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    Histoire & Patrimoine    
publié le 06/03/2006 imprimer envoyer � un ami commentaires(0)
Collection Fruman, faste et liturgie au Palais des Evêques de Mirepoix

On connaît la cité médiévale de Mirepoix pour ses Couverts du XIIe siècle, les plus longs de toutes les bastides du midi, la cathédrale Saint Maurice, un pur chef d’œuvre de l’art gothique méridional et le Palais des Evêques attenant d’époque Renaissance.
Ce palais pourrait très prochainement accueillir la collection Fruman, une des plus importante collection privée de niveau international réunissant plus de deux cents broderies du XVe au XIXe siècle.

En trente ans, Josiane et Daniel Fruman ont réuni une collection, digne à elle seule d’un grand musée, qui offre un vaste panorama de la broderie dans les ornements liturgiques et les tableaux de dévotion depuis le XVe siècle. Elle est complétée d’une bibliothèque de presque trois cents volumes –livres et catalogues- et quelques centaines de diapositives provenant de presque tous les musées du monde. 

Parallèlement un projet ambitieux de Centre International de la Broderie d’Art (CIBA) se développera sur ce site unique du Palais des Evêques ayant pour mission, entre autre, de contribuer à promouvoir la connaissance de la broderie d’art auprès du plus large public et d’être un lieu de rencontre et de formation pour les professionnels avec l’organisation de : colloques, rencontres, congrès, d’expositions temporaires et permanentes, de stages de formation aux techniques de la broderie (création, conservation, restauration) ou d’évènements culturels divers (ateliers-découverte pour les scolaires, visites-conférence suivies de dîners, circuits touristiques…).

La broderie est au même titre que la fabrication des textiles, la plus ancienne activité artisanale développée par l’homme. Dès que le vêtement devient symbole du pouvoir laïc ou religieux, la broderie apporte un élément décoratif, signe de richesse et de suprématie, qui permet de distinguer le chef des autres.

Les techniques nécessaires pour la fabrication de ces fils, la préparation des teintures et le tissage du tissus évolue avec le degré de civilisation pour aboutir à une maîtrise et un rendu décoratif qui atteindra son paroxysme dès le Moyen Age avec la fameuse tapisserie de Bayeux mais surtout à la Renaissance avec les soieries d’Italie ou les broderies flamandes puis aux XVII et XVIIIe siècles avec les ornements liturgiques destinés à la célébration de la messe.

Malmenés pendant la Révolution, retirés du service liturgique depuis le concile de Vatican II (1962-63) et stockés avec plus ou moins d’égards dans les meubles des sacristies où ils semblaient définitivement oubliés, le public va découvrir ou redécouvrir grâce à la prestigieuse collection Fruman la broderie d’art, un patrimoine à aimer, connaître et préserver.

Si l’on connaît le bois doré ou l’orfèvrerie au service cultuel, le mobilier d’église compte quantité de matières précieuses peut-être moins connues. Il en est une, la soie, que l’on retrouve à toutes les époques dans l’ornement liturgique, objet complexe dont la réalité textile est multiple.

Mais qu’est-ce qu’un ornement liturgique? Pour célébrer la messe, l’officiant, investi des pouvoirs et prérogatives spécifiques inhérents à sa fonction, doit se distinguer des fidèles par son costume.

Il est paré d’ornements (« ornamenta »), signes distinctifs qui s’établissent à partir du VIIIe siècle : la longueur talaire est le premier des signes qui caractérisent ces vêtements, la préciosité étant le second et la conformité aux cinq couleurs liturgiques (rouge, blanc, vert, violet et noir) demeure le troisième impératif distinctif.

Selon les rituels, les ornements liturgiques sont des objets sacrés par le fait qu’ils reçoivent une bénédiction.

Mais leur confection nécessite quantité d’accessoires complémentaires, travaillés par des corps de métiers différents comme les passementiers, les dentellières, les bougraniers (doubleurs) ou les teinturiers.
Les maîtres brodeurs ont souvent la double tâche de broder et de monter les ornements liturgiques : chapes, chasubles, dalmatiques, étoles, manipules, voile de calice, devant d’autel, voile huméral…

La broderie est un décor ajouté à l’aiguille sur une étoffe de base déjà tissée. Parce qu’elle n’impose que peu de contraintes techniques, la broderie permet une libre inspiration. Elle peut être profane, à base de fleurs et de rinceaux, religieuse, avec des grappes de raisins et autres emblèmes eucharistiques, ou héraldique, avec les armes des évêques.

