Les indicateurs passent progressivement au vert, le plus gros de la crise semble derrière nous et les professionnels de l’immobilier, bien qu’encore très prudents, s’accordent à dire qu’il n’y aura plus de baisse spectaculaire dans ce secteur.
Bien que le spectre du chômage paralyse encore les ménages, les mesures incitatives mises en place par le gouvernement jouent en faveur de la pierre: crédits attractifs, baisse des prix et mesures fiscales encore incitatives (du moins jusqu’en 2012).
Cependant malgré cette conjoncture d’éléments favorables, des blocages demeurent car les acheteurs voudraient que les prix baissent davantage et les vendeurs estiment que ce n’est pas encore le moment de remettre leurs biens à la vente.
Des positions attentistes qui touchent essentiellement le marché de l’ancien et de la revente, beaucoup moins le marché du neuf qui depuis le début de l’année a repris du poil de la bête.
Les primo-accédents seront cependant cette année 90 000 Français de moins à acheter une maison ou un appartement pour la première fois.
Les professionnels s’accordent à dire au regard de la baisse du taux des crédits et des puissantes incitations fiscales que la conjoncture est idéale: actuellement un ménage qui gagne le Smic voit son taux de remboursement passer grâce aux incitations de 31% à 21%.
De plus, un emprunteur qui s’engage pour 15 ou 20 ans peut espérer qu’une reprise de l’inflation allégera la charge de ses remboursements.
Me Michel Fargues, notaire et délégué régional de l’Institut notarial de l’immobilier, et Me Bruno Barbe, notaire à Lavelanet et présidentt délégué pour le ressort du TGI de Foix, ont donné mardi une conférence de presse sur les tendances actuelles de l’immobilier.
«C’est une première pour le département de l’Ariège !» confiaient-ils de concert.
D'après la base de données des notaires Perval-Insee, sur une période allant du 1er juin 08 au 31 mai 09 les indices amorcent une sortie de crise confortée par la baisse des taux de crédit (4% sur 15 ans et 4,15% sur 20 ans).
«Bien que le marché poursuive sa convalescence, poursuit Me Fargues, on note une augmentation des programmes de vente, le retour des investisseurs et des primo-acquérants qui représentent la majorité des acquéreurs […]
La hausse enregistrée il y a deux ans ne pouvait durer […] cette crise est salutaire, elle a lissé les prix et une reprise devrait avoir lieu en 2010»
Quant au marché ariégeois (que l’on peut rapprocher de celui du Tarn et du Tarn et Garonne), on n’enregistre pas d’écart brutal du prix du m² entre 2008 et 2009.
Concernant les appartements anciens, ils affichent un prix moyen au m² de 1 320€ en baisse de 3,8% sur les douze derniers mois.
Ces données ne s’appliquent qu’aux villes de Foix, Pamiers, Saint Girons et Lavelanet, hors desquelles l’essentiel de l’habitat est constitué de maisons de ville ou de maisons individuelles.
Les prix varient à l’intérieur des secteurs, ainsi le prix moyen du m² dans la haute Ariège est de 1 421€, alors qu’il n’est que de 1 193€ dans le Pays d’Olmes-Basse Ariège.
Cet écart s’explique par l’attrait d’Ax les Thermes et les deux opérations de promotion immobilière qui tirent actuellement le marché vers le haut.
A contrario, les difficultés économiques du Pays d’Olmes (même s’il inclut dans les chiffres Pamiers, capitale économique de l’Ariège) tirent les prix à la baisse.
«On peut noter que les propriétaires font assez peu d’efforts pour réhabiliter le parc locatif à Lavelanet, malgré les aides possibles» ajoutait Me Barbe.
Pour les maisons anciennes, l’évolution des prix se situe dans une fourchette de -2 à 1% et un prix moyen au m² compris entre 120 000 et 150 000€.
Pour les mêmes raisons que pour les appartements, les maisons connaissent une grande disparité de prix selon les secteurs.
La haute Ariège tire son épingle du jeu avec une évolution des prix positive qui s’établit à 7,5% et un prix de vente moyen de 136 400€.
Dans le même temps, le Pays d’Olmes-Basse Ariège supporte une baisse de -10,5% sur douze mois avec un prix moyen de 130 100€.
Pour ce secteur, il convient toutefois de pondérer ces chiffres car si Lavelanet supporte une baisse de 4,6% avec un prix de vente moyen de 78 200€, dans le même temps Pamiers voit ses prix augmenter de 4,3% pour atteindre un prix de vente moyen de 156 300€.
Quant au Couserans, ce secteur est le reflet du phénomène départemental avec une hausse de 0,7%. Enfin les terrains à bâtir enregistrent une baisse sensible de l’ordre de 7,5% avec un prix moyen qui s’établit à 41 600€.
De l’avis de Me Barbe, les sujets britanniques qui, il y a quelques années encore, s’arrachaient l’immobilier ariégeois en Pays des Pyrénées Cathares, ont perdu 50% de leurs revenus du fait des problèmes rencontrés par la livre sterling.
«On a le sentiment qu’ils se sont repliés entre eux, ils essaient de vendre ou revendre entre eux leurs biens. Au niveau de la typologie de cette population, ce sont des retraités qui s’installent ou des personnes qui achètent une résidence secondaire»
Et d’ajoute pour conclure que «le marché immobilier est très disparate au sein même du département de l’Ariège. On assiste cependant à une relative stabilité des prix, voire même une légère tendance à la baisse […]
Un marché qui reflète la mutation économique du département dont le centre de gravité penche de plus en plus vers Pamiers»![]()
Télécharger Les tendances de l’immobilier par les notaires de l’Ariège (PDF, 474 Ko)
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