunier sont bien là et figurent le coup de foudre entre deux câbles qui font des étincelles.
Au milieu de câbles de «cul ivre», un haut-parleur diffuse une voix féminine en guise de symbole d’amour. Une machine éjaculatrice asperge la scène de jets d’eau saccadés très évocateurs.
Humour, amour, sexe sans détour
Les textes abordent la condition humaine, l’amour, les réflexions à haute voix donnant aux mots un sens voire un double sens, pour finir dans tous les sens exacerbant tous nos sens.
Sur un texte consacré à la mer et à l’océan des ressorts géants en forme de vagues produisent des vibrations sonores qui évoquent, pourquoi pas, le chant des baleines.
Dans un précédent spectacle l’artiste nous avait surpris en déplaçant et empilant des pierres et des cailloux et son amour de la matière est matérialisé ici par des cubes mous, qui se rencontrant, fusionnant, ne faisant qu’un tel un couple enlacé, pour finir transformés par les mains de l’homme modeleur en un gigantesque phallus qui s’écrasera lamentablement par terre.
«La bite chût» sera la phrase de conclusion de l’auteur.
Pierre Meunier nous surprend toujours par sa créativité et la façon dont rapidement il s’approprie la scène et occupe, seul, l’espace. Son humour de pince-sans-rire aux histoires sans véritable chute est désopilant.
Il nous éblouira par la narration de cet homme souhaitant découvrir le plaisir prostatique avec sa partenaire afin de connaître: «la révélation du comblement».
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