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Agriculture & Environnement |
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Foire de Sentein: tout le Biros sur un plateau
Le Biros c’est un petit pays très verdoyant situé dans les Pyrénées, faisant partie du Couserans, à l’extrême Ouest de l’Ariège, jouxtant la frontière espagnole et le Val d’Aran.
L’organisation spatiale de cette vallée fait de Sentein le point de passage obligé de tous les produits tirés autrefois des mines (minerai de plomb, de zinc exploité à 2000m) ou issus du pastoralisme.
Depuis des temps immémoriaux, il y avait une foire à Sentein, rouage essentiel de l’économie locale, qui ponctuait comme dans bien des vallées ariégeoises la montée ou la descente des estives et qui attirait des visiteurs venus de part et d’autre des Pyrénées.
La tradition, victime de l’exode rural et du vieillissement des populations, s’est perdue au fil du temps.
Cependant depuis quelques années, on assiste en Couserans comme dans bien d’autres vallées à un renversement des tendances impulsé par quelques bénévoles du cru bien déterminés à valoriser le territoire et les métiers liés au pastoralisme.
Les collectivités territoriales ainsi que la fédération pastorale d’Ariège, ont relayé ces initiatives et des itinéraires de transhumance à pieds ont pu être réouverts pour l’acheminement des troupeaux vers les pâturages de montagne et tous les amoureux de nature et d’authenticité peuvent accompagner les troupeaux dans le cadre des grandes fêtes du pastoralisme organisées par la dynamique association «Transhumances en Couserans» dans les vallées de Massat, Biros, Bethmale ou Haut-Salat.
Mercredi dernier avait lieu la foire de Sentein, la foire «de la descente de la montagne», où de nombreux éleveurs sont venus faire des affaires: chevaux, mulets, vaches et moutons… les échanges allaient bon train.
Nous nous sommes attardés sur les races locales. Tout d’abord le cheval de Castillon ou Castillonnais, appelé également cheval du Biros. Très fortement menacé par la dépopulation de son berceau d’origine et par la perte de débouchés traditionnels (armée, transport, agriculture), la race ne compte actuellement que 200 animaux recensés.
Outre la curieuse marque sur la cuisse gauche de ce petit cheval symbolisant le sabot pointu de Bethmale, on reconnaît le Castillonnais par sa taille: hauteur au garrot de 1,35 jusqu’à 1,55m et sa couleur noir pangaré, ou bai foncé, avec comme particularité, des marques de feu aux flancs.
Tout comme son cousin le Mérens est un cheval rustique et polyvalent (randonnée, travail de la terre, portage en montagne, débardage, fenaison…).
Préservé également de justesse par le conservatoire ovin des espèces Midi-Pyrénées et l’INRA, le mouton Castillonnais. Un travail sur la génétique a été réalisé pour maintenir toutes les potentialités de cette race de taille plus réduite que la Tarasconnaise mais à forte potentialité laitière. C’est une bête qui s’adapte aux parcours difficiles et comme nous l’a précisé Daniel Chertier «les agneaux sont finis à la réglisse, une plante que l’on trouve sur les estives de la montagne du Retz»
Une estive revalorisée par une poignée d’éleveurs et que nous aurons certainement l’occasion de voir au printemps. Au détour d’une allée de la foire de Sentein, Robert Zonch, président de la communauté de communes du Castillonnais, Mr le sous-préfet de Saint-Girons ou Philippe Lacube invité par ses amis Biroussans.
Mais également une note féminine dans cet univers d’hommes avec Karine Baconnais, une jeune bergère d’à peine 25 ans venue vendre quelques bêtes sur la foire.
On la reconnaît de loin, d’une part les femmes sont rares dans la profession mais en plus de cela elle est jolie, ce qui soit dit en passant ne gâte rien: 1m90, de longs cheveux blonds et c’est avec un large sourire qu’elle nous parle de ses 2000 bêtes restées sur l’estive et de son travail: « Je suis originaire de Loire Atlantique, un pays sans moutons et rien ne me prédestinait à cela puisque j’avais un BTS de commerce et j’ai travaillé plutôt dans le tertiaire/…/ c’est dur mais j’aime ce métier et je n’en changerai pour rien au monde »… aux dernières nouvelles, notre jolie bergère aurait déjà rencontré un prince charmant.
Pour les amateurs de foire, encore deux dates avant les premières chutes de neige, mercredi 18 octobre Foire de la Saint-Luc à Seix et le 29 octobre la grande foire d’automne à Ercé… ensuite on peut hiberner jusqu’au printemps prochain.
Photos et vidéo: ©AriegeNews 2006 |
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 06/10/2006 |
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