Sébastien Pujol, ambassadeur de la race bazadaise en Ariège
C’est sur un coup de cœur que cet éleveur installé sur la commune de Seguras (canton de Varilhes) a décidé d’orienter sa production vers cette vache à la robe gris ardoise tirant sur le brun.
À la tête d’un troupeau de douze mères, il s’est au départ orienté vers la vente directe, mais il est bien déterminé à se diriger à présent vers la reproduction pour les mâles et garder les femelles en renouvellement.
Rencontre avec cette vache atypiqueElle ne fait pas vraiment couleur locale. Et pour cause son berceau d’origine est situé au sud de la Gironde. En Ariège on est davantage habitué à la robe gris clair de la Gasconne ou au marron uniforme de la limousine. Mais une fois que l’on a la chance d’approcher la bazadaise, on est étonné par la douceur de cet animal au caractère affable: «elle est à la fois rustique et maternelle» précise Sébastien conquis depuis longtemps par l’œil mutin de cette beauté rustique de 750 kg aux cornes en forme de croissant vers le bas.
Utilisée à l’origine pour le débardage dans les forets des Landes (son fumier était employé comme fertilisant dans les vignes) elle a gardé une forte aptitude au travail et de faibles besoins tout en s’adaptant à tous types de sols, d’altitude (jusqu’à 2400 m).
Mais comme beaucoup de races locales, elle a connu à l’après-guerre suite à la modernisation de l’agriculture un long déclin, obligeant les éleveurs à se réorienter vers la production de viande.
«On ne recensait plus que 700 animaux, si bien qu’un plan de relance a été mis en place dans les années 70 et un programme de gestion génétique dans la foulée afin d’éviter la consanguinité. Aujourd’hui 3600 vaches bazadaises sont inscrites et 135 éleveurs recensés, essentiellement en Aquitaine et Midi-Pyrénées» indique le jeune éleveur ariégeois qui a longtemps été précurseur dans cette race au niveau du département.
Depuis cet été un autre éleveur installé sur la commune de Rimont marche dans ses pas. «Je suis en pluriactivité. Une partie de mon activité est consacrée à l’ESAT de Montégut et depuis dix ans j’ai décidé de vivre ma passion, je me suis lancé, à l’image de mes grands-parents et de mon oncle installés à Bénac, dans l’agriculture.
La race bazadaise est réputée pour ses qualités bouchères et la finesse de son squelette ainsi que sa conformation, se traduit par des rendements élevés. Le grain de viande est très fin, ce qui lui donne une saveur particulière, permettant de se démarquer des autres races». Tendreté et saveur qui ont fait la réputation de la célèbre entrecôte à la bordelaise.
Si la race bazadaise se vend bien à l’étranger (Angleterre, Espagne, Chili, République Tchèque, mais aussi Australie ou les éleveurs l’apprécient pour sa résistance aux parasites et à la chaleur), cette sympathique petite vache à de beaux jours devant elle dans notre région.
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