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Tribunal Correctionnel de Foix: de Pamiers à Nice, l'itinéraire d'une carte bancaire volée

Me Guy Dedieu, avocat de la défense
© midinews 2014

Absent de l'audience car il effectue un travail d'intérêt général (TIG) pour une précédente condamnation, Suren a été jugé hier pour vol en récidive, faux dans un document administratif, usage de faux document et escroquerie en récidive.
Les faits se sont déroulés à Pamiers et Nice du 19 mars au 29 mars 2014
Le 19 mars un cambriolage important avait lieu au domicile d'un particulier à Pamiers. Divers objets étaient dérobés dont la carte bancaire de la victime.

Le 29 mars, cette dernière servait à payer le péage à Nice. Dans le même temps, une voiture prêtée par un ami et conduite par Suren était verbalisée trois fois pour excès de vitesse.

Interpellé peu après et placé en garde à vue, le jeune homme avouait les faits expliquant avoir trouvé la carte bancaire par terre dans la rue. Seul problème: son passé de délinquant.

À 22 ans, le prévenu a plusieurs fois eu maille à partir avec la justice, principalement pour des vols en réunion. Toutefois, le rapport du juge d'application des peines souligne qu'il effectue son TIG sans difficulté et qu'il rembourse ses précédentes victimes.

Au Ministère public, Claude Cozar ironise un brin: «ça faisait un petit moment que nous n'avions pas entendu parler de lui», avant de requérir 6 mois avec sursis, mise à l'épreuve durant 2 ans, obligation de travailler et d'indemniser la victime (les ASF).
Une situation humaine complexe
En défense Me Dedieu a rappelé «l'histoire remarquable» de Suren. Un père et une mère qui ont pris le chemin de l'exil (Arménie), un enfant obligé de suivre, déraciné.

Soulignant «une situation humaine complexe», l'avocat a raconté «la Grandeur de la République». L'arrivée en France, le soutien de certaines associations humanitaires, les minimums sociaux, «un système vertueux».

Pour autant, l'avocat parle «de l'envers du décor: on grandit dans la difficulté matérielle, on survit avec un certain nombre d'expédients... rien de spectaculaire, mais on retrouve Suren un peu trop souvent devant le tribunal correctionnel». Me Dedieu en est convaincu, son client qui parle parfaitement français peut s'insérer par le travail.

À Nice, il était allé voir sa compagne, mère de son enfant. Tous deux vivent désormais en Ariège, et Suren a «retrouvé sa sagesse, fait preuve d'une petite forme d'amendement».

Concernant les faits, l'avocat s'est attaché à les démonter. Pour le cambriolage, son client «n'a jamais été soupçonné pour cela». Il a trouvé la carte bancaire dans la rue, «ce n'est pas un vol, c'est malhonnête».

Pour les renseignements erronés (Suren avait donné le nom d'un Arménien ne vivant pas en France), «il a confessé sa responsabilité». Sur le paiement autoroutier, l'ASF «n'est victime de rien puisqu'elle a été payée pour cela» insiste-t-il en demandant le renvoi.

Le tribunal a requalifié le vol en recel et a relaxé Suren pour l'escroquerie. Pour le recel de la carte bancaire, le prévenu a été condamné à 6 mois avec sursis et mise à l'épreuve durant 2 ans.

NR | 05/11/2014 - 18:48 | Lu: 16867 fois