La vallée des orris, au-dessus du lac du Soulcem, conduisant au port de Bouet vers le Val Ferrera ou au port du Rat vers l’Andorre, est désormais connue pour son patrimoine pastoral vernaculaire.
En effet, en suivant la longue piste empruntée par les troupeaux lors de la transhumance conduisant du Carla au Lasbinas, de curieux abris de pierres sèches sont autant de témoignages d’une tradition parvenue de la nuit des temps.
En effet, jusqu’avant la guerre de 1914, il était coutume d’envoyer les personnes les moins utiles aux travaux de fenaison qui se déroulaient dans la vallée (les anciens, les femmes et les enfants) à l’orri pour surveiller les bêtes sur les estives et fabriquer du fromage.
On disait «faire l’orri» pour désigner cette transhumance estivale.
Aujourd’hui, on ne dénombre pas moins de 150 orris dans cette vallée glacière, certains sont encore entretenus, d’autres ont été récemment restaurés (une association d’insertion par le travail a réalisé pour le compte de la communauté des communes ces travaux de restauration) et tous participent à l’évocation du souvenir pastoral de la vallée.
Un souvenir entretenu par les anciens et les éleveurs comme Joseph Bernadac qui se souvient du temps où ses aïeux participaient à cette transhumance collective.
Il est vrai qu’avant les années 1940, plus de 36 000 bêtes de bétail transhumaient de juin à septembre sur les estives du Haut-Vicdessos, vallées d’Artiès, de Bassiès, Soulcem, d’Artigues entre 1300 et 2400m d’altitude.
Aujourd’hui, moutons et bovins pacagent seuls; le berger ne vient qu’une fois par semaine pour voir si tout se passe bien.
Il est désormais logé dans une cabane de berger construite grâce aux fonds européens, disposant de tout le confort moderne: douche, panneaux solaires, etc…
On est loin de ces constructions dites en tas de charge, au confort rudimentaire, servant d’abris en cas de mauvais temps.
Dans cette vallée, l’orri est construit dans une pente, loin des couloirs d’avalanche, orienté plein sud, souvent sur une plate forme aplanie, à partir d’un rocher d’appui.
Sa forme est généralement circulaire, des niches sommaires sont aménagées dans les murs épais, le berger dormait sur le jas, une couche surélevée.
Les ustensiles du berger comme la cubelha, sorte de seau à lait taillé dans la masse du bois, ont aujourd’hui disparus des orris; ils ont fait le bonheur dans les années 60 de quelques revendeurs dans les bocantes.
On peut encore en admirer dans les musées d’art et traditions populaires comme au Musée Pyrénéen de Niaux où Max Dejean a réussi à rassembler une collection unique, qu’il nous fait découvrir toute l’année avec passion.
Musée Pyrénéens de Niaux: 05 61 05 88 36
Maison des patrimoines d’Auzat: 05 61 02 75 98
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