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Alterteam: le torchon brûle entre la direction et les salariés mis à pied

© midinews 2013

Licenciements abusifs, liquidation programmée, délocalisation… les accusations sont graves.

Ce matin, c’est devant le siège de l’entreprise Alterteam à Mirepoix, que les salariés mis à pied sont venus donner de la voix.

«On nous doit de l’argent nous n’avons pas été payés et nous dénonçons ces mises à pied qui ne reposent sur rien, ce sont des procédures de licenciements déguisées pour renouveler l’équipe de commerciaux, c’est pour cette raison que nous avons saisi les prud'hommes» explique Jean-Luc Pianca, commercial depuis deux ans.

Trois salariés sont concernés par cette procédure. En janvier, un de leur collègue a démissionné et plusieurs personnes sont en congés maladie.

Se joignent au cortège deux anciens graphistes indépendants dont la société Alterteam utiliserait les créations intellectuelles sans en avoir réglé les droits d’auteur.

A ces problèmes de mise à pied, des insinuations à peine voilées: «les clients sont mécontents, il sont payés mais le travail n’est pas réalisé», ou plus loin: «c’est un patron ripou qui sous des côtés paternalistes a tout manigancé pour laisser pourrir la situation ici, délocaliser à Castelnaudary où il pourra bénéficier de subventions supplémentaires avant d’installer en Espagne une nouvelle structure»

Du côté de Thierry Faget, le gérant, et de son nouveau directeur Christian Migliaccio, c’est l’incompréhension totale, ils parlent même de «complot»
Ce professionnel de la communication prend un ton affecté en évoquant l’ambiance qui s’est dégradée depuis les trois derniers mois: «les commerciaux se montent la tête […] cet état d’esprit et ce laisser-aller a induit des fautes graves (utilisation de la carte bleue de l’entreprise).

Notre service comptable passe actuellement les notes de frais au crible mais nous avons depuis la semaine dernière entamé une procédure de mise à pied pour trois personnes avec des mesures conservatoires, une mise à l’écart de notre clientèle et de l’entreprise salutaire pour tous
»

De plus, en période de crise, Alterteam dont le cœur d’activité est la publicité, connaît une baisse de régime: «nous n’avons plus de commerciaux sur les routes et nous enregistrons un creux dans la trésorerie. Il y a certes un retard de trésorerie mais il n’y a pas volonté de nuire, dès la semaine prochaine tous les salariés serons payés»

Des difficultés passagères qui n’entament pas les projets de Thierry Faget pour son entreprise: «ils sont ambitieux: nous envisageons d’ouvrir une agence à Rennes et une à Lyon… tout est fait dans la plus grande transparence vis-à-vis des salariés à qui on a présenté en 2012 le business plan»

Quand on évoque un futur rapprochement avec l’Aude ou l’Espagne c’est en toute sérénité qu’il justifie ses propos: «nous avons un projet R&D stratégique, il nous faut nous entourer de compétences et pour bénéficier de mesures d’accompagnement, le Languedoc Roussillon offre des aides aux entreprises innovantes non technologiques auxquelles nous pourrions prétendre. C’est pour cette raison que nous avons pris attache avec la pépinière d’entreprises CréAude à Castelnaudary.

Quant à l’Espagne nous avons un nouveau fournisseur à Gérone mais cela s’arrête là. Nous sommes à Mirepoix et nous comptons y rester, pour preuve nous allons louer un nouveau local de 300 m² à l’entrée de ville pour regrouper tout le monde
»

Un discours qui peine à convaincre les salariés écartés car entre temps ils ont découvert un courriel échangé entre le gérant et son directeur (et dont nous avons eu connaissance).

Laurence Cabrol | 19/04/2013 - 18:31 | Lu: 88844 fois