La collection Fruman nous offre un panorama de la broderie dans les ornements liturgiques couvrant cinq cents ans et digne des plus grands musées de la planète. Ainsi une vierge à l’enfant exécutée par des brodeurs espagnols pendant la première moitié du XVe siècle provenant certainement d’un devant d’autel a été réalisée suivant le dessin d’un des meilleurs peintres de l’Ecole Valencienne.

Une chape provenant d’un atelier bourguignon de la fin du XVe représente alternativement un Saint et un Prophète (quatre au total), chacun étant intégré dans une architecture recherchée où la perspective ponctue les éléments décoratifs, le tout en broderie de soie et d’or nué.

Au XVIe siècle l’atelier du monastère de l’Escorial où Philippe II a mis en place des ateliers pourvoyant les brodeurs de modèles, témoigne d’un savoir-faire exceptionnel comme ce devant d’autel brodé vers 1577 représentant la retour d’Egypte de la Sainte Famille dans une architecture renaissance très structurée.

Il s’agit d’un travail remarquable d’or nué et de broderie à l’aiguille pour représenter très finement et de la manière la plus réaliste les personnages.

Un peu plus tard au XVIIe siècle, un grand atelier français exécute des panneaux d’après les œuvres des peintres en vogue à la cour comme Charles le Brun ou Simon Vouet.

La broderie suit les modes et nous ne sommes nullement étonnées de deviner ici ou là un décor esprit grand siècle, un motif fantaisie rocaille ou un ensemble liturgique représentant la Résurrection du Christ directement inspiré du tableau de Tintoret.

Parallèlement au travail de broderie domestique ou en atelier, les religieuses comme les Carmélites ou les Ursulines travaillent à broder et à monter les ornements.

Ainsi ce superbe devant d’autel daté du second quart du XVIIe siècle brodé par les Ursulines en laines et soies polychromes et rehaussé de fils et lames d’argent.
Le détail présenté montre, dans un médaillon, la Vierge à l’Enfant. Dans les deux autres médaillons sont représentées Sainte Ursule et Sainte Elizabeth sous les traits d’Anne d’Autriche, la grande bienfaitrice de l’ordre.

Au fil du temps les broderies atteignent des niveaux de perfection et de finesse incomparables. L’adoption du point de figure en soie pour obtenir la représentation des visages des personnages et du point couché rentré en or pour enrichir les fonds et les galons rend ces broderies tout à fait uniques.

Les somptueux velours, les chatoyant damas concurrencent les précieuses soieries provenant des ateliers tourangeaux, lyonnais ou parisiens.

La broderie de perles et de fuseaux de verre fut une spécialité italienne et française. Des devants d’autels ont été fabriqués en assez grand nombre en France sous le règne du Roi Soleil.

Ils se caractérisent par des fonds en fuseaux sur lesquels se détachent de superbes développements de branches fleuries. Autre exécution toute aussi remarquable datant du XVIIIe siècle, cette chasuble dont le fond est totalement recouvert de fils d’argent dessinant un décor gaufré sur lequel se détachent des rinceaux en fils d’or et des fleurs en soies polychromes.

La collection Fruman, dont l’ensemble des pièces est catalogué et référencé, peut à elle seule, compte tenu de sa qualité et de sa diversité, constituer un musée de l’ornement religieux. Le Palais des Evêques de Mirepoix, oratoire privé de Philippe de Lévis construit au début du XVIe siècle, semble le mieux approprié pour accueillir une telle collection.

Une association, l’association « De soie, d’or et d’argent », soutenue par les plus hautes autorités civiles et religieuses du Département et de la Région a été créée dans le but d’effectuer toutes les démarches nécessaires à la réalisation de ce projet, notamment en lui associant la population de Mirepoix et de l’Ariège ou en recherchant auprès de mécènes le financement nécessaire.

Espérons que ce beau projet pourra voir rapidement le jour et apporter à la cité mirapicienne le lustre d’un passé retrouvé.

Association «De soie, d’or et d’argent»
Mairie de Mirepoix
Place du Maréchal Leclerc
09500 Mirepoix
Contact et renseignements: Bruno Lavielle Club Ariège Investissements tél : 01 42 86 51 71

Crédit photos: Alain Rousseau, Tous droits réservés

  publié le 06/03/2006 par Laurence Cabrol
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