Outre le golf, la convivialité et la gastronomie, les Rencontres en Séronais sont chaque année l’occasion de porter sur la place publique, grâce au grand débat organisé par Jacques Verdier de Midi Olympique*, des sujets qui agitent le monde de l’Ovalie.
Cette année les plus grands spécialistes se sont penchés sur l’arbitrage.
C’est autour de Didier Mené, président national des arbitres, et Romain Poite, arbitre international, que professionnels et public ont échangé sur l’arbitrage à trois, la sécurité, la vidéo ou encore les nouvelles règles du rugby qui semblerait-il font encore débat.
Alors que Romain Poite n’y trouve que des avantages, Fabien Pelous, ancien capitaine du XV de France, est favorable à mettre une limite à l’utilisation de la vidéo: «j’ai l’impression que l’on se tire une balle dans le pied avec son utilisation […]
Parmi les valeurs du rugby il y a l’obéissance aux décisions de l’arbitre, sur le terrain on se moque de l’argent, il n’y a que les valeurs du sport […] réfléchissons plutôt sur le rôle de l’arbitre dans les valeurs du sport»
Et le président Camou d’ajouter: «la règle c’est d’accepter aussi la défaite»
Pour Henri Nayrou, «c’est une question d’éthique, les arbitres sont indépendants et si pour leur tranquillité d’esprit ils ont besoin de vidéo, pourquoi pas […]
Dans l’esprit britannique, l’arbitre est un joueur comme les autres, il peut lui aussi faire des en-avant et se tromper»
Quant aux nouvelles directives (elles existent tout de même depuis 2002 et en Nouvelle Zélande depuis vingt ans!), pour le président Camou, le maitre mot c’est la sécurité sur les terrains: limitation de poussée, règles par catégories pour éviter les accidents graves et surtout grand retour du joug dans l’apprentissage des mêlées.
«De mon temps, se souvient le président de la FFR, on passait à chaque entrainement une heure au joug […] il y a une évolution de la mêlée de 1966 à nos jours, il faut respecter le joueur et je serai intransigeant pour faire appliquer les règles de sécurité à tous les niveaux»
Enfin, concernant l’arbitrage le DTN, Jean-Claude Skrela a précisé: «les arbitres ne travaillent plus seuls, ils sont en relation avec des entraineurs et peuvent s’appuyer sur une structure […]
Il faut ensemble veiller au respect des règles et des codes de bonne conduite»
«L’arbitre c’est aussi un compétiteur, ajoute Didier Mené, il veut être performant mais peut lui aussi faire des erreurs et c’en est le premier malheureux […]
Certes, il est cependant plus facile de taper sur l’arbitre que sur les erreurs de jeu d’une équipe […] il faut savoir que les erreurs nous font évoluer»
Il a été ensuite question de la professionnalisation des arbitres (actuellement il y a en France trois arbitres professionnels rétribués par la Fédération et par la LNR)…
Certains ont évoqué l’indépendance économique et l’indépendance d’esprit des arbitres avant de trancher: «l‘avenir de la profession pourrait se trouver dans une solution médiane, l’arbitre pourrait avoir à 80% une activité professionnelle et se consacrer 20% de son temps à l’arbitrage»
Avant de conclure ce débat très animé, trois arbitres ariégeois ont été récompensés: Cédric Marchand arbitre du Top 14, Patrick Chêne et M. Paoletti.
*à retrouver sur Midi Olympique dans l'édition du lundi 6 septembre
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