Le cloître de Saint-Lizier : un chef-d'oeuvre de l'art roman
01/07/2006 | 16:43

 Nous n’évoquerons pas ici l’histoire de cette cité, l’un des premiers évêchés ariégeois, ni celle de son église paroissiale (ancienne cathédrale) construite au XIe siècle avec de nombreux remplois gallo-romain, parmi lesquels deux élégantes frises de rinceaux,  remarquable pour son ensemble de fresques constituant «les premières grandes peintures  romanes à nous être parvenues pour la région pyrénéenne».

Nous aurons l’occasion de parler plus tard des fastes du Palais des Evêques ou de Notre-Dame de la Sède…
Si cette petite ville du Couserans est classée au Patrimoine Mondial de l’Unesco dans le cadre des chemins de Saint-Jacques de Compostelle, ce n’est pas un hasard: cette bourgade d’un millier d’habitants est accrochée sur une arête rocheuse, dominant le Salat, un affluent de la Garonne. Véritable belvédère situé plein sud face à la chaîne des Pyrénées qui se déroule jusqu’au mont Valier, tranchant la ligne de crête avec son sommet à 2 880m, le site favorisa très tôt l’établissement de populations.

Nous nous contenterons aujourd’hui de suggérer  brièvement la quiétude de son cloître roman et la beauté des chapiteaux qui le composent dont certains ne sont pas sans nous rappeler le style de l’atelier toulousain de la Daurade.

On  accède au cloître par une porte dans le mur sud de l’église: on passe alors de l’obscurité à la lumière car à n’importe quel moment de la journée, ce lieu unique est baigné de clarté.

De dimension modeste puisqu’il ne mesure que 15m sur 10 environ, il était à l’origine plus grand mais lors de l’élargissement du transept de l’église fin XIIIe, la galerie nord a été amputé de deux arcs.

Il est formé de deux étages de galeries à arcades, seule la basse est d’époque romane. La galerie supérieure  est couverte d’un toit à une seule pente, sous les enduits des murs ont été mis au jour des peintures probablement datées du XIVe siècle et divers graffiti postérieurs.

 Sur les 38 chapiteaux que comprend le cloître, 18 sont d’une facture bien supérieure aux autres, tant par la nature de leurs matériaux (du marbre plutôt que du calcaire) et la facture de leurs décors:
il s’agit d’un style hétérogène pouvant être rapproché des chapiteaux du cloître de la Daurade conservés au musée des Augustins de Toulouse. Réalisés entre 1130 et 1180, ces chapiteaux à colonnes simples ou doubles s’organisent autour de motifs végétaux, vanneries, feuilles d’acanthes ou de programmes historiés comme Daniel dans la fosse aux lions, des montreurs d’ours, des animaux fantastiques ou des personnages enchevêtrés dans des rinceaux.

Le cloître a également servi de lieu de sépulture: tombeau  d’Auger de Montfaucon ou gisant d’Hector d’Ossun. Sur le mur sud, un christ du XVIe siècle et une vierge en prière au-dessus d’un bas-relief représentant 6 chanoines revêtus de l’habit de cérémonie.

Ce havre de quiétude et de sérénité mérite véritablement une visite…  pourquoi ne pas profiter du Festival de Saint-Lizier qui a lieu du 27 juillet au 10 août  pour venir découvrir l’art roman et la musique classique.

Festival-de-saint-lizier@worldonline.fr
Office du tourisme de Saint-Lizier: 05 61 96 77 77

actualites Ariege
auteur: Laurence Cabrol | publié le: 01/07/2006 | 16:43 | Lu: 21388 fois