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    Histoire & Patrimoine    
publié le 12/07/2006 imprimer envoyer � un ami commentaires(0)
Montréal de Sos: quand patrimoine rime avec développement durable

C’est avec un pincement au cœur qu’Alexandra, Geoffroy et tous leurs petits camarades ont rangé leurs truelles, pinceaux, pelles et seaux jusqu’à l’année prochaine.

Les fouilles archéologiques sur le site de Montréal de Sos viennent de s’achever mais tout reste encore à faire à Florence Guillot la responsable du chantier: nettoyage, inventaire, étude du matériel … enfin réalisation du fameux rapport des fouilles 2006 qui permet de jalonner l’état de la recherche.

Mais Flo comme on l’appelle au Pays, un petit bout de femme à couettes, historienne et membre associée au CNRS (s’il vous plaît!) est en perpétuelle ébullition.

Après les fouilles, elle enchaîne sur un cycle de conférences qui vont inaugurer la Maison du Patrimoine à Auzat puis ce sont les travaux qu’elle dirige au sein d’un programme mis en place au niveau du département  sur le thème des châteaux des Pyrénées centrales (exactement: «Naissance, évolution et fonction des fortifications médiévales dans les comtés de Foix, du Couserans et du Comminges») associant plusieurs chercheurs sur cette problématique.

L’entretien et la valorisation du site de Montréal sont le fruit d’une volonté politique de la mairie d’Auzat.
En effet depuis le départ de Péchiney il faut changer  les mentalités en douceur et créer sur le territoire une nouvelle identité.
Pourquoi ne pas utiliser pour cela le levier de la culture?

La maison du Patrimoine et du Pastoralisme qui s’ouvrira prochainement au public permettra de fédérer les actions et de donner du sens à l’identité culturelle de ce territoire encore meurtri par la fermeture des industries locales.

Florence a bien compris les enjeux liés à la renaissance de la forteresse de Montréal, ainsi depuis 2001 ce sont les habitants de la vallée qui s’approprient les lieux: visites guidées, conférences, animations, le chantier est également ouvert aux «autochtones» qui se mélangent aux étudiants français et étrangers ou à la société de réinsertion «Aquariège» pour le gros œuvre…
Car c’est ainsi que se créent des liens, des passerelles entre les générations ou les cultures et que l’on s’enrichit mutuellement.

Montréal de Sos c’est avant tout un éperon rocheux au pied du petit village de Goulier dans la vallée de Vicdessos.
Aujourd’hui une quinzaine d’habitants à l’année, il y a quelques temps seulement une vieille dame âgée… sans compter les résidents pendant la période estivale qui font certainement doubler la population.

De par la topographie des lieux, il est difficile de réaliser des fouilles, retirer des mètres cubes de terre, cailloux, souches … sans se laisser envahir.
Aussi les organisateurs ont eu l’idée de faire travailler des mulets, bien adaptés aux difficultés du terrain pour descendre au pied du site tous ces «encombrants».

Au total, 15 à 20 rotations par jours soit 6 à 9 tonnes de matériel évacués sur les 30 jours de fouilles par les soins de M. Siguier muletier l’été et bûcheron l’hiver.
Le site couvre près de 10 000 mètres carrés et on y a relevé  plusieurs occupations antérieures: matériel antique (céramiques du haut empire qui par leur finesse peuvent laisser supposer qu’il s’agit plutôt d’un lieu de culte que d’habitation), sépulture de l’âge du bronze (1000 av J-C) puis occupation par des bergers qui développent pastoralisme et agriculture.

Bien qu’aucun vestige bâti n’ait été mis au jour sur ces chronologies on peut imaginer que ce site ait pu servir d’oppidum aux populations réparties autour du Vicus-de-Sos.

Enfin, occupation médiévale  (de la fin du XIIIe au début du XVe) : c’est une fortification du comte de Foix, dominant la haute vallée, les vestiges actuellement visibles datent de cette époque. Ils sont constitués d’un château proprement dit (donjon, enceintes, bâtiments annexes) et d’une habitation sous-jacente.

Ancienne caserne des comtes de Foix, sentinelle imprenable au-dessus de la vallée, face aux incursions aragonaises, il est fait mention du château en 1213 mais on sait cependant que dès 1160, le comte de Foix a la main mise sur la vallée.

