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La Pénibilité : «casse-tête» de la réforme des Retraites?
03/09/2010 | 19:06
© MidiNews 2010

Un ouvrier vivrait en moyenne 6 ans de moins qu'un cadre.

Et lors de sa présentation des grands axes de la réforme des retraites, Eric Woerth a assuré que la pénibilité du travail serait prise en compte pour que certains (pouvant justifier d'un taux d'incapacité de 20%) puissent partir à la retraite plus tôt (à 60 ans au lieu de 62 ans).
Mais pour l'opposition et les syndicats, la définition qu'il donne est trop restrictive.

Car qu'est-ce qu'un travail pénible? On pense souvent à ceux qui travaillent dans un environnement agressif (comme dans le BTP), à ceux qui ont des rythmes de travail difficiles (la nuit par exemple), ou à ceux qui sont exposés à des produits toxiques.

Mais le gouvernement ne veut pas établir une liste de métiers plus difficiles que d'autres: la pénibilité serait donc évaluée au cas par cas.

«Ce départ pour pénibilité ne s'appliquera qu'aux personnes qui peuvent justifier d'une incapacité de travail d'au moins 20%, pour avoir une rente pour maladie professionnelle ou accident de travail» rappelle Danielle Surre (présidente départementale de la FNATH, association des accidentés de la vie).

La FNATH milite depuis 1921 pour améliorer les droits des accidentés de la vie, et la structure n'est pas vraiment en phase avec les réponses apportées par la réforme.

La représentante de cette association d'utilité publique raconte d'ailleurs: «nous recevons par exemple des ouvriers qui font toujours les mêmes gestes comme les garagistes, les travailleurs du bâtiment, les femmes de ménages, etc.
Puis il y a ceux qui ont un accident et qui restent handicapés
»

Elle ajoute: «ce qui me déplait dans cette réforme c'est qu'un médecin expert devra donner un avis. Mais que se passe-t-il s'il est contre?

Nous voulons que le gouvernement reconnaisse les métiers pénibles, et établisse une grille de ces professions
»

Sylvie Périlhou, médecin du travail en Ariège, n'est pas du même avis.

Selon elle, la définition de la pénibilité est beaucoup trop complexe pour lister des métiers, «les gens qui me demandent de les déclarer inaptes le font le plus souvent pour des souffrances psychologiques.
Et non pas par rapport à des problèmes purement physiques
»

Et d'ajouter, «les gens souffrent par rapport à la relation avec la hiérarchie, à leurs collègues, à leur clientèle, à l'organisation du travail, à des charges de travail qui augmentent.

Au sein de l'ASTA (Association Santé au Travail Ariège), nous avons une psychologue qui est débordée»

Elle se rappelle: «avant, quand une machine était dangereuse, on mettait un cache. Quand il y avait de la poussière, on mettait une aspiration.

Quand il y avait du bruit, on mettait des bouchons. Maintenant, c'est beaucoup plus compliqué
»

Elle s'interroge: «un cadre commercial ne soulève pas de poids. Mais vous pensez qu'il n'est pas stressé ?»

Néanmoins pour le ministre, cette retraite anticipée représente «un droit sans précédent en Europe qui concerne 10 000 personnes par an»

L'assemblée nationale quant à elle, continue son travail de débat sur les retraites (débuté mardi).

Et l'examen des mesures liées à la pénibilité devrait être repoussé au dernier jour d'étude du dossier en commission.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 03/09/2010 | 19:06 | Lu: 12647 fois