Depuis le début de la semaine, les journées se suivent et se ressemblent devant l’usine des Talcs de Luzenac.
Au 3ème jour d’un conflit social toujours pas résolu, 80% des salariés (selon les syndicats) sont toujours en grève.
Et la situation semble partie pour durer: les négociations qui ont eu lieu ce matin ont à nouveau échoué. Devant l’entrée de l’usine, le piquet de grève est solidement installé.
Pour Philippe Bastianelli (délégué du personnel Cgt), «il n’y a eu aucune avancée ce matin. La direction campe sur sa position. Ils durcissent même le discours. Et nous bien sur, on reste sur nos positions aussi...»
2,4% d’augmentation générale des salaires dans le cadre des NOA (négociations annuelles obligatoires).
Voila ce que réclament les syndicats Cgt et Fo de concert, pour tenir compte de l’inflation sur l’année 2011.
De son côté, la direction d’Imerys propose une augmentation générale de 1,8% (ainsi qu’un augmentation liée à l’ancienneté de 0,63% et un jour de congés supplémentaire pour les salariés handicapés).
Dans un communiqué, la direction précise par ailleurs «qu’il existe une politique d’intéressement qui a représenté un versement annuel de 5000 € (y compris abondement) en moyenne par salarié en 2011. En 2012 cette distribution sera d’un montant équivalent»
Mais le piquet de grève, les salariés évoquent une dégradation du climat social en général.
Il n’y a donc pas que le problème des salaires, comme l’explique Philippe Bastianelli, «ils ont signifié la fin de mission des intérimaires qui pour la plupart étaient depuis très longtemps dans l’entreprise. Ils nous ont aussi annoncé que pour la prochaine campagne d’extraction, il y aurait 10 saisonniers en moins»
Les salariés craignent donc de devoir compenser tout cela en interne (autant à la carrière qu’à l’usine) en exigeant d’eux une polyvalence accrue, «exemple: à la production, il faudra aussi avoir la casquette maintenance»
Depuis la reprise des Talcs par Imerys cet été, «ça s’est durci» constate globalement Jerome Cazalis (pour FO).
Reste à savoir dans ce bras de fer qui, de la direction ou des salariés, lâchera le premier. Le blocus des sorties et entrées à l’usine se poursuit.
«On est prêt à aller jusqu’au bout tant que les gens voudront suivre» affirme Jerome Cazalis (FO). Pour le délégué Cgt, «c’est de 2,4% d’augmentation. On ne bougera pas de là»
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