Reprise des «Papeteries de Lédar» par SAS Papresa France: Le dossier est bouclé!
24/02/2009 | 11:36
Déjà, la veille, lors du conseil municipal, on sentait que l’affaire avançait bien, mais François Murillo avait été clair: «je ne dirai rien tant que tout ne sera pas bouclé. Je ne veux pas donner de faux espoirs aux Couseranais et surtout aux ouvriers de Lédar»

Aujourd’hui, l’affaire n’est pas totalement faite, mais un pas immense vient d’être accompli. Les dossiers d’offres de reprise établis conjointement par la Communauté de Communes de l'Agglomération de Saint Girons et la SAS Papresa France seront dès demain sur le bureau du juge du tribunal de Grenoble. (voir notre article du 14 janvier 2009 qui présentait déjà les grands termes de l’accord présenté aujourd’hui)

«Les deux derniers mois ont été très difficiles» avoue le maire de Saint Girons qui nous a reçus dans son bureau.

«En effet, à chaque problème, et à chaque solution proposée, il fallait l’accord de tous les partenaires et de leurs conseils soit: la Société Papresa, la société mère Gallardo, la Banque de Bilbao, partenaire des sociétés espagnoles, plus deux cabinets d’avocats à Paris et Barcelone, sans compter notre propre staff d’avocats et de conseils»

En fait, Papresa a toujours été très demandeur de ce site, idéalement situé à mi-chemin entre le Pays Basque et l’Italie et surtout, proche de Barcelone, où sont installés les principaux clients du groupe.

Le site de Renteria, près de San Sebastian, siège de Papresa, est saturé, sans possibilité d’extension. «C’est cela qui a motivé en premier la filiale «papier journal» du groupe Alfonso Gallardo», et sans aucun doute également le savoir-faire des ouvriers de Lédar.

On constate aussi que l’absence d’autoroute reliant Saint Girons au réseau n’a pas constitué un obstacle insurmontable. D’ailleurs, à notre connaissance, cette question n’a même jamais été évoquée par les repreneurs espagnols.

«En fait, on a principalement buté sur des problèmes juridiques» précise François Murillo, visiblement soulagé et heureux de pouvoir présenter le projet finalisé, tant il a été difficile de faire coïncider des textes de loi quelque peu différents d’un pays à l’autre. C’est maintenant chose faite.

«Nous aurions pu signer avant, c’est vrai, mais avec un risque d’échec. Je n’ai rien voulu arrêter tant que tous les problèmes n’avaient pas trouvé une solution pérenne» On reconnaît bien là l’architecte qui sait que rien ne se bâtit sans de solides fondations.

Si tout se passe comme prévu, et il n’y a pas de raison pour qu’il n’en soit pas ainsi, la communauté de communes de Saint Girons ayant autorisé dès ce soir son président à signer l’offre d’achat des terrains, la signature définitive du contrat de crédit-bail qui liera les deux partenaires devrait être signé courant Mai-Juin.

Il n’est pas impossible toutefois que, dès que le tribunal de Grenoble aura donné son accord de principe, les papetiers espagnols commencent à s’installer sur le site.

Un tour de l’usine a déjà été effectué par le futur directeur il y a deux semaines, en présence des ouvriers, qui a permis de conclure que les machines pouvaient repartir très rapidement, dès l’autorisation du juge.

Il est prévu dans le contrat liant Papresa à la CC de St Girons, qui se rendra, comme prévu, propriétaire du site (deux banques locales ont d’ores et déjà fait des propositions intéressantes), le paiement par la société espagnole d'un loyer couvrant le montant des remboursement d’emprunts, et l’embauche immédiate de soixante à soixante dix salariés.

«Compte tenu de la quinzaine de départs à la retraite, et d’un nombre à peu près équivalent de reclassements en cours, c’est la quasi totalité des ouvriers qui devraient ainsi retrouver leur usine» estime F. Murillo.

De plus, Papresa s’est engagé à investir neuf millions d’euros dans le développement de l’usine ce qui générera automatiquement des embauches supplémentaires.

Enfin, il n’est pas interdit de penser que le projet, porté par la région, et qui devra être repris par le Pays Couserans, de ramassage de vieux papiers en Midi-Pyrénées, voit le jour rapidement.

Décidément, l’horizon semble s’éclaircir pour un Couserans qui, même au plus creux de la vague, n’a jamais baissé les bras.

Crédit photo: Marc Mesplié
actualites Ariege
auteur: Bernard Pastourel | publié le: 24/02/2009 | 11:36 | Lu: 14548 fois