Entre Tarascon et l'usine des Eaux du Montcalm au dessus d'Auzat, la vallée a vu fleurir cette nuit une multitude d'inscriptions et de messages visant la direction du groupe producteur d'eaux minérales.
«Patron Voyou !», «Martin solutions, Vermande démission !», «Non aux licenciements !», des messages à la mesure de la colère des salariés et de leur détermination à poursuivre leur action quand 8 d'entre eux sont toujours menacés de licenciement.
Des mises en garde que n'ont pas pu rater les membres de la direction du groupe, en montant vers l'usine pour participer à une réunion avec les délégués du personnel.
Mais la rencontre n'a malheureusement pas pu déboucher sur un accord.
Selon David, délégué du personnel, «les négociations ont été houleuses. Ils maintiennent leur position concernant les licenciements et nous maintenons la nôtre»
Car pour les salariés, pas question d'entendre parler de licenciements.
«Nous sommes prêts à aller jusqu'au bout. Ils craqueront avant nous» affirme l'un d'entre eux.
Pour Julien (salarié de l'entreprise), «il faut pointer les vrais responsables, il faut que ce soit eux qui assument la baisse d'activité, et la perte des marchés que nous subissons»
La direction de son côté, justifie ses choix par les difficultés économiques rencontrées par le site.
Selon elle, il faut mettre en place des mesures drastiques pour permettre au site de faire face à une très forte concurrence sur ce secteur.
François-Pierre Martin, directeur général de la société des Eaux du Montcalm expliquait il y a quelques jours «nous avons perdu 60% de nos clients depuis 2007.
Le site a un problème de compétitivité: son prix de revient est bien trop important par rapports aux concurrents (...)
On ne peut pas rester sans adapter le site et l'effectif du site à sa production»
Après cette réunion qui n'a pas abouti, le bras de fer se poursuit.
A 20h, vendredi soir, après une journée sous tension, les négociations étaient dans l'impasse, chacun campant sur ses positions: les salariés refusant les huit licenciements secs et la direction arguant des licenciements pour assainir la situation financière du site ariégeois.
Coup de théâtre à 21h50, les représentants de la direction sortent et annoncent qu'ils viennent de faire constater par huissier que la réunion des délégués du personnel avait été ouverte et que personne ne s'y était présenté, mettant ainsi fin à la période de négociation et indiquant qu'ils enverraient les 8 lettres de licenciement dès lundi.
Face à la réaction des salariés, ils doivent se retrancher à l'intérieur de l'usine où ils risquent de passer la nuit.
Entre temps, à 23h30, Dominique Christian, Secrétaire générale de la préfecture arrive sur site et tente de déminer la situation devenue électrique.
La représentante des services de l'Etat propose une table ronde lundi à 13h (avec la direction de St Amand, le directeur du site des eaux du Montcalm, les délégués du personnel et deux représentants syndicaux) et donne aux dirigeants du groupe deux jours de réflexion pour une solution alternative aux huit licenciements: à savoir 8 à 10 mois de chômage partiel avec une aide de l'Etat.
Rendez-vous lundi 2 août à 13h en Préfecture.
Les salariés ont voté la reconduction de la grève dans l'attente de la décision rendue lundi prochain.
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