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Saurat: «un havre de paix» aux confins de la Haute-Ariège?
06/08/2012 | 17:08
© MidiNews (archives)

Au carrefour de la vallée de la Courbière et de Saurat, ce petit village de 700 âmes, réputé pour son festival du conte et son marché artisanal, connaît en cette période estivale une animation inhabituelle.

Outre l’afflux de vacanciers, coutumier en cette période de l’année, une poignée de Sauratois se plaignent depuis quelques temps de «nuisances sonores» qu’occasionnerait un des seuls commerces de ce paisible petit village.

Le bistrot, pour ne pas le nommer, lieu de vie et de cohésion sociale, organiserait selon ses détracteurs des soirées thématiques «alcoolisées et sonores sans aucune autorisation, se défiant totalement des lois et des règlementations qui ont cours en la matière»

Emmanuel, un riverain excédé, ne sachant plus vers qui se tourner, nous a contactés car il juge aujourd’hui la situation intenable: «c’est deux à trois fois par semaine que le gérant de cet établissement organise ces soirées qui durent souvent bien après 2 heures du matin…

La musique techno fait trembler les murs et malgré les démarches des proches voisins rien ne change. La gendarmerie et la mairie sont impuissantes devant cette situation
»

Ce Sauratois qui n’habite la maison familiale que cinq mois par an mais qui aspire à une totale quiétude se dit touché de plein fouet: «depuis plusieurs années on assiste impuissants à la métamorphose de cet établissement. Les différents gérants qui se sont succédé en ont fait une boîte de nuit.

Certes la gendarmerie patrouille de temps en temps mais ce n’est pas une amende de 35 euros qui va arrêter cette activité nocturne au demeurant lucrative pour ce bar (une seule soirée peut lui rapporter 1500 euros!).

Aujourd’hui je dénonce un peu cette impunité… ici les gens ont peur, c’est pour cette raison qu’il n’y a pas de plaintes déposées
»

Du côté de la municipalité, Anne-Marie Basseras, maire du village qui mène au nom de sa commune et de ses administrés depuis plusieurs mois un combat contre l’implantation d’une antenne relais, connait bien les problèmes de nuisances:

«Cet établissement est transformé en boîte de nuit avec boule à facettes au plafond et musique techno. J’envoie régulièrement des courriers au gérant du café pour lui rappeler les normes relatives aux nuisances sonores, son obligation de fermer son établissement à 2h du matin.

Je lui ai également demandé de réaliser des travaux pour se mettre aux normes… il a eu le toupet de me demander une subvention !
»

Le torchon brûle entre le premier magistrat et le tenancier du café, même si les rapports sont courtois, ils restent cependant tendus: «j’alerte régulièrement la gendarmerie mais par miracle à ce moment là il n’y a jamais de bruit!

Tant et si bien que je vais me tourner vers les services de la préfecture pour savoir ce qu’il y a lieu de faire
», tempête la première magistrate.

De son côté, Stéphane, le gérant de l’établissement, dénonce les «mesquineries» faites à son égard: il y a trois ans, ce quadra père de famille s’est endetté pour l’achat de ce bar.

Malgré la crise et la forte déprise démographique de la vallée, il tente de le faire vivre coûte que coûte car selon lui et selon les habitués (ils sont nombreux du Col de Port à Tarascon, toutes générations confondues) qui le fréquentent, «c’est le seul lieu de vie du coin… si je n’organise pas une fois de temps en temps une soirée je ne peux pas payer mon crédit.

Je pense être honnête, travailleur et respectueux des autres mais trop c’est trop! Cette minorité bien pensante n’attend qu’une chose c’est que je mette la clé sous la porte
»

Aujourd’hui Stéphane est lui aussi au bout du rouleau: «depuis trois ans je collectionne les courriers de la mairie, je n’ai pas 50 000 € pour réaliser des travaux.

Les gendarmes sont venus plusieurs fois… au début j’étais seul et je me suis fait dépasser par les horaires de fermeture, mais depuis je suis dans les clous… je ne dérange qu’une minorité de personnes mais ce sont des griefs en permanence, toute l’année…

Actuellement les gens mettent le bordel partout, preuve qu’il y a encore de la vie: les jeunes écoutent le soir de la musique dans leurs voitures ou sur la place, la salle des fêtes est louée pour des mariages et ce n’est pas pour autant qu’on leur envoie la gendarmerie…
»

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/08/2012 | 17:08 | Lu: 9841 fois