ariege > actualités et économie > plan de revitalisation
Soixante dix millions d'euros mobilisés pour le Couserans!
25/06/2009 | 16:12
Autour de François Murillo, maire de Saint Girons et Président du Pays Couserans, Augustin Bonrepaux, président du Conseil Général de l’Ariège, qui participe pour 19,80%, Martin Malvy, président de la Région Midi-Pyrénées (14,5%), Jean-François Valette, Préfet de l’Ariège, représentant de l’Etat, qui finance à hauteur de 16%, mais aussi André Rouch, Président du Syndicat de gestion du Parc Naturel Régional Ariège-Pyrénées, ont signé, dans un bel ensemble, la convention de revitalisation de Saint Girons et du Couserans pour un montant total de 30,6 millions d’euros.

Cette somme s’ajoute aux 40 millions d’euros déjà dégagés pour des opérations telles que le CNRS de Moulis, le site de Saint Lizier, l’aménagement de la liaison routière Saint Girons-Saint Martory, ou encore de réseau haut débit Ariège-Télécom.

Concernant le plan de revitalisation proprement dit, précisons que l’Europe participe à hauteur de 6,2%, les divers maîtres d’ouvrage pour 28,4%, le solde, soit 15,1%, provenant de diverses autres sources.

Quatre axes ont été définis dans ce plan qui s’étalera sur la période 2009/2012, «concret et réaliste» selon les termes mêmes de François Murillo:

 Le développement économique et l’emploi, pour 4,5 M€

Comprenant notamment l’aménagement des Zones Industrielles de Lorp et du Pitarlet (sur Prat), qui devrait être labellisé «Zone d’Intérêt Régional»

Parmi les annonces positives, il faut noter la confirmation de l’éligibilité de Saint Girons au FNRT – Fonds National de Revitalisation des Territoires - qui permet de financer des projets d’entreprises à des conditions de taux particulièrement intéressantes.

• La valorisation du tourisme, pour 7 M€

Avec un point fort sur la montagne et son adaptation au tourisme d’été. Une plate-forme «e-tourisme» sera également créée.

Enfin, bonne nouvelle pour les commerçants et artisans: la relance d’une nouvelle OMPCA – Opération de Modernisation des Pôles Commerciaux et Artisanaux – sur saint Girons.

• Les productions agricoles et les ressources locales, pour 7,4 M€

Constitution d’un pôle économique «Bois», dans la continuité du Pôle d’Excellence Rurale, mais aussi filières «lait», «fromages», «viande», sans oublier la production maraîchère, et la filière «Bio»

• L’habitat et le cadre de vie, pour 14 M€

Une bonne partie de ces financements ira vers la réhabilitation des habitats insalubres, privés et publics à part égale. Le centre ville ne sera pas oublié avec l’aménagement et l’embellissement des rues et places de la ville.

Le reste sera consacré au réaménagement des bibliothèques de Saint Girons et Lorp, et à l’accélération de la voie rapide Saint Girons-Saint Martory.

Pour François Murillo, premier intéressé et premier aussi à prendre la parole, ce plan donnera au Couserans la cohérence économique qui lui manquait, «fruit d’une réflexion collective de neuf mois, ce plan va plus loin qu’un simple plan de développement: c’est un carnet de route pour demain»

André Rouch, qui étrenne en public son titre de Président du PNR, (validé le 29 mai dernier, et qui sera totalement opérationnel dès l’automne), assure de son coté que le Parc, dans le cadre du partage des missions défini avec le Pays Couserans, prendra toute sa part dans ce contrat de revitalisation.

Augustin Bonrepaux tient avant tout à saluer son successeur à la présidence de l’ANEM –Association Nationale des Elus de la Montagne-, Henri Nayrou, qui a fait venir Hubert Falco, alors secrétaire d’Etat à l’aménagement du territoire, lequel a enclenché, en novembre 2008, le processus qui trouve sa finalité ce soir.

Pour lui, deux conditions sont nécessaires à la réussite de ce plan: «la mobilisation du territoire: il faut travailler ensemble! Le rassemblement des Communautés de Communes est une première condition absolument indispensable, tout comme la solidarité de l’Etat: Rien ne pourra se faire sans l’apport et l’aide de l’Etat»

Et le Président du Conseil Général donne en exemple le futur bassin nautique de Saint Girons qui ne pourra jamais se faire sans une aide importante de l’Etat.

Martin Malvy, paradoxalement, n’est pas heureux de signer un tel plan: «après le plan de revitalisation de la Haute Ariège, et avant celui du Pays d’Olmes, c’est le troisième contrat de revitalisation qui sera signé en Ariège. C’est le signe d’un département particulièrement touché par la compétition mondiale, et qui souffre»

Pour autant, Martin Malvy sent dans ce pays une vraie volonté de se battre, de se mobiliser.

«Le salut passera par la solidarité !», affirme le président de Midi-Pyrénées qui souligne, à l’adresse de ceux qui craignent la toute-puissance de Toulouse: «si la métropole est puissante, la région est plus forte !», et qui poursuit: «pour les pays situés à plus de 45 minutes de la métropole, la création d’emplois est plus difficile, et c’est là, c’est pour cela que nous faisons jouer la solidarité»

Prenant lui aussi l’exemple du centre nautique de Saint Girons, il demande à l’Etat, via le Préfet, de faire preuve de la même solidarité: «l’Etat ne s’est toujours pas prononcé. Il doit intervenir !»

Dans le cadre de cette «Solidarité» qui apparaît décidément comme le maître mot du président de la région, Martin Malvy annonce que, pour l’ensemble des projets déposés avant le premier janvier 2009, comme pour ceux qui seront déposés jusqu’au 30 juillet 2010, les subventions aux communes seront majorées de 30%.

De même, l’aide aux entreprises sera amplifiée dans le cadre d’une politique contractuelle.

Enfin, Jean-François Valette clôt les interventions. Le préfet de l’Ariège note ainsi que «l’Etat s’est mobilisé avec la plus grande énergie» suite à la fermeture de l’usine de Lédar.

Tout comme Augustin Bonrepaux, il salue l’intervention décisive d’Hubert Falco «qui a redonné l’espoir grâce à la mise en place de moyens nouveaux»

Il confirme à l’occasion le renforcement de l’effectif de la gendarmerie de Saint Girons, ainsi que l’aménagement de nouveaux locaux.

Après avoir salué le calme, la détermination et le sens du consensus de François Murillo, ainsi que l’implication sans faille de Marie-Thérèse Delaunay, sous-préfète de Saint Girons, il insiste sur l’action fédératrice de l’Etat.

Particulièrement offensif, Jean-François Valette brocarde ceux qui prédisaient la disparition de la sous-préfecture de Saint Girons: «ces rumeurs étaient infondées, il n’en est rien, et la représentation de l’Etat sera maintenue en Couserans»

Après avoir souligné que ce contrat de revitalisation, charte d’engagement des financeurs, renforce l’attractivité du Couserans et de Saint Girons, il conclut: «le gouvernement a fait le choix de se tourner vers les entreprises plutôt que vers l’investissement public, qui dévitalise les territoires.

Il faut alléger les entreprises dans leur travail et leurs engagements
»

Photos: ©AriegeNews 2009
actualites Ariege
auteur: Bernard Pastourel | publié le: 25/06/2009 | 16:12 | Lu: 6840 fois