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Education et ENT: Les élus passent au tableau numérique
10/06/2010 | 21:02
© MidiNews 2010
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La visite d’Augustin Bonrepaux sur le canton de Lavelanet était placée sous le signe de l’éducation et des environnements numériques de travail.

Un dossier suivi de près par le conseil général de l’Ariège qui dès 2003, dans le cadre des assises nationales du défi numérique en zone de montagne, a ouvert le débat sur les problématiques de la réduction de la fracture numérique des départements ruraux.

A partir de là, un projet ambitieux a été impulsé, Alticom, le haut débit en Ariège, ayant pour objectif de réaliser un réseau haut débit alternatif sur le département.

Aujourd’hui grâce au soutien du département, de la Région, de l’Etat, et de l’Europe, le réseau du haut débit ariégeois est une réalité qui fait bien des envieux dans les autres départements ruraux de l’hexagone.

Il combine les technologies classiques (fibre optique, DSL…) et alternatives (satellite, voie hertzienne…) compatibles avec les réseaux de tous les opérateurs.

Dans la foulée, en complet partenariat avec le rectorat Midi-Pyrénées, l’inspection d’Académie, les chefs d’établissements et les enseignants volontaires, le schéma départemental d’informatisation des collèges a été mis en place, visant à renforcer l’égalité des chances pour la jeunesse.

A ce jour, 200 000€ par an sont dévolus par l’assemblée départementale à l’achat de matériel informatique; sur les 100 serveurs utilisés, 45 ont été installés par le département ainsi que 1278 ordinateurs (soit un ordinateur de moins de 5 ans pour 5 élèves).

Après une première phase d’expérimentation qui a démarré en 2002 par une étude de faisabilité réalisée par la Caisse des dépôts et consignations, trois collèges ariégeois ont été choisis (Seix, Pierre Bayle à Pamiers, Lakanal à Foix et la cité scolaire du Couserans).

Cette expérimentation a permis de mesurer l’impact des ENT dans les domaines de la vie scolaire et de la pédagogie et de modéliser le projet de son déploiement sur l’ensemble des collèges et lycées ariégeois.

Six autres départements de Midi-Pyrénées ont rejoint ce programme, l’objectif étant de généraliser l’ENT dans les cinq ans à venir.

Si tous les collèges doivent être équipés d’un ENT d’ici la fin 2010, le nouveau défi consiste en l’expérimentation de l’utilisation de manuels numériques par des classes de 6ème puis à le rentrée 2010 par celles de 5ème.

L’objectif principal étant d’alléger le poids du cartable, l’élève dispose des manuels numériques en classe et conserve les livres papier à son domicile.

Là aussi un partenariat a été instauré entre l’Etat et les collectivités territoriales: signature d’une convention tripartite entre ministère, rectorat et conseils généraux, le ministère assurant l’achat des licences et manuels et le Département le matériel nécessaire (120 000€ d’équipement, 100 000€ pour le câblage et le mobilier pour les 6e).

A Lavelanet, les collèges Louis Pasteur et Victor Hugo ont été retenus pour expérimenter les livres numériques.

Aussi le président Bonrepaux, accompagné de Daniel Subervielle, inspecteur d’Académie, Marc Sanchez, maire de la ville, des élus cantonaux et des techniciens du conseil Général, ont été accueillis par François Montlaur, principal du collège Victor-Hugo pour assister à un cours de mathématiques un peu particulier…

Pour lui «les Environnements Numériques de Travail (les fameux ENT) et l’informatique constituent un plus et non un moins»

Quant à Sébastien Hot, le jeune professeur de mathématiques très à l’aise dans ce nouvel environnement de travail, «l’aspect interactif améliore les résultats, les élèves sont volontaires pour passer au tableau blanc interactif qui est rapidement devenu un outil familier […]
C’est un gain de temps appréciable pour tous
»

Si les enfants font preuve d’agilité et affichent leur enthousiasme, Augustin Bonrepaux est davantage réservé sur l’avenir du cartable numérique: «certes les enfants qui ont un ordinateur pourront travailler quand ils le souhaitent mais je crains que ces pratiques n’engendrent des inégalités supplémentaires pour ceux qui n’ont pas les moyens de se payer un ordinateur […]

Quant aux livres numériques, il faut des logiciels: qui va les financer?
Le département est maitre d’œuvre des ENT, il finance déjà l’équipement informatique mais il n’a pas les moyens de financer le matériel pédagogique, la formation des enseignants et des formateurs, la prise en charge des coûts de fonctionnement et la maintenance des systèmes […]

Au final avons-nous aujourd’hui les moyens de suivre l’évolution numérique sans accroître les inégalités? C’est la question qui se pose à nous
»

De son côté, l’inspecteur d’Académie ne tarit pas d’éloges sur ce nouveau procédé d’apprentissage: «les enfants sont capables de sélectionner des informations, les traiter autrement, revenir en arrière, ils sont très autonomes dans l’accès d’un certain nombre de ressources […] c’est également un formidable apprentissage de la rigueur»

Quant aux enfants, les premiers concernés, l’univers des ENT leur est aussi familier que celui des jeux vidéo… Mais le sera-t-il autant que celui des livres, la question reste entière.

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 10/06/2010 | 21:02 | Lu: 14941 fois