Stress au travail: le bonheur est-il dans le pré ?
27/10/2009 | 20:53
© MidiNews 2009

Ce matin, il est 11 h et un salarié d’H&M tente de se suicider lors d’une réunion au Bourget en se tailladant les veines aux yeux de tous.

Depuis quelques semaines, les drames s’enchaînent dans une banalité consternante, l’affaire des suicides chez France Telecom en tête. Ces épisodes donnent le sentiment qu’un immense désespoir s’est emparé du milieu du travail, et que le stress règne en maître dans certaines entreprises.

Mais quant est-il dans l’Ariège ?
Un travailleur en milieu rural (a priori moins bloqué dans les bouchons) en est-il pour autant moins stressé et moins soumis à diverses pressions?

«C’est sûr qu’il y a moins de stress environnemental» confirme Aude Darchy, formatrice et consultante associée de Formascop, qui intervient dans les entreprises notamment sur la gestion du stress.

Mais elle relativise «je n’ai jamais vu qu’habiter à la campagne enlève du stress relationnel !

Peut-être même que les mauvaises habitudes managériales héritées du passé sont plus vivaces ici. Il y a moins de mélanges culturels. Et une partie de l’activité économique est réalisée  par des entreprises familiales. Même si on ne peut pas généraliser, elles appliquent parfois une façon de travailler basée sur l’autorité voir l’autoritarisme
»

Michel Duthil, psychologue et psychanalyste, intervient aussi au sein d’un établissement pour gérer les problèmes liés au stress au travail et au suicide.

Il explique «je ne pense pas que l’on peut faire une répartition géographique du stress. C’est plus la structure même du travail qui est en cause»

Selon lui, «dès lors que la productivité, le gain et l’actionnariat sont mis au premier plan, c’est l’individualisme qui prime et ca ne génère pas la cohésion des équipes. Mais à tout cela, le psychanalyste ne peut pas grand-chose»

Au contraire, le psychanalyste insiste sur l’importance du cas par cas comme seul modèle explicatif, «la psychanalyse introduit la notion du sujet et de l’être. Des mauvaises conditions de travail peuvent faire déborder le vase de l’invivable, et conduire au suicide. Mais ces conditions peuvent être acceptables pour quelqu'un, et pas pour quelqu'un d’autre plus fragilisé»

Aude Darchy quant à elle montre du doigt les mauvaises relations qui mènent à des situations tendues.

Elle commente «j’ai l’occasion de travailler pour des collectivités locales. A priori, il n’y a pas de pression de productivité et d’obligation de résultat, mais on trouve dans certains endroits beaucoup de stress dû à de mauvaises relations»

Elle ajoute «il y aussi des métiers auxquels on ne pense pas forcément comme les ATSEM, qui accompagnent les institutrices. Certaines subissent parfois une relation de hiérarchie difficile à supporter. Il y a aussi les caissières dans les supermarchés, qui supportent les incivilités et la mauvaise humeur de certains clients»

Bien sûr, le stress a des causes diverses et peut aussi être dû à l’incertitude de l’avenir. Un producteur laitier ou un salarié du textile pourrait sûrement en témoigner.

Il serait donc faux d’affirmer qu’il y a moins de stress au travail en milieu rural.

Même si il est vrai que par le biais du télétravail par exemple, certains salariés viennent trouver dans l’Ariège un havre de paix, une alternative au stress de la ville. Pour Aude Darchy, «même s’il y a des situations délicates, en règle générale, je pense que les gens dans la majorité sont plutôt motivés et heureux d’aller travailler»

Même si  les travailleurs ariégeois restent globalement assez mal payés. 1500 euros, c’est le salaire moyen en France. En Ariège, il n’est que de 1200 euros.

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auteur: Anne-Sophie Terral | publié le: 27/10/2009 | Lu: 19385 fois