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Rodéo urbain à Saint Girons: 5 jeunes gens ont comparu au tribunal correctionnel

© midinews (archives)

L'affaire du rodéo urbain de Saint Girons a défrayé la chronique début janvier.

Aujourd'hui, 5 jeunes gens âgés de 20 à 24 ans, ont été présentés libres, mais sous contrôle judiciaire pour certains, à leurs juges.

On s'en souvient, le 5 janvier, vers 7h du matin, quatre voitures étaient volées, et de nombreux autres véhicules endommagés autour de la rue de Villefranche, au cœur de la cité du Couserans.

En sortant de boite de nuit, un groupe de jeunes gens s’est lancé dans un rodéo urbain effréné. A vive allure, ils ont dévalé les rues de la ville endormie, n’épargnant ni les véhicules qu’ils ont successivement volés, ni les voitures en stationnement.

L’une des voitures volées a été retrouvée enchâssée dans un véhicule en stationnement, une autre brulée. Très rapidement, les enquêteurs ont interpellé les auteurs présumés.Des versions divergentesLa présidente du tribunal est revenue sur les faits, expliquant que Quentin, principal accusé, a d'abord volé un C15 pour se rendre en boîte de nuit.

Au Jet set, il rejoignait ses comparses. Au petit matin, les 5 mis en cause, fortement alcoolisés et accompagnés d'une jeune mineure, regagnaient Saint-Girons à bord de ce 1er véhicule. Dans l'agglomération couseranaise, Quentin aurait percuté un véhicule en stationnement.

A partir de là, il devient difficile, même après leur procès de démêler le vrai du faux.

«Une chatte n'y retrouverait pas ses petits» souligne Cécile Deprage, procureur
Pour elle, pas de doute, Quentin a volé les deux C15, et une 206 pour rentrer chez lui. Le vol de la Clio, voiture ayant servi au rodéo urbain serait l'œuvre de Clément.

«Des éléments objectifs, dont les déclarations de témoins confirment les faits» Quentin 23 ans et Clément 20 ans, ont déjà eu maille à partir avec la justice.

Tous deux sont poursuivis pour 4 vols en récidive et en réunion, 8 délits de fuite, et 8 défauts de maîtrise de véhicule. Le premier a un casier en tant que mineur (violence, recel de vol); en tant qu'adulte il a été condamné pour des affaires de stupéfiants.

Le second, a été condamné en 2013 à des travaux d'intérêt général (TIG) pour vol en réunion.

Les deux autres prévenus, Joseph (24 ans), et Chloé (20 ans), ont comparu pour recel de bien. Joseph a sur la tête un précédent sursis de 10 mois pour vol avec effraction; condamnation venant après un TIG pour vol et recel. Chloé est la seule à avoir un casier vierge; compagne de Joseph, la jeune fille est en BTS. Steven (21 ans) est quant à lui poursuivi pour recel et vol. Il s'accuse du vol de la Clio, mais ses propos n'ont pas convaincu le procureur.

Quant à X la jeune mineure (elle comparaitra devant le juge des enfants), elle a déclaré durant sa garde à vue, que Quentin aurait conduit la Clio, «jouant avec le frein à main»

A la barre du tribunal correctionnel, nos 5 comparses sont comparés à des pieds nickelés par Cécile Deprade, alors que les avocats des parties civiles dénoncent «un sentiment de frustration»

12 victimes se sont fait connaître, certaines étaient présentes à l'audience. Du côté des dommages et intérêts, la folle virée du club des 5, se monte à environ 10.000€. Ce qui n'est pas neutre sur le plan civil.

Sur le plan pénal, dans son réquisitoire, le procureur a souligné «des auditions cohérentes lors des gardes à vue. A ce moment là, ils ne s'étaient pas concertés»

Pour Quentin le «principal suspect ayant mis en danger les personnes avec un comportement dangereux», 6 mois fermes ont été requis.

Pour Clément (qui assurait seul sa défense), «qui minimise sa participation, mais dont les éléments objectifs sont là», 8 mois assortis du sursis et d'une mise à l'épreuve, plus obligation de ne pas rentrer en contact avec ses complices.

Pour Joseph «tellement saoul qu'il ne se rappelle de rien», un TGI. Pour Steven, «qui tel un chevalier blanc endosse un vol», 8 mois assortis du sursis et d'une mise à l'épreuve, plus obligation de ne pas rentrer en contact avec ses complices et obligation de travailler.

Enfin seule femme de cette équipée, il a été requis contre Clhoé un stage de citoyenneté «afin de la recadrer»

A la défense, les avocats ont plaidé le recel simple dans le cas de Chloé et Joseph. Me Dedieu soulignant que ses clients «avaient déposé en sincérité»

Me Demeyer pour Steven, a parlé «de zones d'ombre» avant de s'attarder sur la personnalité fragile du prévenu. Me Cazelas défendait Quentin.

L'avocat a insisté «sur les versions concordantes de son client, qui s'est rendu de lui même aux gendarmes» La relaxe a été demandée pour la Clio et le deuxième C15 volé. Clément n'ayant pas de conseil a affirmé pour sa défense, n'avoir jamais conduit de véhicule.

Le jugement a été mis en délibéré au 18 février par la présidente du tribunal, Isabelle de Combettes de Caumon.

NR | 04/02/2014 - 19:50 | Lu: 17006 fois