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Médicaments, pathologies et conduite automobile en Ariège
11/07/2007 | 16:42

La prise d’un simple sirop antitussif, d’antalgiques ou d’antidiabétique peut provoquer des risques liées à l’aliénation des capacités de la personne: gêne visuelle, vertiges, perturbations de la coordination, motricité…et avoir un retentissement avéré sur l’aptitude à conduire un véhicule. 

On sait aujourd’hui que l’effet des médicaments ou d’un problème de santé sur la conduite peut être présumé dans une large part des accidents résultant d’une manœuvre incontrôlée comme un déport à gauche ou à droite, sans motif apparent et sans présence d’alcool ou de produit stupéfiant.

En Ariège, les accidents de ce type représentent 14,29% des accidents et 34,61% des tués.

Par ailleurs, les personnes de plus de 60 ans représentent entre 20 et 30% des tués, ce qui peut être expliqué par le fait qu’il s’agit de la tranche d’âge de la population la plus médicalisée.

«Médicaments, pathologies et conduite automobile», correspond à un aspect spécifique de la sécurité routière car en Ariège les médicaments sont la cause de15% des accidents, toutes catégories de personnes concernées (malaises et consommation de médicaments représentent 1/3 des tués).

Cette opération lancée à la Préfecture lors d’une conférence de presse le 5 juillet, est à l’initiative du pôle de compétence Etat (Préfecture et DDEA) conduite en partenariat avec l’ordre des médecins de l’Ariège représenté par le docteur André Malagoli et la Caisse Primaire d’Assurance Maladie avec l’appui technique du docteur Patrick Grand, médecin conseil DDASS.

Les chiffres sont évocateurs, dans le département de l’Ariège,  il a été relevé entre 2002-2006 comme motif d’accidents:

- Malaise fatigue : 6, 89% des accidents, 11,5% des tués
- Médicaments-drogues : 0,84% des accidents, 2,88% des tués
- Infirmité : 0,4% des accidents, 0,96% des tués

On a encore en mémoire le tragique accident, il y a quelques semaines, d’un automobiliste qui sous l’emprise des médicaments, a emprunté la voie rapide à contre-sens à la sortie du tunnel de Foix.

Une action de communication ciblée à l’égard du public et des praticiens doit permettre de mieux prévenir les accidents. Cette opération «médicaments, pathologies et conduite automobile» comporte deux volets:

- information et formation des praticiens libéraux
- sensibilisation des patients par leur médecin généraliste traitant par la distribution d’une plaquette d’information et par l’apposition d’un pictogramme autocollant sur les ordonnances lorsqu’un médicament ou un traitement pouvant avoir un effet sur la conduite est prescrit.

André Malagouli représentant l’ordre des médecins, précise «qu’il est logique que le corps médical s’implique dans cette campagne, des patients sont mutilés dans ces accidents de la route qui pourraient être évités… ce sont des drames humains.

Dans le cadre de la prévention, le rôle du médecin est d’informer les patients sur tous les aspects des dangers routiers liés à des prises de certaines catégories de médicaments. Mais il faut également éviter l’automédication et retarder les prises au soir lorsque cela est possible
»

Notons enfin que les conséquences de ces accidents sont également importantes pour les finances de la caisse primaire d’assurance maladie.

«Les modalités de l’action des praticiens doivent être guidées par le cadre réglementaire»
La loi du 4 mars 2002 indique qu’une information doit être donnée à tout patient sur les traitements prescrits et leurs conséquences.

L’intervention du praticien intervient également en complément de la signalétique inscrite sur les boîtes avec l’apposition du pictogramme sur l’ordonnance du patient.

Mais comme l’a rappelé M. le Préfet «nous sommes dans un pays de responsabilité et de liberté. Le médecin doit fournir l’information au moment de la prescription car sa responsabilité peut être mise ne cause mais il ne peut en aucun cas empêcher le patient d’utiliser son véhicule.

Il peut cependant lui conseiller, si les mises en gardes ne suffisent pas, de passer devant une commission d’aptitude à la conduite, constituée par des membres de l’administration et des médeci
ns»

L’information du patient sur des plaquettes mises à disposition dans les salles d’attente, insiste sur le respect scrupuleux des recommandations des médecins, pharmaciens et sur les boîtes ou notices des médicaments.

Les risques liés à l’alcool et la prise de médicaments constituent également des risques majeurs d’accident.

En Ariège, cette action spécifique vient compléter l’action départementale de la Prévention Routière conduite en partenariat avec les opticiens, action «Lumière et vision» qui permet tous les ans aux personnes qui le souhaitent, de tester leur vue gratuitement…  car on n’est jamais trop prudent au volant.

Photo et vidéo: ©AriegeNews 2007

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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 11/07/2007 | 16:42 | Lu: 12177 fois