Médecine en Ariège: La pénurie des praticiens est imminente
19/12/2006 | 09:15
 «C’est une véritable catastrophe qui s‘annonce»
Les prévisions communiquées par l’ordre des médecins du département sont alarmantes. Le nombre de médecins libéraux va passer de 157 à seulement une centaine en 2010.

En quatre ans, un tiers des praticiens ariégeois va partir en retraite. Une situation des plus critiques qui aura des répercutions sur les nombreuses demandes de consultations et à terme sur le maintien des populations en zones rurales.

Le docteur André Malagoli, président de l’Ordre des médecins de l’Ariège partage cet avis.

«Nous vivons actuellement un paradoxe. La population augmente et le nombre de médecins libéraux est en constante diminution. Depuis l’an 2000,  nous avons perdu un peu plus de 10% des professionnels.

Aujourd’hui, nous arrivons dans des situations où des zones entières ne seront plus couverte par les soins… La moyenne d’âge des médecins libéraux est de 51 ans en Ariège.
Les plus de 55 ans représentent 40% des professionnels installés
»

La problématique n’a pas changé en zone rurale.

Seule une prise de conscience des pouvoirs publics ainsi qu’une refonte des conditions de travail permettraient de sortir de cette impasse:
«Les jeunes médecins qui sortent de l’école ne veulent plus s’installer dans les campagnes.
Ils choisissent les villes ou le milieu hospitalier.
La mise en place de maisons de soins représenterait une première solution et ce n’est pas une question de finances.

 Ce désintérêt s’explique par le fait que la médecine de proximité demande notamment une présence constante. D’autre part les praticiens exerçant en zone rurale sont exposés à un nombre croissant de responsabilités que les jeunes médecins renoncent souvent à affronter.
D’où l’idée de regroupement de plusieurs médecins qui permettrait de susciter des vocations dans le monde rural
»

La région Midi-Pyrénées partage la même analyse. Elle envisage l’aide à l’implantation de maisons de soins.
Un projet existe actuellement dans le Vicdessos.

A l’image de Mercus, certaines municipalités prennent les choses en main et tentent d’aider des médecins étrangers à reprendre certains cabinets.

Photos: ©AriegeNews 2006
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publié le: 19/12/2006 | Lu: 12885 fois