Un appartement de type 3 de 59 m², pour un loyer de 347 euros sans les charges, dans une bâtisse classée monument historique au centre de Varilhes...
Ce descriptif alléchant décrit à lui seul les différentes facettes du projet qui vient d’aboutir à Varilhes: résultat d’un pari à la fois économique, social et architectural.
Car dans le même édifice, 8 logements sociaux ont été rénovés, dont 5 dits «très sociaux» réservés aux familles les plus modestes.
Voila pour la facette sociale du projet. Mais côté architectural, le défi était aussi de taille.
La bâtisse, datant de 1380, était la maison de famille d’un ancien précepteur de Varilhes.
«C’était un projet colossal, au vu des travaux à réaliser, et parce que c’était un bâtiment classé, il y avait d’importantes contraintes» précise Cédric Bonnefont, du bureau d’étude «Expertise et Patrimoine»
Sous l’égide de l’architecte des bâtiment de France, l’édifice médiéval a donc gardé sa façade à colombage, ses encadrement de porte d’origine et son imposant escalier en bois.
Cédric Bonnefont se rappelle d’ailleurs, «la bâtisse classée monument historique était vacante depuis plusieurs décennies, dans un état d’insalubrité avancée.
Des investisseurs ont fait le choix et le pari de s’en porter acquéreurs pour le rénover, et à des fins sociales»
C’est d’ailleurs grâce à cette étiquette «sociale» que cet investisseur a reçu divers soutiens financiers dans sa démarche: celui de la communautés de communes du canton de Varilhes, celui de l’Etat ( à travers l’ANAH 09), et celui du Conseil Général.
Pour des travaux qui ont quand même coûté 1 560 000 euros, et où près de 200 000 euros ont été subventionnés.
«Voici le résultat d’un partenariat intelligent entre public et privé» se réjouit Roger Sicre, président de la communauté de communes de Varilhes.
Un projet qui va aussi dans le sens d’un approche plus globale.
Grâce à un programme d’amélioration de l’habitat (dit PIG, ou programme d’intérêt général), 57 logements locatifs sociaux ou très sociaux de plus ont été loués, grâce à des aides apportées aux propriétaires.
Pour les obtenir, ceux ci doivent s’engager à louer à des personnes ne dépassant pas un certain plafond de ressources, et à respecter des limites maximum pour les loyers.
De même, 21 propriétaires (occupants leur logement) ont aussi perçu des subventions pour sortir de l’insalubrité, réaliser des travaux d’adaptation au handicap, ou d’économie d’énergie.
Cette politique vise en fait à pallier un triste constat et record national: celui de la 4ème place de l’Ariège en terme d’insalubrité des logements.
Et comme l’a rappelé Jacques Billant, préfet de l’Ariège, le besoin reste grand, «près de 80% de la population serait éligible au parc locatif social dans le département»
Quant à Roger Sicre, il insiste «nous sommes sur un territoire avec une croissance démographique importante et un marché du locatif très tendu.
Les élus se sont donc engagés pour accompagner la création ou la réhabilitation des logements sociaux»
A noter qu’en 2009, 120 logements sociaux publics (et 231 privées) ont été créés.
Le nombre de logements sociaux reste néanmoins encore trop bas en Ariège (avec seulement 20 logements pour 1000 habitants en 2008, contre 37 logements pour 1000 habitants en Midi-Pyrénées).
Ce projet abouti à Varilhes démontre néanmoins que la réponse face à ces chiffres, en plus d’être quantitative, peut aussi être qualitative.
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