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Le Bois, trésor insoupçonné de l'Ariège?
12/03/2010 | 20:46
© MidiNews 2010

Des hêtres, des sapins pectinés, des châtaigniers, des robiniers faux-acacia, des chênes, des frênes… que ce soit sur le piémont ou en montagne, l’Ariège regorge d’une richesse encore ignorée ou au moins trop peu valorisée: la forêt.

Sur le territoire du PNR (Parc Naturel Régional) par exemple, 51 % des surfaces sont occupées par les bois (contre environ 22% au niveau national).

Pourtant, on n’y récolterait qu’un quart de l’accroissement annuel de la forêt.

Car si on a souvent en tête l’exemple de forêts qui reculent sous les coups portés par l’homme (en Amazonie par exemple), en Ariège la situation est inverse: la forêt prend ses aises.
Elle avance et croît en moyenne de 700 hectares par an.

Pourtant, force est de constater que la ressource reste sous-exploitée dans le département.
L’Ariège aurait donc sous les yeux un trésor laissé à l’abandon.

Car les utilisations du bois sont diverses.

Il y a le très à la mode «bois combustible» (en granulés, en copeaux ou en bûche) qui sert à la production d’énergie, le classique «bois d’industrie» (pour la papeterie par exemple), et enfin le plus noble «bois d’œuvre», destiné à la menuiserie, la charpenterie, et les constructions en général.

A noter que ces différentes branches ne se font pas concurrence entre elles, elles sont même complémentaires: ne sont utilisés pour servir de combustible que des bois de «mauvaise qualité» qui ne pourrait pas servir au bois d’œuvre par exemple.

«Une prise de conscience»

Voici un des premiers déclics qui pourrait propulser la filière selon Elodie Roulier, chargée de mission «forêt-bois» du PNR (ainsi qu’à la communauté de communes du Seronais).

Car au delà d’un frein naturel à l’utilisation du bois, (plus de 70% des forêts sont très pentues en Ariège), le principal problème est que la majorité des bois n’appartient pas à la communauté, «les forêts appartiennent majoritairement à des propriétaires privés qui ont de toutes petites parcelles (90% d’entre eux ont moins de 4 hectares), et c’est l’espace minimum pour pouvoir envisager une exploitation»

Dans les années à venir, le plus gros du travail pour booster le secteur sera donc d’encourager ces propriétaires pour qu’ils se regroupent, ou qu’ils exploitent la ressource.

Avec un autre enjeu en amont: créer une filière locale (c'est-à-dire trouver des débouchés pour ces bois locaux).

Un processus déjà lancé au sein de la Communauté de Commune du Seronais où 6 communes se sont tournées vers un système de chauffage au bois, directement extrait des bois communaux.

C’est le cas de Rimont (530 habitants) où le maire, Pierre Soula, est par ailleurs président de deux syndicats forestiers.

Il explique: «la production de ces plaquettes qui servent de combustible est une manière de valoriser un produit qui n’aurait pas d’autres débouchés»

Le projet, qui devrait aboutir en octobre, permettra de chauffer les bâtiments communaux ainsi que des particuliers (une soixantaine d’entre eux se seraient déclarés intéressés lors d’une réunion publique).

Le chauffage au bois permet aussi (à plus ou moins long terme) de régler le problème de l’épuisement des énergies fossiles, dont le prix flambera tôt ou tard.

Le prix de la ressource bois devrait quant à lui très peu évoluer: «si le prix de l’essence augmente, il ne sera impacté que de 10% du montant» affirme Pierre Soula.

La filière est aussi potentiellement riche en emploi, avec des acteurs divers: bûcherons, transporteurs, scieurs, menuisiers, charpentiers, ébénistes, etc.

«On dit que pour chaque 500 tonnes de bois, il y a un emploi créé.
Donc avec notre projet à Rimont, qui représente 1000 tonnes par an, on crée potentiellement 2 emplois
» explique le maire de Rimont.

Bien sûr, selon Elodie Roulier, l’exploitation du bois peut et doit se combiner avec le respect de la nature.

C’est en tout cas la vision défendue par le PNR, «la gestion forestière n’est pas incompatible avec une qualité paysagère maintenue et la préservation de notre richesse écologique» explique-t-elle.

Par ailleurs, une partie de la forêt (en haute montagne notamment) restera toujours non-exploitée et non gérée par l’homme, pour des raisons économiques et écologiques surtout.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 12/03/2010 | 20:46 | Lu: 14536 fois