11 décès, 160 personnes secourues depuis le début de l’année dont 57 interventions pendant le seul mois de juillet (contre 38 en 2009)… Le bilan est lourd à la mesure de l’activité en montagne qui n’a jamais été aussi importante.
Phénomène de mode ou réalité économique (avec la crise les français restent dans l’hexagone) il faut bien convenir que l’été 2010 aura été celui de tous les dangers en montagne où l’on a dénombré sept décès de randonneurs.
Au Peloton de gendarmerie de Haute Montagne (PGHM) de Savignac les Ormeaux, les professionnels du secours enregistrent 4 à 5 alertes par jour et sortent 2 à 4 fois selon la météo.
«Quand le régulateur peut orienter les gens par téléphone pour leur permettre de retrouver leur chemin c’est bien mais souvent cela ne suffit pas […]
Il faut intervenir rapidement, quand les conditions météo le permettent on alerte l’hélicoptère et deux gendarmes en poste à l’aérodrome des Pujols» explique le Lt Emmanuel Fauvet, responsable de cette équipe de douze professionnels rompus aux secours en montagne.
Sur 160 personnes secourues, 65% des interventions ont été réalisées par hélicoptère et 35% à pieds (interventions terrestres nécessitant 6 gendarmes du PGHM et souvent avec des renforts de l’extérieur: pompiers, brigades de gendarmerie).
«Les chiffres s’équilibrent depuis une dizaine d’années; par contre, nous assistons actuellement à deux phénomènes nouveaux: une plus grande fréquentation de la montagne et une pratique solitaire qui favorise l’intervention de secours» poursuit le responsable du PGHM.
L’adjudant Jean-François Guilhem se souvient d’un récent épisode de secours: il y a deux jours au-dessus d’Aston, un jeune de 10 ans part en randonnée avec son grand-père, apparemment un fringant septuagénaire mais qui dans une montée est subitement pris d’un malaise.
Le garçonnet n’hésite pas à courir chercher du secours… il rencontre des randonneurs avec un téléphone qui alertent le PGHM.
L’intervention se fait par hélicoptère, la décision doit être prise rapidement, il s’agit d’un problème cardiaque: les secouristes décident sans tarder de l’évacuer sur Chiva ou à son arrivé il est tout de suite pris en main et sauvé.
«Il y a de plus en plus de personnes qui partent seules et qui ne sont pas signalées perdues, c’est par hasard que leurs corps sont découverts […] ou qui se séparent d’un groupe car trop fatiguées pour continuer […]
Enfin, nous sommes aussi intervenus suite à une dispute dans un couple, le mari à parcouru plus de 17km dans un sens et la femme nous a alerté dans l’autre sens […] on imagine les retrouvailles !»
Par contre, il existe toujours les mêmes irréductibles qui ne connaissant pas le milieu et s’aventurent en «tongs» et autres sandalettes sur les sentiers de randonnées, souvent sans eau, ni vêtements chauds.
«On voit tous les cas de figure; la montagne est un milieu accessible par les sentiers de randonnées mais dangereux surtout quand on part seul, mal équipé et que l’on s’éloigne de ces sentiers […]
C’est aussi pour cette raison que nous faisons aussi de la prévention comme aujourd’hui sur le parking de la réserve d’Orlu ou demain sur un site d’escalade et de canyon»
Ce matin les gendarme du PGHM sont allés à la rencontre des randonneurs: «nous leur demandons s’ils ont vérifié la météo, s’ils sont bien équipés, dotés de bouteilles d’eau» explique le l’adjudant Guilhem.
«Il nous arrive régulièrement de vérifier les diplômes des accompagnateurs (en relation avec la jeunesse et sports) pour savoir s’ils sont en règle et en capacité d’accompagner un groupe»
Enfin, autre particularité ariégeoise répertoriée par le Lt Fauvet, c’est la complexité de la montagne ariégeoise, couverte de forêts très denses et dont les sommets, comme la dent d’Orlu, peuvent réserver bien des surprises.
«Il est souvent difficile de faire la part des choses pour un randonneur, de savoir ce qui est de son domaine ou de celui de l’alpiniste.
La face Nord de la Dent d’Orlu est propice à la randonnée et à l’escalade de haut niveau… quand on ne connait pas, il suffit de quelques mètres pour faire une chute de plus de 1000 mètres de dénivelés.
D’où la nécessité de préparer sa sortie en demandant des renseignements auprès des professionnels et de connaître ses limites»
L’été n’est pas fini pour Emmanuel Fauvet et ses hommes d’où la nécessité de faire preuve de vigilance.
A noter que le PGHM a mis en place un site internet qui permet de découvrir les conditions en montagne en temps réel.
Un outil à utiliser sans modération pour partir en toute sécurité: http://www.pghm-ariege.com
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PGHM de Savignac les Ormeaux: les professionnels du secours sur tous les fronts
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