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Vendanges 2014 en Ariège: premiers coups de sécateurs dans les vignobles du domaine du Sabarthès

© midinews 2014

Ce mercredi matin c’est le grand jour pour le Chardonnay de Montégut Plantaurel.

Près d’une vingtaine de vignerons occasionnels sont venus prêter main-forte aux salariés du domaine, car après le raisin blanc il y a encore 24 hectares de production, du Sauvignon gris pour le rosé et du Cabernet ou du Merlot qui donneront après assemblages des produits construits à retrouver sur les tables dès le mois de juin 2015 ou plus tard pour les vins de garde.

Malgré une météo capricieuse, un été frais et humide, Jean-Louis Thouet, chef de culture est satisfait de sa récolte. «Nous travaillons sur trois sites, les vendanges ont déjà commencées à Varilhes et au Carla-Bayle».

Point de calculs mathématiques en fonction de l’alignement des planètes, ce sont les prélèvements sur chaque parcelle qui permettent de donner le feu vert: «ensoleillement, taux d’alcool, de sucre… la parenthèse juillet-aout a été difficile, mais pas préjudiciable au point de compromettre la récolte. Nous n’avons pas de degré très élevé cette année, mais nous avons une très bonne acidité et surtout un goût de fruit formidable».
2014 une année particulière pour un millésime tout aussi singulierCela grâce à un mois de juin favorable à la fructification et un été indien qui a permis d’achever la maturité. Selon Jean-Louis qui en est à sa 15e récolte (le vignoble a été planté en 1998), tous ces paramètres laissent augurer au final un bon produit. «Ici on produit les trois couleurs: du blanc, du rouge et du rosé qui a trouvé sa place pour une consommation plutôt estivale. Les cuvées des Vignals et du Plantaurel peuvent faire un excellent vin de garde, les millésimes de 2003-2005 n’ont rien perdu de leur tenue.

Cependant nous n’avons pas 50 ans de recul pour savoir comment se comporteront nos produits et comment ils s’affineront dans le temps
».

Le domaine de Sabarthès produit 120 000 bouteilles par an, une production qui ne s’exporte pas ou très peu (10 %) au-delà des frontières du département: «la demande locale est supérieure à l’offre, cette année avec 120 000 bouteilles c’est très peu. Au regard des autres producteurs, l’Ariège doit produire 200 à 250 000 bouteilles, il y a encore du potentiel !»

«À partir de la sélection des cépages, du choix du terroir, du climat, on arrive à réaliser des produits finis typés, mais aussi des vins plus classiques, plutôt élégants. Ici le sol est argilo-calcaire avec une acidité très faible (PH de 8), nous ne sommes pas en Bio (alors que la vigne du Carla est conventionnée Bio), mais nous sommes depuis longtemps dans une logique agrobiologique.

Depuis une dizaine d’années, avant la mise en circulation de nos produits nous effectuons des recherches en résidus (insecticides, pesticides, fongicides). Nous n’avons jamais eu de produits indésirables dans nos échantillons. Si nous avons des problèmes de grêle, nous effectuons des poudrages à l’argile sur nos raisins pour en protéger l’intégrité en toute sécurité… nous essayons de travailler propre
» poursuit Jean-Louis.

Sur la parcelle, les vendangeurs s’activent, le temps est compté. Le geste est sûr, les sécateurs sont précis entre les rangs de vigne: «je connais tous les vignobles du Sud-Ouest, mais c’est bien celui-ci que je préfère» lâche Philippe, spécialisé dans la taille des ceps.

La noria des porteurs vide leurs hôtes dans des caisses de 25 à 30 kg qui sont ensuite acheminés sur le centre de traitement de Montégut afin de protéger l’intégrité du raisin: «ici tout est manuel», explique Robert Lala, l’œnologue du domaine qui retire les débris végétaux des grappes en transit sur la table de tri.

Le tapis élévateur les dirigent ensuite dans l’érafloir où les grains de raisin sont séparés des rafles (partie verte) avant de tomber dans la cuve de transfert et d’être acheminés au pressoir: «une fois le jus de raisin pressé, il est mis à débourber puis est amené à fermentation. Nous avons choisi une fermentation à basse température (15-20 degrés) elle permet de préserver la phase aromatique du raisin, mais elle est plus longue, elle dure une vingtaine de jours.

Puis vient l’élevage, une partie du vin est élevé en cuve, l’autre en barriques pour conserver l’apport aromatique des futs en bois. Les assemblages ont lieu au printemps, pour les blancs fin mars début avril, ils sont ensuite mis en bouteille pour une commercialisation fin mai début juin
»

Selon ce professionnel 2014 sera un bon millésime: «nous avons eu la chance d’avoir un automne agréable qui nous a permis de retaper le temps en terme de maturation, la récolte sera moyenne en quantité, mais très belle en qualité, le raisin est en parfait état sanitaire !»

Avec sa récente reconnaissance en IGP (indication géographique protégée) le vin d’Ariège a désormais acquis ses lettres de noblesse et les viticulteurs ariégeois n’ont désormais plus rien à envier à leurs collègues du Languedoc-Roussillon, du Bordelais ou des Côtes du Rhône.

Laurence Cabrol | 24/09/2014 - 18:59 | Lu: 33075 fois