S’il est bien un homme qui refuse obstinément la facilité et la routine, c’est bien David Lively, pianiste exceptionnel, mais aussi, et surtout pour les Ariégeois, directeur artistique du festival de musique de Saint Lizier et du Couserans.
Pour sa trente neuvième édition, «le festival de plus ancien en Midi-Pyrénées» comme se plait à le souligner Roger Fauroux, son président, David Lively et toute l’équipe de bénévoles qui l’entoure s’étaient imposés deux nouveaux défis:
• Ouvrir largement, et quotidiennement, dans les locaux rénovés de l’ancien palais des Évêques, des master-classes aux futurs concertistes,
• Poursuivre la «décentralisation» du festival sur l’ensemble du Couserans.
Paris largement gagnés sur les deux tableaux, puisque, dans le cadre de «l’académie libre de David Lively» créée en 2009, Felicity Lott, Gaëlle Thouvenin, Anssi Karttunen, David Lively et Raphaël Oleg ont pu dispenser dans les meilleures conditions leurs connaissances à ces jeunes artiste venus, outre des «quatre coins de l’hexagone», comme l’on a coutume de dire, des grands conservatoires nationaux, de Grèce, de Serbie, d’Albanie, de Guadeloupe ou de Delhi en Inde.
Par cette action, le festival confirme ainsi une stature internationale que nul ne saurait désormais lui contester.
Organiser un concert sur les hauteurs de Guzet-Neige était une véritable gageure, et un autre défi largement gagné avec un diner-concert à quatre mains, orchestré par deux maîtres du piano, chacun dans son art, David Lively pour les plaisirs de l’esprit, Paul Fontvielle pour ceux du corps.
Si l’église de Seix est habituée à recevoir des concertistes de talents, tel n’est pas le cas pour la grotte du Mas d’Azil qui, même si ce n’était pas une première, ne s’ouvre que depuis peu aux plaisirs des sens.
Dans tous les cas, les spectacles ont rassemblé, autour de concerts prestigieux, de très nombreux spectateurs.
Il convient de souligner la très haute tenue des concerts, à l’image des deux galas de clôture, encore une innovation pour le moins originale, donnés dans le jardin du cloître, sous les lueurs conjuguées de «cette obscure clarté qui tombe des étoiles», et de vacillantes mais efficaces chandelles, par le maître et le Quatuor Terpsycordes.
Au programme: Un double hommage à Frédéric Chopin et Robert Schumann, qui auraient eu tous les deux, s’ils avaient été aussi immortels que leur musique, deux cents ans cette année.
A la sortie de ce dernier concert au cours duquel les cinq artistes, à l’issue de nombreux rappels, ont joué deux pièces, non prévues au programme, du maître du romantisme allemand, David Lively, redevenu directeur artistique a promis, «pour 2011, quarantième anniversaire du festival, de nouvelles aventures artistiques»...
Pour le plus grand plaisir d’un public qualifié de «remarquable par sa capacité d’écoute, et le respect dévolu à la musique et à ses interprètes»
PS: A noter que, contrairement à l’année précédente (voir notre article du 19/08/09), nul rapace nocturne n’est venu troubler la sérénité du concert…
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