accueil  |  ariège   |  france

L'association Kokopelli: base arrière pour la sauvegarde de la biodiversité des semences

© midinews 2014

Depuis ses locaux sur les hauteurs du Mas d’Azil, l’association Kokopelli entend œuvrer pour la sauvegarde de la biodiversité semencière dans le monde.

Plus de de 2200 variétés essentiellement d’essence potagère sont stockées là. Quelques 650 variétés de tomates, 200 variétés de piments, mais encore courges, plantes médicinales, condimentaires ou céréalières…

Une véritable caverne d’Ali Baba, plus précisément une ruche dans laquelle s’affairent une vingtaine de personnes. Non pas un conservatoire des espèces rares et en voie d’extinction, quoi que, mais les locaux de l’association Kokopelli, opérationnels depuis le 02 septembre dernier.

«Nous avons choisi de nous installer ici en Ariège, car c’est un département vert, explique Ananda Guillet, directeur technique de la structure, c’est aussi l’un des départements de France les plus riches en termes de biodiversité et cela correspond davantage à notre image et nos valeurs»

Née en avril 1999 à l’initiative de Dominique Guillet, père, l’association Kokopelli, compte aujourd’hui une antenne en France ici, au Cap de Lourm au Mas d’Azil mais aussi en Belgique, Suisse ou encore au Costa Rica.

Venu de la médecine douce, Dominique Guillet a eu l’idée de cette association comme pour mieux combattre le mal à sa source. Selon le principe suivant plutôt que guérir les maux, s’intéresser à la source du problème, implique bien souvent de considérer l’alimentation et ce qui en constitue le maillon essentiel: la semence.

Un long parcours pour la défense d’une certaine agriculture paysanne, bio de préférence centrée sur les circuits courts et en particulier l’autonomie semencière, par opposition aux produits normés standardisés de l’industrie agro-alimentaire et ses nombreux intrants, dont la nocivité est plus ou moins avérée pour le consommateur final.Un combat pour des semences libres et reproductiblesAssociation à but non lucratif Kokopelli «rassemble tous ceux et toutes celles qui souhaitent préserver le droit de semer librement des semences potagères et céréalières, de variétés anciennes ou modernes, libres de droits et reproductibles», énonce Ananda qui insiste «on fait ce travail pour la sécurité alimentaire. Aujourd’hui 80% des produits agricoles fournis pour l’essentiel par la grande distribution sont issus de semences hybrides, clonées, propriété des grandes multinationales.

Nous sommes avant tout des militants et nous prônons l’utilisation de semences libres de droit et reproductibles sans royalties et autres droits de propriété intellectuelle
»

Comme pour mieux faire partager sa philosophie, essaimer ses grands principes et valeurs, l’association mène trois grands types d’actions.

D’abord la vente en boutique (et sur son site internet ou 25.000 comptes d’acheteurs réguliers ont été créés) de ses diverses variétés de semences. «Nous avons aussi une gamme collection, très peu cultivées, peu connues et souvent en voie d’extinction produite par un réseau d’adhérents, autour de 1.500 parrains et marraines selon des critères respectueux des cycles naturels», qui permettent de régénérer en permanence les stocks de l’association.

Enfin l’association dans le but de défendre l’autonomie semencière dont on voit qu’elle est stratégique, mène aussi des opérations sous l’appellation «semences sans frontières» qui ont pour but d’approvisionner les communautés paysannes des pays pauvres «essentiellement en Afrique et en Amérique Latine» en semences variées et libres de droit «nous leur fournissons aussi les fiches techniques pour chaque espèce afin qu’ils puissent les reproduire d’une année sur l’autre»

L’association se targue aussi d’avoir «un impact social local, ce sont près de vingt emplois qui sont créés localement»

Prochainement avec la remise en état d’une ferme sur le hameau de Camarade, l’association espère pouvoir produire à grande échelle ses propres semences et surtout accueillir stages et autres formations et séminaires sur différents thèmes de l’agro-écologie à l’attention d’un public toujours plus réceptif.

«Maintenant comme le disait Coluche, reprend Ananda Guillet, si le consommateur final n’achète pas un produit il ne se vend pas»

Une action qui suppose aussi un changement de comportements et de mentalités chez le consommateur en mesure d’influer sur ceux qui le nourrissent.

A mi-chemin entre la lutte pour une alimentation plus saine et équilibrée et la lutte pour l’autonomie semencière et la biodiversité, l’association depuis plus de vingt ans maintenant s’est créée une solide réputation de par le monde, qui lui vaut aussi quelques inimitiés.

Déjà 8.500 adhérents inscrits participent activement par leur choix au développement de l’association. «Si on ouvre les yeux, poursuit le militant, on ne peut que s’apercevoir que les courbes des maladies comme les cancers et autres maladies cardio-vasculaires suivent les mêmes tendances haussières que celles sur l’utilisation des pesticides et autres intrants, sans compter l’érosion et l’appauvrissement des sols soulevés par le problème de l’agriculture intensive.

Nous sommes quelques-uns à avoir fait le choix d’une agriculture paysanne, de proximité, plus durable. En Ariège nous sommes dans un territoire rural propice, mais nous espérons qu’à l’image de grandes villes européennes ou nord-américaines, ces jardins familiaux ou ouvriers que nous soutenons habilleront bientôt les cités tout en offrant une végétalisation paysagère et une nourriture saine et variée
»

Plus d’infos,
Association Kokopelli
22 Cap de Lourm au Mas d’Azil
05 61 67 69 87 
www.kokopelli-semences.fr

Sylvain Sastre | 09/01/2014 - 18:20 | Lu: 55039 fois