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Jumelage réussi entre Tarascon et Canillo, Sabart et Meritxell
17/10/2006 | 20:21
 Tarascon/Ariège, au carrefour des vallées, a montré depuis toujours son attachement à accueillir des hommes et des femmes venus de toute l’Europe et à partir des années 70 du Nord de l’Afrique. Tarascon, ville d’intégration et de métissage réussi, ville multiculturelle, républicaine et tolérante est aussi une cité attractive et dynamique grâce à ses nombreuses associations qui s’impliquent toute l’année mais surtout tous les étés dans l’organisation de festivals colorés.

Tarascon est jumelée avec Berga (Espagne-Province de Catalogne) et Montçao (Portugual).
Des contacts sont très avancés avec Morzano al Tagliamento (Italie) et depuis dimanche, la venue des autorités andorranes et la grande fête qui a suivi a permis de sceller un jumelage culturel avec ses voisins Andorrans.

Tarascon est également attachée à son patrimoine et ses traditions. Ainsi, Notre Dame de Sabart (Notre-Dame de la Victoire) aurait été érigée en l’an 778, en remerciement de la victoire de Charlemagne sur les Sarrasins.
La chapelle a beaucoup souffert au XVIème siècle, avec la guerre de religion si bien qu’elle a été reconstruite au XVIIème siècle, prolongée d’un hospice puis d’un couvent.

Après la Révolution, l’église en ruine sera restaurée au XIXème siècle, durant lequel six miracles sont relevés : la façade a été entièrement refaite en 1865 et deux vitraux très anciens, probablement d’époque romane, ont pu être conservés et restaurés.

Cette chapelle dédiée à la Vierge, l’une des plus vénérées du Diocèse, fut classée monument historique, le 5 juin 1846.
Suite aux guérisons miraculeuses spectaculaires enregistrées pendant les épidémies de peste et de Choléra, de nombreux pèlerins venaient à pieds faire leurs dévotions à Notre Dame de Sabart.

Le destin de Tarascon est ainsi proche de celui de Canillo, à quelques centaines de kilomètres en Principauté d’Andorre, où le sanctuaire de Merixell  est l’un des endroits les plus fréquentés du pays.

Deux territoires si proches par la géographie, la culture, l’histoire… et la dévotion.

Après avoir célébré à Canillo le 14 mai dernier le jumelage culturel avec Tarascon et l’accueil de la Vierge de Sabart au sanctuaire de Merixell, dimanche 15 octobre, le sanctuaire de Sabart accueillait en retour l’image de la vierge de Meritxell et plus d’un millier de pèlerins venus assister à la grand messe célébrée par monseigneur Marcel Perrier et monseigneur le co-prince d’Andorre, Joan Enric Vives i Sicilia.

En effet la Principauté a cette particularité depuis la signature d’un paréage en 1278 d’avoir gouvernement bicéphale: un co-prince français laïque en la personne du président de la république Jacques Chirac et un co-prince ecclésiastique, l’évêque du diocèse de La Seu d’Urgell.

Aujourd’hui l’Andorre est une démocratie parlementaire mais la constitution andorrane consacre l’institution séculaire du coprincipat par le maintien de certaines règles traditionnelles tout en procédant à une adaptation "sui generis" au régime parlementaire.

Après une cérémonie républicaine dimanche matin à la mairie de Tarascon où Alain Sutra et son conseil municipal ont accueilli le préfet Yves Guillot, les autorités, le co-prince et les représentants du gouvernement Andorran, l’après-midi était dévolu au culte avec une messe célébrée dans l’église Notre Dame de Sabart et retransmise sur écran géant à l’extérieur pour les centaines de pèlerins qui n’avaient pu rentrer dans l’église.

A la sortie de la messe des rencontres culturelles ont eu lieu sur le parvis de l’église où se produisaient également des groupes folkloriques.
Une grande manifestation religieuse mais également culturelle avec une réelle volonté de partage et d’échange entre les deux communautés, un jumelage réussi sur toute la ligne puisque le soleil était au rendez-vous.

Photos: ©AriegeNews 2006
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auteur: Laurence Cabrol | publié le: 17/10/2006 | Lu: 15260 fois