Ouverture de la chasse: les chasseurs protègent aussi les milieux naturels
15/09/2009 | 21:06
Alors que l’heure de l’ouverture de la chasse a sonné et que les 7500 chasseurs du département de l’Ariège ont retrouvé les chemins des sous-bois ou des champs pour débusquer lièvres, sangliers, faisans et autres perdreaux, loin des exploits cynégétiques, Jean-Louis Bousquet de l’ACCA de Mazères, Jean-Luc Fernandez, président de la fédération des chasseurs de l’Ariège et Pascal Fosty, technicien à la Fédération inspectent une jachère faune sauvage.

Ce terrain appartient à un agriculteur de la commune de Mazères (où 8 hectares sont actuellement plantés en jachère faune sauvage), il a délibérément choisi cette alternative favorisant l’agriculture durable et la biodiversité.

La jachère est un principe agronomique très ancien repris depuis 1992 avec la mise en place du gel obligatoire des terres dans le cadre de la Politique Agricole Commune pour limiter la surproduction de céréales et lutter contre les excédents agricoles (les agriculteurs qui choisissaient de geler leurs terres recevaient une aide de 74€/ha).

Cependant elle est encadrée par des arrêtés préfectoraux qui interdisent la prolifération des plantes nuisibles.

Depuis 2008, la commissaire Mariann Fischer Boel a entériné la suppression de la jachère obligatoire (et des aides qui y sont rattachées). Cette mesure ne sera effective qu’en 2010.

En attendant les agriculteurs peuvent continuer à utiliser leur jachère dans un but environnemental, en contractualisant avec par exemples les chasseurs, apiculteurs ou communes, l'implantation de jachère faune sauvage, pollinique ou floristique.

Ainsi depuis 1994 la fédération des chasseurs de l’Ariège travaille en relation avec la chambre d’agriculture sur les jachères et propose depuis plusieurs années une alternative aux agriculteurs qui souhaiteraient bénéficier de mesures agro-environnementales en jouant la carte de la biodiversité.

Dans tous les cas de figure l’agriculteur doit suivre un cahier des charges dans lequel il s’engage à n’utiliser aucun fertilisant, aucun produit phytosanitaire, respecter les périodes durant lesquelles le broyage, l’entretien et la destruction mécanique du couvert sont interdits.

La jachère faune sauvage, constituée de petites céréales rustiques (millet jaune ou roux, blé noir, moha de Hongrie) auxquelles on rajoute des fleurs, offre à tous les insectes pollinisateurs, insectes auxiliaires et petite faune, un site de reproduction, une alimentation, un couvert protecteur.

«C’est un bel exemple de coopération entre agriculteurs et chasseurs […] l’image du chasseur qui prélevait sans compter n’existe plus, il est à présent gestionnaire des espèces avec des plans de chasse rigoureux et des politiques de suivi précises, explique Jean-Luc Fernandez, président de la fédération des chasseurs de l’Ariège.

«Ici, en basse-Ariège, le petit gibier a du mal à trouver du couvert, mais avec la mise en place de ces contrats adaptés favorisant les jachères faune sauvage et les plantations de haies, nous favorisons le développement des espèces», ajoute Jean-Louis Bousquet, président de l’ACCA locale.

Une nouvelle opportunité pour observer les oiseaux nicheurs, une des passions de Pascal Fosty, technicien de la fédération: «sur 1,8 ha j’ai pu inventorier 250 bruants des roseaux, un petit oiseau sédentaire venant de Russie, des perdrix rouges, des cailles des blés, sans compter les faisans […] et même un élanion blanc […]

La jachère faune sauvage est aujourd’hui une pratique agricole indispensable pour maintenir la biodiversité
»

Outre la gestion des plans cynégétiques, la Fédération insiste sur le rôle des chasseurs dans la protection de la faune sauvage.

«Les chasseurs jouent un rôle essentiel dans la préservation des espaces naturels, assure Jean-Luc Fernandez. Les prélèvements que nous réalisons sont non seulement nécessaires pour lutter contre les dégâts et la prolifération de certaines espèces, mais aussi indispensables pour favoriser la biodiversité»

Un sondage a démontré qu’un Français sur deux a une image positive des chasseurs… la politique environnementale, la gestion cynégétique et de protection des espèces menacées contribuent à ne pas en douter à cette nouvelle image du chasseur.

Fédération Départementale des Chasseurs de l’Ariège: 05 61 65 04 02

Photos et vidéo: ©AriegeNews TV 2009
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 15/09/2009 | 21:06 | Lu: 9985 fois