Puis on assiste fin XIVe-début XVe siècles (1400-1410) à son démantèlement volontaire: le pouvoir politique ne peut plus entretenir de garnisons (manque de moyens, pouvoir du comte de Foix moins affirmé après Fébus, c’est de cette époque que date la tour ronde de Foix) et de peur qu’il ne passe à l’ennemi on préfère le détruire.

Le village d’Olbier, habitat associé est né à ce moment là au pied du promontoire calcaire.
La nature a repris peu à peu sa place, recouvrant et protégeant les vestiges de la citadelle pendant de longs siècles, la mettant ainsi à l’abri des curieux et des fouilles clandestines (bien que l’on ait découvert des sondages indélicats datant des années 50).

En 2001 les premiers sondages sont réalisés sur la tour du Campanal et le premier niveau apparaît sous plus 2,5mètres de blocs (les murs arasés les plus anciens datent du XIVe siècle)

Un mur de 1,50m de long est mis au jour, on commence a se rendre compte de l’importance stratégique du site: murs du donjon de 1,40m de large, linteau de porte de 1,20m,  tour qui par déduction devait s’élever entre 15 et 25m, les restes de deux tours plus modestes en contrebas couvraient à peu près chacune près de 25m2 au sol avec des murs aussi épais et aussi soignés que ceux de l’enceinte.

La tour du Campanal tournée vers le chemin de Goulier et la haute montagne et la tour du Barri dominant Auzat.
Le rez-de-chaussée de celle-ci servait de citerne : on le devine encore grâce aux couches de mortier rosé visibles dans les coins internes du sol. Ce mortier de tuileau est constitué de chaux mêlée à la brique pilée garantissant l’étanchéité de la citerne.
Le toponyme de «Barri» vient du latin médiéval «rempart», elles étaient donc inscrites dans les fortifications.

La tour centrale a été élevée sur une motte, fait assez peu banal en haute-Ariège: le château est alors de par son architecture le reflet du pouvoir et un outil de domination.

Un mur de refend datant des années 1250-1270 a été également dégagé mais au fil des campagnes de fouilles on s’aperçoit qu’il y a eu de nombreuses modifications.
Cette année il était important de mettre au jour la motte initiale et la cour  pour faire un grand plat et en étudier tous les niveaux: décaissage de la pièce en éperon sur la roche géologique qui a été taillée puis piquetée pour mettre un remblais et construire un mur on y a trouvé des foyers et des trous de poteaux, des matériaux provenant de dépotoirs (os, dents, clous,…).

Les recherches ont permis de déblayer le donjon massif et les bâtiments qui lui sont accolés.
Les murs sont arasés à 3 mètres du sol car le château a été détruit volontairement lorsque l’on a décidé de le désarmer  au début du XVe siècle. Ils sont ensuite étudiés puis restaurés avec les techniques de la construction d’origine (mortier de chaux) ce qui permet surtout de stabiliser la construction.

Montréal de Sos avait pour fonction le contrôle de la haute vallée du Vicdessos et s’insérait dans un groupe de fortification défensif particulièrement imposant, au même titre que Foix, Lordat, Montgrenier ou Calamès au dessus de Bédeilhac.
En contre-bas, la présence d’habitations villageoises au pied du bâtiment seigneurial, sur le calcaire préalablement arasé, est attestée par plusieurs trous de poteaux témoignant de la construction de structures.

Notons enfin la présence de grottes, certaines traversant de part en part le promontoire, d’autres creusées par la fonte des glaciers sont peintes, qui donnent un attrait supplémentaire à ce site déjà exceptionnel.

Le programme des fouilles archéologiques réalisé avec l’aide de la Mairie d’Auzat, l’Europe, le Conseil Régional, le Conseil Général et l’Etat est triennal… de quoi mettre du baume au cœur à tous les fouilleurs qui se retrouveront certainement avec le même plaisir l’été prochain.

Renseignements: Office du Tourisme du Pays d’Auzat et de Vicdessos
Tél : 05 61 64 87  53
http://www.pays-du-montcalm.com/

Cliquez ici pour télécharger le programme 2006 de la Maison du Patrimoine d'Auzat

Photos: ©AriegeNews 2006
Vue d'hélicoptère: ©Mairie Auzat

  publié le 12/07/2006 par Laurence Cabrol
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